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vendredi 13 décembre 2024

Des jeunes parrain et marraine

Comme dans toute paroisse du Royaume de France, le prêtre de Barisis a fait une bénédiction solennelle des fonts baptismaux le samedi saint de Pâques et la veille de la Pentecôte en cette année 1706. De même il a béni une grande quantité d’eau eu égard au nombre de ses ouailles, et s'assure de détenir en quantité suffisante les saintes huiles bénites et consacrées par l’évêque le jeudi saint.

© Inventaire Patrimoine Ile de France Ecouen - Louis Ville 

Ce 13 juin 1706, le prêtre a été prévenu d’une naissance intervenue récemment chez Jean Pasques, dont l’épouse Marie Magdeleine Rossignol a été délivrée d’un garçon le cinquième enfant du couple. Au plus tôt, l’enfançon doit être accueilli dans le monde chrétien en recevant le sacrement du baptême.

Le père débarque dans la petite église, son fils, soigneusement emmailloté, est tenu par une femme d’expérience, un homme la bonne trentaine les accompagne.

Le sacristain (ou le clerc laïc peut-être) a préparé le vase des saintes huiles, un vase plus petit pour prendre l’eau baptismale dans les fonts, un bassin pour recevoir l’eau qui tombe de la tête du baptisé, un petit vêtement blanc pour être mis sur la tête de l’enfant, de l’étoupe pour essuyer les endroits où on fait les onctions.

Rédigé à l’issue de la cérémonie du 13 juin 1706, l’acte de baptême d’Alexandre Pasques stipule que le parrain est Jean Rossignol au nom d’Alexandre Rossignol, et la marraine est Marie Pierpont au nom de Marie-Catherine Rossignol.

AD 02 Barisis BMS 1721-1750 extrait

Pourquoi cette représentation et qui sont les parrain et marraine choisis par les parents :

     - Alexandre Rossignol le parrain est âgé de 4 ans, son père Jean est le cousin germain du baptisé, tous deux issus de la branche aînée de la famille.

     - Marie-Catherine Rossignol la marraine, âgée de 3 ans, est une cousine germaine du baptisé, elle et sa mère, Marie Pierpont sont mes ancêtres.

A priori ce choix s’inscrit dans l’esprit de renforcer les liens familiaux, mais cette désignation de si jeunes enfants m’interpelle.

En effet, le Rituel du Diocèse d’Amiens édité en 1784, qui cite le Concile de Trente stipule : « Comme le parrain et la marraine sont obligés de répondre pour le baptisé, et de l’instruire à défaut de ses parents, ils doivent avoir un âge suffisant, être de bonnes mœurs, savoir la doctrine chrétienne. Il serait à désirer qu’ils eussent été confirmés et il faut qu’au moins, le parrain ou la marraine ait fait sa première communion. »

Plus tardif en 1849 le manuel de théologie morale à l’usage des curés mentionne l’âge de raison soit 7 ans.  

Toujours est-il, le baptisé a pu être épaulé sur le plan spirituel par les parents des jeunes parrain et marraine. Alexandre Rossignol adulte a été témoin en tant que parrain au mariage d'Alexandre Pasques en 1732.

J'ai croisé trois ou quatre cas similaires de très jeunes parrain et marraine dans ce village.  



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Alexandre Pasques dans la mariée oubliée
Marie Pierpont dans si peu remariée 



vendredi 6 décembre 2024

La mariée oubliée

La famille de Jean Rossignol et Marie Blanchard, ancêtres picards tout en haut d’une branche, m’a fait errer dans les registres de Barisis aux Bois, village aujourd’hui dans l’Aisne : versions années 1677-1720 et années 1721-1750.

Une fille de ce couple : Marie Magdeleine Rossignol unie à Jean Pasques a donné naissance à un fils Alexandre en 1706.

Voilà que ce gaillard d’Alexandre Pasques convole en l’an de grâce 1732 avec ?

AD 02 Barisis BMS 1721-1750 extrait 

Là, le bât blesse parce que le prêtre sur sa copie du registre a été distrait, même en lisant l’acte de mariage à haute voix, et en le transcrivant cela donne :

« le 26 mai 1732 ont été solennellement mariés par moi curé soussigné Alexandre Pasques fils des défunts Jean Pasques et Marie Magdeleine Rossignol,

et ?

après les avoir fiancés, les bans publiés par trois dimanches, à la messe de la paroisse, sans qu’il s’y soit trouvé aucun empêchement,

en présence d’Alexandre Rossignol parrain, Jean Louis et Raphaël Pasques frères de l’époux, François Grandvalet père, Albert, Nicolas Grandvalet frères de l’épouse qui ont signé avec l’époux non l’épouse aux minutes. »

Qui est cette mariée oubliée, au patronyme connu, avec un père en vie et deux frères ?

Un petit tour sur les indices de Geneanet et une flânerie dans les registres s’imposent donc pour repérer la famille de la mariée, et les enfants du nouveau couple.

Côté famille répondent présents François Grandvalet meunier uni avec Marie Mennessier, heureux parents de deux fils Albert et Nicolas et d'une fille prénommée Marie-Catherine : est-elle la mariée oubliée.

