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samedi 16 mai 2026

Si discrète Polonie Lagier

Au hameau des Vesonières à Upie dans la Drôme, effervescence au logis de Daniel LAGIER car son épouse Elisabeth METIFIOT est à nouveau dans les douleurs de l’enfantement. La fille aînée a sous son aile les petits priés d’être sages, les deux grands frères ont été expédiés chez les voisins ou dans l’écurie au chaud près des bêtes.

Une parente seconde la sage-femme, le futur père est optimiste, ce n’est pas la première fois pour sa valeureuse moitié, pensez-donc voilà que le neuvième enfant s’annonce en une froide soirée d’hiver.

Emile Friant- Philadelphia Museum 
La petite Polonie LAGIER pousse son premier cri à une heure du matin le 9 février 1846, neuvième enfant de mes ancêtres Elisabeth et Daniel.

Voilà un prénom rare pour ce petit-bout, une déformation de Pauline peut-être, ou en lien avec Sainte Apolline vierge et martyre à Alexandrie en 249 qui préféra offrir sa vie que renoncer à sa foi.

Polonie désormais la petite dernière prend la place de la petiote Adeline, surveillée par ses sœurs Mélanie et Elisabeth, chahutée ou ignorée par les garçons Pierre, Rémy, Casimir et Ferdinand.

Le père maçon un temps, se dit ensuite cultivateur et propriétaire, la mère Elisabeth déclarée couturière à son mariage a bien besoin de ce savoir-faire pour réparer et transformer les habits de la maisonnée. Filles et garçons se « passent » les vêtements de l’un à l’autre de toute façon.

Polonie ne reste pas la plus jeune, deux autres filles débarquent au foyer Fanny et Noémie notre ancêtre, soit une flopée d’enfants. Elle doit partager au mieux une vieille poupée en chiffons avec ses cadettes, et plus sûrement se voit confier des petites tâches, nourrir la basse-cour, récupérer les œufs.

Elle figure âgée de 5 mois sur le recensement de 1846 avec le prénom Pauline, sa sœur Adeline se retrouve nommée Deline, en 1851 l’agent recenseur est plus à même des nouveaux prénoms et note Polonie et Adeline correctement…

Allez savoir pourquoi je l’imagine un peu pâlotte, en retrait, se confiant au chat, revêtue d’un mantelet à capuche pour aller à l’école.

AD 26 EC Upie 1856

Et puis en mai 1855 en la période dite des Saints de Glace, l'atmosphère est pesante dans  la maison familiale, regards douloureux des parents, chuchotements des grands, prières,  Polonie ne va pas bien, elle reste au lit. L'issue fatale intervient le 16 mai à neuf heures du soir, l'enfant de 9 ans rejoint au Ciel son petit frère Daniel qu'elle n'a pas connu. 

Il y a 171 ans ce jour. 

Daniel le père va faire la déclaration en mairie, perturbé il se trompe dans l'âge de Polonie. Un choc pour toute la famille, qui prononce ensuite le prénom de la si discrète Polonie, garde en mémoire les traits de son visage, ses qualités ou travers, et pendant combien de temps, sa mère sûrement.


 
Retrouver cette famille 


samedi 2 septembre 2023

L'école avant Jules

L’école avant Jules - sous-entendu Jules Ferry - 
c’est l’école de François Guizot ministre de l’instruction publique dans une loi votée en 1833 sous la Monarchie de Juillet,
et c’est aussi l’école d’Alfred de Falloux en 1860 sous le second Empire 

L'instruction n'est ni obligatoire ni gratuite. Cependant, un comité communal a la responsabilité de s'assurer « qu’il a été pourvu à l’enseignement gratuit des enfants pauvres. » soit un sur trois environ. Cette école est réservée aux garçons et oui ! 
Puis elle est étendue aux filles par l’ordonnance de 1836. 



Cette instruction primaire élémentaire comprend nécessairement l’instruction morale et religieuse, la lecture, l’écriture, les éléments de la langue française et du calcul, le système légal des poids et mesures. 