Côté descendance, en février 1733 naît Alexandre fils d’Alexandre Pasques et de Marie-Catherine Grandvalet, voilà le prénom de la promise et de la jeune mère, suit en 1735 une petiote baptisée Marie-Catherine comme celle qui lui a donné la vie.

Extrait d'arbre fait avec Généatique 


Hélas l’an 1737 voit disparaître à 29 ans à peine le père de famille, et son fils le suit de peu dans l’au-delà.

Veuve le 13 mars 1737 d’Alexandre Pasques, Marie-Catherine Grandvalet se remarie moins de 3 mois après : le 4 juin avec Jean Louis Liénard laboureur fils de mon ancêtre Louis Liénard salpêtrier.

Curieux ce remariage si rapide pour une femme, dont l'enfant de ce second lit pointe son nez 17 mois plus tard. Gardons en mémoire que le délai de viduité n'existe pas sous l'Ancien Régime ni pour les femmes ni pour les hommes. 

Une mariée retrouvée, des branches qui s'entrecroisent dans mes recherches généalogiques sur la paroisse de Barisis aux Bois. 



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samedi 21 septembre 2024

Le marié venu d'ailleurs

De la lecture d’un acte, avec un esprit qui s’évade, surgissent des silhouettes sépia, aux contours flous, aux visages à contre-jour, parviennent des bruits assourdis : et un rendez-vous ancestral s’enclenche.

Là dans un coin de l’Aisne actuelle, ils se sont croisés, recroisés, souri, parlé, accordés surtout avec sa famille pour elle, occupés des papiers surtout pour lui.

En cette année 1773, la promise de 24 printemps se nomme Marie-Louise Jonquoy, avant-dernière fille d’Angélique Fossier mon aïeule veuve de Pierre Jonquoy chanvrier, l’élu venu d’ailleurs s’appelle Christophe Fauguel et affiche 41 années déjà.

Ce petit monde habite la paroisse de Barisis aux Bois, paroisse qui dépend d’un monastère fort ancien avec à sa tête un prévôt et deux ou trois autres religieux dont un faisant office de curé.

AD 02 Barisis extrait acte de mariage

Selon les règles, annonce est faite par le prêtre des fiançailles de Marie Louise et Christophe les 16, 20 et 23 mai au prône de la messe paroissiale,

On a jasé au village sur la différence d’âge des promis : dix-sept ans tout de même. On a causé sur ce marié garde des bois, chargé de veiller sur les forêts de la Prévôté et de prévenir les délits, venu d’ailleurs qui plus est, étranger au pays quoi.  Il ne faut pas compter sur sa mansuétude en cas de rapine dans les taillis…

On ne sait pas trop où se situe le village dudit Fauguel : Bonfol dans le diocèse de Besançon parait-il, dépendant des terres de Ponrrantruy, enfin c’est ce qu’a énoncé le prêtre.

Tout comme les paroissiens, j’ai tenté de combler mes lacunes sur Bonfol : jusqu'en 1782, Bonfol relevait au niveau spirituel du diocèse de Besançon avant de rejoindre l'autorité du prince évêque de Bâle dont il dépendait déjà sur le plan temporel. Après les vicissitudes révolutionnaire et napoléonienne Bonfol et Ponrrentruy deviennent suisses avec le fameux congrès de Vienne en 1815. Pour faire court mon lointain grand-oncle est originaire du Jura.

Carte axée sur Barisis et Bonfol -ViaMichelin

Bon après cette petite digression, et en l’absence d’opposition à l’union, le mardi 25 mai 1773 branle-bas dans la maison d’Angélique Fossier mon aïeule. Marie-Jeanne Jonquoy Sosa 97 la fille aînée, aide sa jeune sœur Marie-Louise à s’apprêter, échange de confidences et de conseils qui sait.

Deux hommes attendent sur le pas de la porte : Simon Grandin le parrain de l’épousée est tisserand et Antoine Mercier le beau-frère, garde-vente, qui assure la garde et l’exploitation des coupes de bois pour un tiers, tous deux témoins.

En route pour la petite église où patientent Christophe Fauguel, fils de feu Jacques et défunte Marie Anne Gabroy, en compagnie de ses deux témoins Jacques Dromat sergent de la justice de Barisis son ami et Jean-Baptiste Gabroy son cousin germain garde de la paroisse de Selens, à plus de 3 heures de marche.

Des images lointaines me parviennent, des pas résonnent sur le sol de la travée au passage d’Angélique et son parrain qui la conduit à l’autel, sons confus de la cérémonie et des engagements, mots échangés lors des signatures de l’acte de mariage rédigé avec soin par Dom Jonat Farineau, seuls les hommes signent mais pas Marie Louise la mariée, même pas une croix apposée.

***

Une nouvelle page démarre pour ce couple de collatéraux, les baptêmes de trois petits : Nicolas Thomas Christophe en 1775 parti trop vite au ciel, puis un gars plus costaud Jean-Baptiste en 1778 et Marie-Louise Eléonore bonne pousse. 

La grande faucheuse, hélas, emporte le père trop tôt en 1788 à 57 ans. Veillent sur les deux enfants leur mère Marie-Louise Jonquoy  et leurs oncles qui assistent à leur mariage. 