Si dès 1833, toute commune - de plus de 500 habitants - a l’obligation de financer une école de garçons, ce n’est qu’en 1850 et 1867 que cette obligation est étendue à une école de filles selon que la commune comporte 800 ou 500 habitants.

Le cadre ainsi posé, allez en route pour la Drôme : j’imagine la lecture attentive de deux instituteurs de Montmeyran et Upie, communes où j'ai des ancêtres, et leur nez plongé dans le rapport de 1856 du Préfet au Conseil Général du Département du Rhône. 

De ce rapport établi sous le Second Empire, je vous propose une modeste mise en lumière d’éléments chiffrés sur les enfants scolarisés.  Cliquez sur les visuels pour les agrandir.



A noter que le traitement moyen des instituteurs laïcs est de 666 francs environs et celui des frères est de 500 francs. 
Certaines écoles accueillent les enfants du culte catholique, d'autres reçoivent des enfants du culte protestant et enfin d'autres écoles acceptent les enfants des deux cultes. 
Ecoles tantôt réservées aux garçons, tantôt aux filles ou ouvertes à l'ensemble des enfants. 



A cette même époque, les états dressés pour la formation des contingents de l'armée indiquent que près d'un tiers des gars de 20 ans ne savent ni lire ni écrire dans la Drôme .


Ah si l'école était obligatoire et gratuite se disaient peut-être mes instituteurs de Montmeyran ou d'Upie, le niveau d'instruction s'améliorerait, pour cela il faudra attendre les lois du ministre Jules Ferry en 1881 et 1882.

Quant à mes ancêtres adultes en 1855 dans la Drôme, si Pierre Arnoux et Daniel Lagier cultivateurs savaient signer, il n'en était pas de même de leurs épouses respectives Catherine Clément et Elisabeth Métifiot.

Dans l'Aisne, Jean-Baptiste Mercier et Catherine Lefort enfant naturelle signaient tous les deux, bien que de condition modeste, tout comme Rosalie Ernestine Brugnon et Jean Joseph Lescouet lui brigadier-forestier. 

Clap de ce tour d'horizon partiel, en vous suggérant de dénicher des éléments dans les documents en ligne sur les écoles et l'enseignement dans les départements de vos ancêtres. 



N.B les salles d'asiles, au départ, sont créées en milieu urbain pour les enfants d'ouvrières sous les auspices d'œuvres de bienfaisance 

Source 
Gallica : Annuaire du Département de la Drôme 1857
Visuels faits avec Canva 



samedi 13 juin 2020

Pierre Bonnet le nominé de 2020

Alors quoi, je ne suis pas assez bien moi, Pierre Bonnet, pour être mis en lumière, pourtant je suis ton Sosa 2020, ton ancêtre héros de l’année 2020 ! Quoi cette année, elle a quelque chose de particulier ? 

Explique leur comment tu es arrivé jusqu’à moi habitant du terroir de Montmeyran en Dauphiné. 

Pixabay 

Honneur aux dames d’abord sur les premières marches Maman, Mamie IsabelleNoémie Lagier, Elisabeth Métifiot, épouse de Daniel LagierCatherine Masserole.

Ensuite on bifurque sur la gauche avec deux autres marches pour les messieurs Claude Masserole, son père François Masserole dont la mère est Judith Bonnet, et on débouche sur votre fils Jacques Bonnet et vous-même Pierre. 

C’est en toquant à une vieille porte imaginaire, que je vous ai déniché tout en haut d’une branche de mon arbre. Vous étiez mentionné lors de la signature du contrat de mariage de votre fils Jacques avec Eve Imbert en 1680, tout comme à celui de votre fille Marie avec Jacques Escoffier un cardeur. 

Judith Bonnet est la seule petite-fille que je vous connaisse, née le 24 janvier 1681 à Montmeyran, elle fut baptisée par le Pasteur de Beaumont âgée de 15 jours. 