AD 02 Barisis BMS extrait  

Christophe Fauguel tout comme ses beaux-frères Jean François Duparque et Antoine Mercier mon ancêtre Sosa 96 sont présents lors de l'inhumation d'Angélique Fossier la grand-mère, un trio souvent croisé lors de mes premières recherches et de mes interrogations sur les liens familiaux. 

Des actes et des êtres du passé ramenés à la lumière en quelque sorte. 



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Sources
AD 02 Barisis BMS
Wikipedia


samedi 20 juillet 2024

Joies et peines d'Angélique Fossier

Ma mie Angélique Fossier, lointaine arrière-grand-mère, à trop fréquenter le registre paroissial de Barisis les Bois en Picardie, je m’interroge sur tes sentiments éprouvés jadis, au cours de ta vie et de ton chemin partagé avec Pierre Jonquoy.

Venue au monde le 22 décembre 1712 un froid jour d’hiver, tu es aussitôt baptisée pour rejoindre la communauté des chrétiens. Fille unique de François Fossier et Jeanne Berton, remariés l’année précédente, tu grandis dans une famille recomposée avec Marie Fossier ta sœur consanguine et Marie Jeanne Guerlot ta sœur utérine et assiste gamine aux mariages de celles-ci, puis fièrement devient marraine d’une nièce à tout juste 10 ans.

Dans ta paroisse ceinte de forêts, où les bûcherons et scieurs de long côtoient les chanvriers et tisserands le métier de ton père m’a longtemps échappé. Un indice glané en 1738 sur l’acte de d’inhumation de François Fossier mon aïeul m’interpelle donc : pestre. En référence à l’ancien français pestrir et au bas-latin pistrix, c’est la personne qui pétrir et remue fortement dans tous les sens avec les mains une substance pâteuse.

Ton père est donc boulanger et œuvre dans un endroit dénommé pétril ou fournil après avoir malaxé la farine dans un meuble appelé actuellement pétrin.



Dans le même village, Pierre Jonquoy, baptisé le 11 mars 1708, se trouve être l’un des nombreux enfants de Pierre Jonquoy bûcheron et Marie Magdeleine Brebant ancêtres mis en lumière dans un ancien billet. Il va à l’école et sais donc signer comme son père et ses frères cadets Louis-Jacques et Jean.

Et parce que la destinée d’une jeune fille est de s’établir, ma petite Angélique de ton trousseau tu as extrait une belle coiffe neuve, tapoté ta meilleure jupe, noué un fichu de laine sur tes épaules et pénétré dans l’église le 8 février 1729 pour unir ta destinée à Pierre en présence de vos pères et mères. Journée d’émotion et de fête, Angélique et Pierre, vous êtes si jeunes, 16 et 20 printemps tout juste, avec un penchant l’un pour l’autre peut-être.

Pierre Jonquoy, ton homme désormais, bûcheron à un moment, est ensuite chanvrier ou marchand-chanvrier selon les actes, et avec son instruction a aussi été marguillier de la paroisse. En tant que membre du conseil de fabrique, la fonction de marguillier de Pierre, suite à son élection par l’assemblée des habitants, l’a fait intervenir dans la gestion des quêtes et offrandes, des revenus ou des legs ainsi que la location des bancs, l’entretien de l’église, des ornements liturgiques, le respect des usages comme l’ouverture de la taverne après la messe.

***

La ronde des naissances débute avec l’ainé Pierre-Louis, puis s’enchaînent pour toi ma petite Angélique six maternités rapprochées, autant de risques lors de l’enfantement, de craintes pour les nourrissons à une époque désarmée face aux maladies infantiles, autant de détresse lorsque tu recueilles leur dernier souffle.



Jean-Louis, Michel, Marie-Louise, Louis, Jean-Baptiste, des petits anges partis trop vite, enfouis dans un tiroir secret de ton cœur, lequel avait tes yeux ou ceux de son père, as-tu gardé en mémoire leur prénoms. Si peu de joies, trop de peines.

Et puis Simon qui rend son dernier soupir à 11 ans, te souviens-tu de ses mimiques, de son caractère ou des traits de son visage.

Du baume au cœur lorsque Pierre-Louis ton fils aîné chanvrier se marie en 1756 avec Marie-Jeanne Lallemand, tu es là avec ton époux. Trois fois grand-mère, survient une hécatombe dans ce foyer avec la disparition des trois petits, de leurs parents aussi. Le vide autour de toi, tout se confond dans ton esprit, dans ta mémoire, veuve qui plus est après le décès de Pierre ton époux en 1762.

Tu n’as pas retenu les dates, je ne peux les décliner dans le détail, une auto-censure inexpliquée de ma part, années sombres et noires pour ton âme et ton corps, trop d’épreuves. tu as pleuré, plié, mais pas cassé, 



Comme il y a toujours un coin de ciel bleu quelque part, lointaine aïeule Angélique il te reste tes trois filles cadettes : Marie-Jeanne Jonquoy née en 1746, Marie-Louise Jonquoy baptisée en 1749 et Angélique Jonquoy la petite retardataire née en 1757. Elles grandissent ces demoiselles et tu assistes à leur mariage, la vie continue avec un peu de joie.