De même vos enfants, 4 a priori, reçurent le baptême à Beaumont bien que nés à Montmeyran, à cette occasion le prénom de votre père Moïse Bonnet y figure, précieux indice grapillé. 

Loin de moi, l’idée de faire l’impasse sur votre épouse Gérentonne Allier : une des 6 enfants de Gonon Allier et Anne Roche eux baptisés à l’Eglise de Montmeyran. 

Gérentonne Allier dont le très rare et ancien prénom m’a conduit à noble Gérentonne de Poitiers mariée à Montélimar à noble et puissant Eynard seigneur de Vachères et co-seigneur de Montclar. 

Dites moi Pierre Bonnet vous devez connaître Vachères c’est juste à côté de chez vous ! Etiez-vous travailleur de terre ou tisserand ? Pas de réponse, Pierre souhaite que je me cantonne au sujet : le Sosa 2020. 

Alors je suis uniquement ton ancêtre avec le numéro 2020 ? 

Oh non sont aussi concernés certains de mes cousins comme la maman de mon filleul et ses frères qui eux ont grandi dans votre village ! 

Permettez que je souffle à la jeune pousse de février 2019 que vous êtes son Sosa 4580, et que je murmure à la jeune pousse de novembre dernier que vous portez le numéro 13284.

Et puis rassurez-vous, vous êtes aussi l’ancêtre de bien d’autres personnes !


Pierre Bonnet Sosa 2020 ca 1615->1688
 fils de Moïse Bonnet Sosa 4040
x ca 1637 avec Gérentonne Allier Sosa 2021
fille de Gonon Allier Sosa 4042 et de Anne Roche Sosa 4043

dont Jacques Bonnet Sosa 1010 1645-1724 
x 1680 avec Eve Imbert Sosa 1011 1654-1727

dont Judith Bonnet Sosa 505 1681->1750
x 1713 avec François Masserole Sosa 504 1677-1755



Thème du Sosa 2020 suggéré par la Fédération Française de Généalogie 

Sources 
AD 26 BMS Montmeyran 
Beaumont les Valence
Relevés EGDA

samedi 15 février 2020

Chère Noémie merci

Précieuse onzième petite feuille Noémie Lagier née le jour de Noël 1848, précieuse arrière-grand-mère, tu as chipé la place de la benjamine Fannie-Louise âgée de 15 mois, partagé ses jeux, et ceux de Polonie de 3 ans ton aînée dans un village drômois à Upie.

Pour ces petiotes, du fond du cœur, j’espère qu’il restait de la tendresse et du courage à tes parents Elisabeth Métifiot et Daniel Lagier pour s’occuper de leur flopée d’enfants. 

Document familial
Le temps passant si vite, les grands prirent leur envol du nid familial, et lorsque vint ton tour à vingt-six ans de convoler en 1875 avec Jean Pierre Arnoux cultivateur du village voisin de Montmeyran ton trousseau devait être constitué. 

- Sais-tu chère Noémie que je détiens une précieuse et traditionnelle nappe blanche, en coton damassé, brodée avec tes initiales au tissu patiné ? Ce trésor me chuchote, me fait voyager dans le temps, me transporte dans ta maison et celle de ton époux aux Dorelons. 

Un bond en arrière et je me retrouve par l’étrange pouvoir des objets transmis face à mon aïeule septuagénaire et veuve hélas en 1920. 

- Noémie ne sois pas étonnée de me trouver assise à tes côtés, à la lumière et la chaleur du feu de bois dans la cheminée, toutes les deux au calme, alors que souffle depuis plusieurs jours cet agaçant vent violent. 