Juste une confidence ta fille Marie-Jeanne est mon ancêtre, des petits-enfants vont faire à nouveau du bruit, babiller ou piquer une colère, réclamer ton attention ou le récit d'une histoire.

Je te retrouverai avec tes trois filles, tes trois gendres avec une tendresse particulière issue de mes premières découvertes dans ta paroisse, et de mes premières émotions.

Joies et peines d'Angélique une femme ordinaire, dans un village au mitan du 18ème siècle à l'écart des grandes routes, lieu peuplé de familles courageuses luttant pour leur quotidien. 


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Sources
AD 02 Barisis aux Bois BMS 
Geneanet indices arbre milou02 

mercredi 26 juin 2024

Tout en haut d'une branche

Dans une forêt d’ancêtres on risque de se perdre, s’égarer, ou s’arrêter sous un majestueux arbre tricentenaire aux multiples branches, et entendre un oiseau gringotter, un rossignol .

Jean Rossignol et Marie Blanchart ou Blanchard, ancêtres tout en haut d’une branche dans un coin du Laonnois, attendent les curieux de leurs racines.

Si j’ai fait un bout du chemin seule en feuilletant les registres paroissiaux de Barisis dans l’Aisne actuelle, j’ai aussi profité de petits cailloux semés par un passionné : tout n’est pas pourri dans le royaume du Danemark, enfin sur le site de Geneanet et les arbres mis en ligne.

Jean et Marie naissent vers 1630-1635 se marient vers 1655 et décèdent vers 1686-1689.

Sujets du Roi Louis XIII puis du Roi Louis XIV, ont-ils eu écho des troubles graves de la Fronde qui frappent le Royaume de France alors en guerre avec l’Espagne.

Jean Rossignol et Marie Blanchart apparaissent dans les registres à travers les actes concernant leurs 10 enfants arrivés à l’âge adulte : une belle famille pour cette époque où tant de petiots meurent très vite, ce qui laisse entendre une certaine aisance et robustesse.

Les 6 garçons se marient Simon, Louis, Raphaël, Charles, Alexis et Jean mon aïeul époux de Marie Pierpont, mention est portée de leur capacité à signer les actes.

Sur les 4 filles Anne, Jeanne et Marie-Magdeleine contractent une alliance,

Marie plus fragile s’éteint dans la demeure familiale âgée de 19 ans en 1685, mention est faite de son inhumation dans la chapelle Notre-Dame de l’église de Barisis. Cela m’intrigue, un indice sur l’honorabilité de ses parents a priori.

AD 02 Barisis BMS extrait 1685

Autour de Jean Rossignol, le patriarche, gravite sa sœur Catherine Rossignol alliée à Henry Carlier fils d’un laboureur du lieu.

Dans la paroisse toute proche de Folembray, Quentin Blanchart le beau-frère exerce les fonctions de garde des bois de son Altesse Royale, lui aussi est inhumé dans l’église du lieu en 1697.

AD 02 Sinceny BMS extrait 1675

A Sinceny autre paroisse voisine, Jean Rossignol a le bon goût d’être parrain d’un enfant où le prêtre mentionne qu’il est garde en la basse forêt de Coucy. Tiens donc il exerce les mêmes fonctions que son beau-frère, ce qui sera aussi le cas de Simon son fils aîné.

Petit résumé de mes réflexions sylvestres sous un grand arbre aux multiples racines, et de vérifications d’actes et de parentés citées.

Un rossignol fredonne, siffle, gringotte au choix et m'encourage à me documenter sur le métier de garde des bois et la basse forêt de Coucy.  


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Sur les désordres commis en 1650 par les troupes dans les lieux cités



Sources 
AD 02 Barisis aux Bois BMS 1677-1721
Folembray BMS & Sinceny BMS 
Geneanet arbre pseudo milou02 
Photo Pixabay


mardi 4 juin 2024

Si peu remariée

Marie Pierpont, si éloignée dans le temps, cela ne t’ennuie pas que je chuchote à ton sujet ? Tu ignores que plusieurs de tes descendants te comptent comme ancêtre, j’en fait partie. 

Dans l'Aisne actuelle, à peine âgée de quinze ans, rougissante et émue, le 22 janvier 1691, tu pénètres dans l’église paroissiale de Barisis pour unir ta destinée à Jean Rossignol, vingt ans tout juste, pas peu fier de s’établir. 

Outre votre jeunesse vous avez en commun de ne plus avoir vos parents mais une importante fratrie, cette alliance n’est pas la première entre vos deux familles. 

Toi Marie tu es fille de défunt Antoine Pierpont et de feue Catherine Leclerc et ton Jean est fils de défunt Jean Rossignol et de feue Marie Blanchard.

Tu accouches de Charles en 1696 qui ne vit qu’une semaine hélas, et d’un garçon ondoyé à la hâte par la sage-femme Marguerite Dauthuille en 1702, là encore ton époux signe l’acte d’inhumation. Heureusement votre fils Jean Antoine et votre fille Marie Catherine sont des enfants plus costauds qui égayent votre foyer en 1699 et 1703.