- Dis-moi, curieuse visiteuse, et arrière-petite-fille tu n’es pas plus grande que moi, ni mes enfants d’ailleurs, et tu n’as pas les yeux bleus. La nappe que tu évoques a servi à bien des réunions familiales, de grandes tablées parfois, comme lors des baptêmes de Désirée, Fanny-Nésida, Bénoni et Isabelle

- Je sais que sur la Bible familiale tu as inscrit à l’encre violette leurs prénoms et dates de naissance, ainsi que ceux de deux petits anges : une fille prénommée Noémie, et un garçon Syril

- En effet … tristesse, pudeur, et silence sur les moments douloureux, les attentes et soucis lors de la première guerre mondiale, les doutes et la révolte intérieure devant l’inéluctable. 

- Cette nappe, enfin ta nappe maintenant, elle en a recueilli des confidences, entendu des rires et des chansons lors des mariages ! 

- Comme pour les mariages de Désirée et Isabelle ma grand-mère, parce que pour celui de Fanny-Nésida le repas était au restaurant d’après ce que me disait Maman ! 

- Nos institutrices de filles ont épousé des gars venus de Bretagne ou de l’Aisne, l’un juge, l’autre instituteur. Désirée est demeurée au pays avec son époux cultivateur et nous a offert nos premiers petits-enfants source de réconfort et d’espoir. Mais cela tu l’as toujours su, et tu m’incites à radoter. 

- Merci Noémie d’avoir tenu ainsi que ton époux à ce que vos filles poursuivent des études en ce temps de la 3ème République qui rendît l’école obligatoire et gratuite pour tous les enfants. 

Merci aussi d’avoir accueilli comme gendre Emile Mercier mon grand-père au sein des vôtres, hébergé et réconforté lors d’une permission pendant la guerre, alors qu’il ne pouvait rejoindre son épouse Isabelle et la petite Jeanne dans l’Aisne, territoire alors envahi par les allemands. 

Document familial
Merci de t’être appliquée à « refaire » une santé à cette même Jeanne flageolante sur ses jambes et toute menue après 4 années de privations, seule avec sa maman, lorsque réfugiées elles arriveront enfin en terre drômoise ; et là clin d’œil au chat chapardeur de l’époque. 


- Tant que j’y suis de mon monologue, sache que j’ai repéré sur l’étagère ton petit livre de Psaumes qui tient dans la main. La couverture de ce fascicule religieux est fatiguée et patinée à la fois, et présente une tranche usée et le bord des pages est poussiéreux, pages maintes fois tournées par tes doigts. 

Document familial
- Et dis bizarre invitée, puis-je te montrer des récentes cartes postales envoyées par mon fils et ma bru depuis Grenoble et Aix les Bains avec l’Abbaye d’Hautecombe au bord d'un lac ? C’était juste après leur mariage. 

Curieux cheminement de cartes anciennes, dans le petit lot de mes trésors à dépouiller. 

Chut c’est tout pour aujourd’hui, manière de prendre date. Beaucoup d’affection et du respect à l’égard d’une de mes ancêtres qui m’a fait découvrir mille et une vie.

Chère Noémie - avec au moins deux  nouvelles pousses pour ton arbre nées en 2019 -  l’une en février et l’autre en novembre :  elles t’embrassent, sans le savoir certes… 



Situation imaginée mais personnes toutes liées
à ma généalogie selon les principes du RDVAncestral
site où sont regroupés les billets des généablogueurs 


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samedi 18 janvier 2020

Une flopée d'enfants pour Daniel Lagier

A nous deux Daniel Lagier ! Ce trisaïeul est le père de mon arrière-grand-mère Noémie.

Daniel au prénom hébraïque qui signifie Dieu est mon juge, porté par un prophète qui ne fut point dévoré par les lions, et au patronyme Lagier - à rapprocher de Léger ou Laugier dans sa variante méridionale – qui renvoie à une personne d’origine germanique prête au combat.

Avec ce préambule ne sois pas étonné que je ne sache comment t’aborder.