Tout bascule un 16 février 1705, Jean Rossignol ton époux s’éteint à trente-trois ans à peine, et te voilà veuve à la trentaine avec deux petits sur les bras. Je subodore le clan des frères Rossignol de t’avoir épaulée, et ne doute pas de ton courage.

Un grand silence de ta part dans les registres pendant 19 années et puis une surprise : j’écarquille mes yeux en découvrant un remariage tardif. Le 25 janvier 1724 tu convoles avec Jean Martin veuf de quelques mois avec 2 grands enfants.

Lui demande à son frère François Martin et à son fils Antoine de lui servir de témoins, et toi Marie tu choisis Alexis Rossignol ton beau-frère et ton fils Jean Antoine.

Et autre surprise ton nouvel époux trépasse le 12 février suivant, tout cela s’avère étrange.

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Que de supputations de ma part : un remariage par intérêt, lié aux suppliques d’un veuf qui cherche une ménagère ou une garde-malade, ou lié aux pressions d’enfants qui ne souhaitent plus t’héberger.

Mais non tu n’es pas brouillée avec les tiens puisque tu portes sur les fonts baptismaux ta petite-fille Marie-Catherine Tellier et ton petit-fils Jacques Philippe Rossignol en 1728 et 1732.

Tu as le temps de voir grandir plusieurs de tes petits-enfants, de s’occuper d’eux, tout en continuant à filer le chanvre au coin du feu, sans être flanquée d’un compagnon ronchon ou autoritaire.

AD 02 BMS Barisis extrait 1739 

Début 1739 ton temps est compté, tu reçois les sacrements de pénitence, du saint viatique et l’extrême onction avant de t’éteindre entourée des tiens le 1er octobre 1739 à environ 66 ans. Le lendemain ton fils Jean Antoine signe ton acte d’inhumation, tout comme Antoine Marchand et Jean-Baptiste Marlot un autre ancêtre, soit dit au passage, à la signature affirmée voire envahissante.

Tu es désignée comme veuve de Jean Rossignol, veuve pendant 34 années après 14 ans d'une union avec le père de tes enfants. Si peu remariée avec Jean Martin, que cette éphémère alliance est passée à la trappe.

Etonnante Marie Pierpont juste une dernière confidence : j’ai osé intituler une rencontre avec ta fille Dépoussiérer Marie-Catherine Rossignol



Sources 
- Image détail tableau Le Nain
©Washington National Gallery of Art
- AD 02 Barisis BMS
- Indices arbre Geneanet milou02


mardi 28 mai 2024

Un couple ordinaire

Une vie simple pour un couple ordinaire aux patronymes passe-partout : Jacques Dupont et Anne Martin, couple qui constitue cependant un maillon dans la chaîne de mes ancêtres dans un village de l’ancien Laonnois, aujourd’hui dans l’Aisne.

Regardez cette vieille carte, cherchez leur lieu de vie : Barisis, à l’écart des grandes routes, à proximité de Saint-Gobain et de Coucy entouré de forêts. Chanvriers, tisserands, fileuses, laboureurs, bûcherons et scieurs de long, ou garde-ventes se côtoient dans cette paroisse sous l’autorité de l’abbaye, dont les religieux administrent les sacrements et tiennent les registres.

Gallica Carte Cassini extrait sur Barisis 

Jacques Dupont (sosa 830), premier-né de Claude Dupont scieur de long et Marie Magnier est baptisé le 9 décembre 1696, tout juste âgé d’un jour, entouré de son parrain Jacques Henry et Marie Magdeleine Magnier.

Il grandit avec ses cadets Antoine, Charles, Marie et Pierre sous l’autorité bienveillante et ferme de ses parents, espérons le, sa famille élargie n’est pas connue.

Anne Martin (sosa 831), dernière-née de Claude Martin et Charlotte Hauteur, est portée sur les fonts baptismaux le 2 mars 1699 par Anne Antoinette Richemont et Pierre Jonquoy au nom de Louis son fils.

Si elle partage ses jeux ou contraintes avec sa sœur Marie et son frère Pierre, cela ne peut être le cas avec son grand frère Jean : dix-sept années les séparent. Anne se retrouve orpheline de père très vite, leur mère aidée par son grand fils et soutenue par son frère Jean Hauteur doit faire face au quotidien et lutter pour leur survie.

Les familles ont courbé l’échine pendant le grand hiver de 1709-1710, luttant lors de la disette des grains, ignorant peu ou prou la disparition du Roi Louis XIV en 1715, le temps de la Régence dans la jeunesse du Roi XV.

Et puis viennent les épousailles célébrées solennellement dans la petite église paroissiale le 14 juin 1721. Le marié, sous l’autorité de son père Claude Dupont, a comme témoins ses frères Antoine et Charles, la mariée est assistée de son oncle Jean Hauteur et de son beau-frère Antoine Martin, bien que non citées les mères doivent être présentes.

AD 02 Barisis acte mariage 1721

La vie de couple de Jacques Dupont et Anne Martin s’étend sur une vingtaine d’années, arrivent au foyer quatre enfants : un petit Claude prénommé comme les grands-pères au destin inconnu, puis Marie Anne mon aïeule, Charlotte et Marie Magdeleine. Les filles grandissent.

Mon ancêtre Jacques, avec un père et un frère scieur de long, est-il aussi un homme du bois ? Les registres sont muets sur son métier.

AD 02 Barisis décès du grand-père en 1740

Sa malhabile signature figure seulement sur l’acte d’inhumation de son père Claude en 1740 et celui d'Anne son épouse en 1741, touchant témoignage lors de tristes événements. Le grand-père et sa bru sont décédés dans leur maison et ont reçu les derniers sacrements.

AD 02 Barisis décès d'Anne en 1741

Veuf de cinq mois Jacques s’éteint la même année que son épouse en 1741, leur fille cadette disparait peu après.

Entre 1739 et 1741, vent, froidure et pluie sévissent en France et en Europe : les faux dégels causent bien du dommage sur les terres ensemencées, s’en suit disette, sous alimentation et épidémie.

Rassurez vous Marie-Anne Dupont et sa sœur Charlotte survivent, un grand oncle Jean Hauteur et un oncle Antoine Dupont veillent sur elles et tentent de les établir.

Une trace ordinaire, pour un couple simple, un peu moins ignoré.


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Sources
AD 02 Barisis BMS
Indices Geneanet milou02 

samedi 18 mai 2024

Claude Dupont scieur de long

En piste pour une rencontre ancestrale à Barisis aux Bois, dans l’Aisne actuelle, commune lovée dans un écrin de forêts où se cachent de nombreux ancêtres : Claude Dupont (sosa 1660) a les oreilles qui bourdonnent avec ces quelques lignes.

Trace est gardée de son passage sur notre terre dans les registres paroissiaux, fils des défunts Robert et Jeanne Dauthuile, dans la petite église paroissiale, Claude âgé de 27 ans est solennellement marié le 14 novembre 1695 avec Marie Magnier ou Meunier (sosa 1661) veuve de 34 ans.


Débarquent au foyer Jacques (sosa 830), Antoine, Charles, Marie et Pierre, trace est gardée de leurs baptêmes entre 1696 et 1704, l’aîné est mon lointain grand-père.

Le temps file, Claude Dupont assiste aux mariage des quatre aînés, le temps s’arrête trop tôt en 1727 pour son épouse Marie, mais sa vie continue après ses secondes noces avec Yolaine Pannequin veuve.

Son temps s’achève le 24 décembre 1740, muni des derniers sacrements, entouré des siens, fils et petits-fils émargent son acte d’inhumation le même jour veille de Noël. Il était scieur de long, âgé d’environ 70 ans.


Gallica extrait planche sur le scieur de long

Quel métier épuisant que celui de mon aïeul Claude, métier reconnu en tant que tel depuis le 15ème siècle, exercé en itinérance à travers tout le Royaume de France, où en sédentaire dans son cas, savoir-faire transmis de génération en génération.

Sa tâche, avec d’autres compagnons, vise à transformer un tronc en planches. Le doleur avec une hache équarrit la pièce de bois, puis trace une ligne de coupe avec une corde trempée dans un mélange de cendres et d’eau qui laisse une ligne noire sur le tronc.

La scie de long ou scie à déligner est une grande scie à refendre le bois, conçue pour couper le bois dans le sens du fil de bois, ses dents affutées agissent comme un petit rabot qui retire un copeau.

Cette lourde scie est maniée par deux personnes : le chevrier qui se trouve debout en haut de l’échafaudage et le renardier qui se trouve en dessous et se protège ses yeux de la sciure par un grand sac ou un chapeau. Le chevrier remonte la scie, qui descend ensuite de son propre poids, aidée par l'impulsion du renardier.

Un travail d’équipe que celui de scieur de long, du matin au crépuscule, pour Claude Dupont, ses compères, et ses fils.

Travail judicieusement observé et mis en mots choisis et termes ciselés par un chansonnier et poète du 19ème siècle Pierre Dupont, amoureux du Forez, terre de scieurs de long, ceux qui partaient dans tout le pays, je vous propose d'écouter le poème sur le scieur de long. 


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Retrouver son fils Jacques 


Sources 
AD 02 Barisis BMS et Geneanet pseudo milou02
Pierre Dupont 1821-1870 Chansonnier et poète 
Poème extrait de Chants et chansons, poésie et musique volume 4 


samedi 24 juin 2023

A deux jours près

Tout avait bien débuté par une cérémonie dans l’église de Cuts en terre picarde, à une lieue de Camelin berceau de la famille Lefort, entouré par ses proches Antoine Charles Lefort signait son acte de mariage le 14 novembre 1775 avec Marie Cécile Cauchy.

Le couple s’était installé à Cuts au lieudit Gournay, et avait accueilli cinq enfants entre 1776 et 1784. En tant que tisserand, mon lointain grand-oncle œuvrait de longues heures, penché sur son métier à tisser.

Eglise de Cuts ©Mireille Grumberg communes.com

Dans cette paroisse de plaine, au territoire morcelé et aux hameaux dispersés, on cultivait le lin et le chanvre et on y comptait de nombreux tisserands, voisinant avec des laboureurs.

Au cours de l’hiver 1784 il tomba une énorme quantité de neige, dont la fonte amena des inondations. L'été fut d'une grande sécheresse et la récolte fut mauvaise.