MBA Lille - Pierre Alexandre Edmond Hedouin 
Troisième enfant et second fils de Jacques Lagier maçon et de Marianne Lantheaume, tu as poussé ton premier cri à 10 heures du soir le 13 floréal de l’An XII à Pontaix dans la Drôme, soit le 3 mai 1804. Tu passeras tes premières années dans ce village à la belle lumière, aux ruelles étroites et pavées dominées par les ruines d’un ancien château. Je t’imagine courant avec d’autres enfants, ou pataugeant dans la rivière en contre-bas, vous éclaboussant.


Où es-tu allé à l’école, puisque je situe entre 1810 et 1823, l’installation de ta famille à Upie dans la plaine de Valence aux terres plus riches. Ta sœur Marie y décède en 1824 et Jacques ton frère aîné convole l’année suivante.


Toi Daniel je te retrouve vraiment lors de ton mariage civil le 23 février 1833 : un samedi à 6 heures du soir à la mairie d’Upie. Fringant trentenaire cultivateur - et néanmoins épris je l’espère - tu épouses Elisabeth Métifiot couturière fille d’Etienne Métifiot meunier et de Catherine Masserolle ménagère. Je la tiens ta première signature, ton père cultivateur tout comme la future et les mères sont dits illettrés.

Cette brève cérémonie en fin d’après-midi est peut-être liée au décès récent du père de la mariée, et puis la bénédiction de l’union a dû intervenir ultérieurement au temple tout neuf de Montmeyran.

Ensuite, ensuite, Daniel et Elisabeth j’ai découvert de nombreuses naissances, suis-je autorisée à dire trop en pensant à la maman.

D’un côté cinq garçons : Daniel le premier-né ne vécut que 9 mois, Pierre-Daniel - né en 1835 fût caporal d’un régiment de voltigeurs de la Garde Impériale et décéda à Paris en 1868. (1)

Puis le mystérieux Rémy dont on perd la trace après 1861, est-il vraiment parti en Amérique selon une légende ? Sans oublier Casimir qui s’est marié et Ferdinand célibataire, ils sont tous deux restés au pays.

Côté donzelles au nombre de six … Ai-je parlé à haute voix ?

Oui alors, que sais-tu ? Tu t'y retrouves dans les dates et les prénoms ?

Me voilà accostée par Daniel Lagier, que je n’ai pas vu ni entendu arriver. Il est vêtu d’un pantalon de velours, ceinture de flanelle sous une veste de drap, et porte un couvre-chef au large bord, des moustaches évidemment, septuagénaire a priori vers 1875.

Elisabeth et Marie-Adeline sont mariées à des cultivateurs et demeurent au village, Mélanie cafetière est installée en ville à Valence. Dans les cadettes Polonie vous a quitté trop vite, Fanie-Louise est partie enseigner le français Outre-Manche.

Noémie-Olympe la petite dernière, mon ancêtre née le jour de Noël 1848, tient une place particulière dans mon cœur. (2)

AD 26 Upie Recensement 1851

Le logis au lieu-dit Les Vesonnières devait être plein de vie, de cris d’enfants, de voix graves ou de confidences entre sœurs, de houspillement de la mère, d’ordre bref du père.

Des phrases décousues tournent et virent dans mes pensées, fruits de trouvailles au fil d’actes d’état-civil, de recensements, de cartes : moments d’émotion, d’étonnement, de peine parfois.

Daniel Lagier, qui se déclare agriculteur, propriétaire, maçon dans son jeune âge, puis presseur d’huiles, maître de pressoir, m’a-t-il écouté ou peu lui chaut, car il est fatigué, préoccupé.

Rendez-vous imaginaire et furtif : un jour peut-être, il me ferait visiter sa maison, il m’expliquerait ses tâches de presseur d’huiles (de noix a priori), dans l’immédiat il grimace en lisant ce petit texte un peu sommaire.

Flopée d'enfants, panel de signatures.