Une maladie épidémique vint en 1786 frapper les habitants de Cuts, et suivant le rapport du chirurgien Dolignon cette épidémie aurait été une fièvre putride.

Aussi à la date du 31 mars 1786, le minutieux Curé, inscrivit-il dans son registre l’inhumation d’un jeune Antoine Charles Lefort âgé de huit ans.

Et à la date du 2 avril 1786, le prêtre inscrivit l’inhumation d’Antoine Charles Lefort le père, âgé d’environ trente-deux ans, à laquelle assistait Antoine Rabeuf chanvrier, son parrain et oncle par alliance venu de Camelin, et Louis Lefebvre un cousin manouvrier venu de Saint-Aubin.

AD 60 Cuts BMS 1786

Ces deux disparitions rapprochées étaient-elles imputables à la maladie qui sévissait ?

Marie Cécile Cauchy l'épouse et mère se remaria par deux fois à Cuts pour assurer le devenir des orphelins qui firent souche dans la paroisse. 

Il restait à prévenir la famille de Barisis aux Bois et peu importe le patronyme du marchand qui fut porteur de mauvaises nouvelles.

Une grande tristesse s’abattit dans la maison qu’occupait Marie Marguerite Tellier la mère et grand-mère des défunts. Cette dernière alors veuve d’Antoine Lefort avait pour la soutenir et l’entourer son second fils Louis Alexis Lefort mon ancêtre.


Retrouver le mariage d'Antoine Charles et Marie Cécile 


Sources
AD 60 Cuts BMS
Wikipedia

 

samedi 17 juin 2023

Un double baptême

Brume matinale, d’autant que la veille j’ai abusé du registre paroissial de Barisis aux Bois, terre picarde, et début de rendez-vous ancestral, puisque me parvient l’écho d’une discussion de deux commères.

- Tiens la matrone est passée très tôt ce matin et à toute vitesse !
- Qui a les douleurs de l’enfantement ?
- Peut-être la Marguerite Tellier, elle s’est tant arrondie cette fois !
- La femme d’Antoine Lefort le marchand-chanvrier ? Alors elle est passée par là avec ses premières couches, plus de cinq fois au moins.
- Oui mais tu sais avec les complications ou les instruments de la sage-femme, si l’enfant est trop gros, s’il se présente mal, si la mère faiblit.

Une des femmes se signe, l’autre hausse les épaules d’un air entendu.
Solidarité féminine et souvenirs de parturientes à une époque, où chaque grossesse et enfantement, rime avec inconnu, inquiétude, risque d’issue fatale de la mère et de l’enfant.

AD 02 Barisis BMS 1766

Bon, pour me faire expliquer le métier de chanvrier par mon aïeul, il ne faut pas y compter, mais plutôt réciter une prière à Sainte Marguerite la patronne des femmes en couches pour ma très lointaine grand-mère.

Passe une troisième commère, pliée en deux sous le poids d’un fagot, qui crie aux précédentes bavardes : j’ai croisé l’aîné de l’Alexis qui est allé prévenir notre curé pour le baptême.

Planquée dans une étroite venelle entre deux maisons, je frissonne en ce court jour de novembre 1766, où tout devient grisaille, avec une atmosphère humide très pénétrante. Il est tard.

Et dire que les autorités de l’Eglise insistent sur l’ondoiement du nouveau-né à la maison par la sage-femme en cas de péril, pour assurer son salut spirituel, et de prévoir à peine sorti du sein de sa mère son baptême, et par là, le confronter au monde extérieur quel que soit le temps et les distances.

Soudain des bruits de sabots sur la rue empierrée, car un groupe débouche : les silhouettes de trois hommes, deux femmes tenant précieusement deux petits paquets bien emmaillotés, deux gamins et une petiote à la traîne qui pleurniche.

AD 02 Barisis
Je sors de ma cachette et suit Antoine Lefort à l’air soucieux, ses deux fils aînés et la petite, et les parrains et marraines pour un double baptême puisque Marie-Marguerite Tellier vient de mettre au monde des jumeaux. Je me faufile aussi dans l’église et aperçoit les sobres fonts baptismaux de la paroisse.

En ce 12 novembre 1766, le prêtre officie avec diligence pour introduire dans le monde chrétien deux petits êtres fragiles, tout noter correctement selon les indications du père sur le registre et recueillir les signatures.

Deux garçons jumeaux pour mes ancêtres : l’un  prénommé Louis reçoit pour parrain Médard Soyer de Saint-Gobain  et Marie Jeanne Prévot une tante maternelle pour marraine.

Le second prénommé Cosme François est tenu sur les fonts baptismaux par Antoine Nicolas Mignot et Marie Jeanne Jonquoy. Je soupçonne le Sieur Mignot être le chirurgien de Deuillet, proche paroisse, dont un fils a été prénommé Cosme ! A-t-il été appelé au chevet de la parturiente en renfort de la sage-femme ?

Le premier jumeau trop faible s’éteint en février 1767.
Le second grandit et se marie en 1787 avec la fille d’un marchand-verrier, mais décède à peine trentenaire.