Situation imaginée 
mais personnes liées à ma généalogie
selon les principes du RDVAncestral





Daniel Lagier 1804-1878 Sosa 30
fils de Jacques Lagier et de Marianne Lantheaume 
x 23/02/1833 à Upie
Elisabeth Métifiot 1810-1897 Sosa 31
fille d'Etienne Métifiot et Catherine Masserole 

- Daniel 1833-1834
- Pierre-Daniel 1835-1868
- Elisabeth 1837-1926 x Jacques Léopold Dorelon
- Rémy 1838 - ?
- Mélanie 1840-     x Pierre Ferdinand Mognat x François Antoine Teissier 
- Casimir 1841-      x Marie-Eugénie Desbrun
- Marie Adeline 1844-1910 x Pierre Eugène Dorellon
- Ferdinand 1842-1923
- Polonie 1845-1855
- Fannie-Louise 1847- ?
- Noémie 1848-1921 Sosa 15 x 1875 Jean Pierre Arnoux Sosa 14



mercredi 25 décembre 2019

Noémie une ancêtre de Noël

Il est né le Divin Enfant, jouez hautbois, résonnez musettes !

Elle est née la petite Noémie Olympe en ce 25 décembre 1848, jour de Noël.

Elle a poussé son premier cri à quatre heures du soir à Upie, dans la Drôme, en la maison de ses parents au lieu-dit Les Vesonnières. Noémie Lagier, mon arrière-grand-mère est la petite dernière d’Elisabeth Métifiot et de Daniel Lagier


Gallica


Réjouissons-nous, cette toute-petite est mignonne et douce, point de bergers pour se pencher sur son berceau mais les visages de ses sœurs et frères. Quel beau présent pour la fratrie ! 

Courageuse et vaillante Elisabeth, qui en 15 ans de mariage, offre à 38 ans un onzième enfant à l’heureux père de 43 ans. 

Qui d’Elisabeth ou de Daniel a choisi les prénoms de cette dernière-née. Noémie porte un prénom biblique qui vient de l’hébreu Noah qui signifie « agréable, gracieuse ». 

Le lendemain 26 décembre 1848 à midi, le citoyen Daniel Lagier a pris la direction de la Mairie (il en avait l’habitude) pour présenter et déclarer la naissance de mon ancêtre de Noël. Ce jour-là il se dit - maître de pressoir- et les citoyens Jacques Joseph Ferrand et Jacques Antoine Chirouze cultivateurs sont les témoins. 

Le maire semble-t-il s’est trouvé confronté pour la première fois aux prénoms choisis, au lieu de Noémie il a noté Néomie, et simplifié pour Olimpe ! 


AD 26 BMS Upie


Ne soyez pas étonnés de l’emploi du terme de citoyen, en février le Roi Louis-Philippe avait abdiqué après trois jours d’insurrection, et la Seconde République proclamée par le poète Lamartine, et le 10 décembre 1848 venait tout juste d’être élu Président un certain Louis-Napoléon Bonaparte. 

Bien des événements, mais le principal pour ma généalogie est la naissance de Noémie une ancêtre de Noël. 

Elle est née la toute-petite, sonnez hautbois, résonnez musettes ! Bienvenue Noémie !






samedi 19 octobre 2019

Débusquer l'aïeule de l'année

Mais si, mais si, je suis partie sur la piste de ma lointaine grand-mère à la 11ème génération portant le numéro 2019, celui de l’année, et profite d’un rendez-vous ancestral pour vous emmener dans la Drôme berceau de ma grand-mère maternelle. 

Allez, je grimpe l’escalier : Maman, puis Isabelle Arnoux ma grand-mère, c'est facile pour les premières marches, tout comme pour Noémie Lagier mon arrière-grand-mère qui me fait un signe d’encouragement. 

Pixabay

Sur une autre marche Elisabeth Métifiot aïeule dont j’ai toujours su le nom comme celui de son époux Daniel Lagier ; prise d’une hésitation je n’ose frapper à la porte de leur ferme. J’entends plusieurs voix, des propos assez vifs, il faut dire qu’ils sont nombreux : je passe et reviendrai à un meilleur moment. 

Petite pause vers 1840 avec Catherine Masserole alors âgée de 70 ans et veuve d’Etienne Métifiot meunier, celle-ci m’apostrophe : comment tu m’as dénichée ? 

Dois-je dire par l’intermédiaire de votre fille cadette, des actes de naissance des nombreux enfants que vous avez donné à Etienne : toute une vie familiale de joies et de peine lors de mariages ou de deuils à Upie. 

Vous savez Catherine j’ai galéré pour votre union, pour repérer en 1796 les publications et l’acte de votre mariage dans les registres de l’époque révolutionnaire de Montmeyran pas trop bien écrit (et surtout d’une mauvaise numérisation). Un peu de peine aussi pour débusquer votre baptême en 1771 par le Pasteur Ranc à Beaumont-les-Valence, vous aviez 3 jours et votre marraine s’est ensuite révélée être votre grand-mère. 

AD 26 Beaumont  les Valence RP 1771

Invitée à saluer ses parents Claude Masserole et son épouse Marguerite Baud, plusieurs marches plus haut je ne les trouve pas sur le palier, pourtant le Pasteur les a unis à La Baume-Cornillane cette fois, paroisse à forte empreinte protestante. 

AD 26 La Baume-Cornillane RP 1770

Si mon ancêtre Claude a été baptisé par le Curé de Montmeyran, ses parents François Masserole et Catherine Sausse ou Sauce ont reçu la bénédiction du Pasteur « Au Désert » en 1750

AD 26 Registre "Du Désert" 1750

Vous êtes peut-être perdu, mais les marches de pierre sont parfois difficiles à gravir, de hauteur inégale, il faut se tenir au mur, lire et relire les actes : parce que Sauce ce n’est pas Faure (erreur de débutante). 

Il faut se faire une raison avec ma chère branche de la Drôme en terre protestante, et naviguer entre les différents registres : actes protestants ou actes catholiques selon la période et la teneur des directives royales et le poids des répressions. 

Dans cet escalier, où je m’essouffle, la silhouette entrevue est-elle celle de François Masserole, lui qui fut enterré en terre profane, comme tant d’autres de mes ancêtres, dont « on rapporta » le décès 3 mois après au Curé selon la formule consacrée, bien que baptisé à l’Eglise en 1717. 

Ses propres parents Claude Masserole et Judith Bonnet furent unis par le Curé de Montmeyran en 1713, les mariés étaient nés en 1677 et 1681 avant la Révocation de l’Edit de Nantes. 

Auparavant Imbert Masserole, laboureur qui ne savait pas signer, a eu 7 enfants avec Madeleine Dorelon tous baptisés par le Pasteur. 

Egarée dans ce rude et désormais sombre escalier, mains griffées par les parois, j’ai glissé dans le temps jusqu’en 1659 où un Notaire de Montmeyran établit un contrat de mariage entre Imbert Masserole fils d’Antoine Masserole et Claude Trouillat d'une part et sa promise d'autre part. 

Ladite épousée Madeleine Dorelon était la fille d’André Dorelon et Jeanne Tracol – ma Sosa 2019 -  autrement dit l'aïeule de l'année.

Chère Jeanne Tracol, née vers 1620 sous le règne du Roi Louis XIII, je vous ai débusquée certes ainsi que vos proches et descendants tous enracinés dans un terroir autour de Montmeyran, mais ce fil maladroitement ébauché avec quelques citations ne saurait vous appréhender les uns et les autres si tant est que cela soit envisageable. Onze générations, plus de 4 siècles ... 





Sources
AD 26 BMS
et précieux relevés de l'EGDA


Billet dans le cadre du RDVAncestral permettant de rencontrer ses ancêtres

Thème du Sosa 2019 suggéré par la Fédération Française de Généalogie

Retrouver Daniel Lagier  Une flopée d'enfants pour Daniel Lagier
Retrouver Noémie Lagier Noémie une ancêtre de Noël


samedi 15 décembre 2018

Triste Paris pour Daniel Lagier

Etre à Paris sous le second Empire est une première en ce qui me concerne. En ce mois de mai 1868, sous l’impulsion de l’Empereur Napoléon III, la capitale s’est considérablement transformée, n’a-t-elle pas accueillie l’année précédente l’exposition universelle.
 