Invisible Marie Marguerite Tellier en tant qu’accouchée, tu ne peux être présente aux baptêmes de tes enfants à cette époque, huit tout-petits pour sept grossesses, qui seront suivies de trois autres, dont un enfant ondoyé par la sage-femme.

Onze enfants, dont seulement cinq arrivent à l’âge adulte.

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Es-tu résignée comme toutes tes contemporaines face à toutes ces maternités, ces douleurs physiques et morales ? As-tu souhaité un meilleur pour les rameaux solides qui ont poursuivi cette dynastie Lefort à laquelle tu as contribué, avant de rendre ton dernier soupir en 1791 à soixante ans ? Je l’espère lointaine aïeule.

Courageuse Marie Marguerite et un peu moins invisible qui sait,
Toute une vie dans le village de Barisis aux Bois.


Dialogue imaginaire en lien avec mes ancêtres
dans ce Rendez-vous Ancestral mensuel

Retrouver cette famille 


Sources
AD 02 BMS Barisis   
AD 02 Iconographie 


jeudi 8 juin 2023

Un acte peaufiné

Alléluia en découvrant un registre paroissial de Cuts en Picardie !

Je vous félicite Monsieur le Curé pour votre écriture soignée, avec moult précisions, vous respectez les prescriptions de l’Ordonnance de Blois de 1579, et par là aidez les curieux des temps présents.

Dans votre paroisse - aujourd’hui dans le département de l’Oise - s’est marié le mardi 14 novembre 1775 un lointain grand-oncle fils aîné de mes ancêtres Antoine Lefort et Marie Marguerite Tellier sosa 408 et sosa 409.

Gallica extrait carte de Cassini

« L’an mille sept cent soixante-quinze le quatorzième jour du mois de novembre, après les fiançailles célébrées le quinze du mois d’octobre, et après la publication des bans du futur mariage entre Antoine Charles Lefort âgé de vingt et un ans fils d’Antoine Lefort chanvrier à Barisis aux Bois diocèse de Laon et Marguerite Tellier ses père et mère,

de la paroisse dudit Barisis par sa naissance et de droits, et celle de Camelin, de par son domicile de fait, d’une part,

et Marie Cécile Cauchy âgée de vingt-huit ans fille de feu Louis Cauchy vivant tisserand à Cuts et de défunte Marie Anne Lemoine ses père et mère de cette paroisse d’autre part,

publication faite, tant en cette église, que celle de Barisis aux Bois, que celle de Camelin, suivant les certificats des sieurs Don Farineau curé dudit Barisis et Maureau curé de Camelin les dimanche vingt et vingt un d’après la Pentecôte et le mardi 1er novembre d’après la Pentecôte et le mardi fête de tous les Saints, vingt-deuxième et vingt-neuvième jour d’octobre dernier et premier jour du présent mois, au prône des messes paroissiales, sans qu’il se soit trouvé aucun empêchement ni opposition,

je, prêtre curé de cette paroisse soussigné, ait reçu en cette église le mutuel consentement de mariage des susdits Antoine Charles Lefort et Marie Cécile Cauchy et leur ai donné la bénédiction nuptiale avec les cérémonies prescrites par la Sainte Eglise

et consentant Antoine Lefort père de l’époux, Louis Lefort tisserand à Camelin aïeul paternel de l’époux,

Pierre Buire mulquinier de Cuts parrain de l’épouse, Joseph Panchet chanvrier de Cuts bel oncle maternel de l’épouse, Antoine Cauchy tisserand de Cuts frère de l’épouse,

Pierre Bruier tisserand à Barisis bel oncle maternel de l’époux, Alexis Lefort chanvrier à Barisis frère de l’époux, Antoine Rabeuf chanvrier à Camelin bel oncle paternel de l’époux,

qui avec l’époux ont ci-dessous signé, l’épouse ayant déclaré ne le savoir de ce interpellée. »

S’en suit les paraphes des protagonistes énumérés fort adroit, ou un peu saccadé, voire malhabile, et puis celui du comptable des âmes JACQUES curé de Cuts.

AD 60 BMS Cuts extrait acte 

Antoine Charles Lefort mon lointain grand-oncle, fils aîné d’Antoine Lefort et de Marguerite Tellier mes aïeux, naît à Barisis ainsi que ses frères et sœurs où leur père s’est installé comme chanvrier. Il fait le choix de retourner dans le village du grand-père à Camelin pour exercer le métier de tisserand, ses proches se sont déplacés à Cuts pour les noces dont son frère cadet Louis Alexis Lefort mon ancêtre sosa 204. 

Le jeune couple s’installe au lieudit « Gournay » sur Cuts tout proche de Camelin et accueille cinq enfants.

Mais profitons de l’instant, de cet acte peaufiné ;
un bijou cet acte de mariage,
une bénédiction pour les généalogistes,
un registre à consommer sans modération,
un péché pour celui qui ne prend pas la peine d’ouvrir ce précieux grimoire



Retrouver Antoine Lefort père ICI
Retrouver Marie Marguerite Tellier mère ICI

Sources
AD 02 Barisis et Camelin BMS
AD 60 Cuts BMS 1773 - 1776 3E 189/6 vue 39/54 
Geneanet arbre jfd07