L’animation boulevard de Magenta est de rigueur, dans cette voie percée en 1855 : plusieurs carrioles tirées par un cheval  transportent des vivres ou des meubles, une calèche coupe la voie, et au fond un omnibus, tous ces véhicules résonnent sur les pavés. Une dame traverse, des passants s’interpellent, j’observe le nez en l’air les immeubles haussmanniens aux façades en pierre de taille, et …
 
Oh pardon Madame ! Je vous ai bousculée, je suis distrait et préoccupé, et cherche aussi mon chemin étant de passage à Paris.
 
Ce n’est rien Monsieur ! Puis-je vous aider ?
 
Hôpital St Martin Paris 10e - Source Delcampe
 
Je ne suis pas habitué au rythme de la capitale, et je dois aller de nouveau rue des Récollets.
 
C’est à deux pas je peux vous y conduire.
 
Merci beaucoup, puis-je  me présenter Daniel LAGIER je suis originaire de la Drôme.
 
Fanny Delaronde (c’est presque çà !) je connais un peu votre région.
 
Comme c’est étrange, une de mes filles cadettes se prénomme Fanie.
 
Oups que fait en 1868 dans le 10e arrondissement de Paris, mon quadrisaïeul Daniel LAGIER Sosa 30 lui qui habite le village d’Upie ? Je tombe des nues.
 
On va passer par là pour se diriger vers la rue des Récollets, dans l’ancien couvent des religieux franciscains se trouve je crois un hôpital.
 
Mon fils ainé Pierre Daniel est hospitalisé, gravement malade, je suis donc venu à son chevet.
 
Oh mon Dieu, je compatis à votre peine et à votre souci. Qu’est-il arrivé à votre fils ?
 
Militaire depuis plusieurs années, il est caporal au 3ème Régiment de Voltigeurs de la Garde Impériale, toutes ses campagnes, les conditions … vous savez …
 
Silence, et je me remémore pour ma gouverne : la guerre de Crimée très vraisemblablement, le Mexique peut-être, voire la campagne d’Italie et la victoire de Magenta. Les soldats du Second Empire ne manquaient pas de terrains d’actions.
 
Voilà Monsieur nous sommes arrivés. C’est l'empereur Napoléon III qui a déplacé l'hospice des Incurables pour affecter les lieux à l’Armée qui abrite désormais l’hôpital militaire Saint-Martin.     
 
Puisse l’état de santé de votre fils s’améliorer, mes pensées vous accompagnent et mes vœux d’espérance.
 
Daniel LAGIER passe le monumental portail de pierre, le poids de l’inquiétude courbant ses épaules dans un environnement citadin si éloigné de sa Drôme natale.
 
Wikiwand
J’ai comme un pressentiment, et pas vraiment l’envie de me pencher sur les détails de l’uniforme de parade d’un voltigeur de l’armée impériale. Quoiqu’il  pouvait avoir belle allure Pierre Daniel LAGIER dans sa tunique bleue, avec des brandebourgs jonquille, un collet jonquille et des parements bleus.
 
Né en 1835 à Upie, mon arrière-grand-oncle a-t-il tiré un mauvais numéro lors de la conscription en 1855 ? Toujours est-il qu’il s’est réengagé dans l’armée impériale.
 
Les deux régiments supplémentaires de Voltigeurs créés en 1855 furent organisés pour le front d’Orient. Ce même corps eut un rôle décisif en 1859 dans le Piémont lors de la bataille de Solférino : les voltigeurs  chargèrent, baïonnette au canon, culbutant des forces quatre fois supérieures en nombre …
 
Soit dit en passant c’est lors de la campagne d’Italie qu’Henri Dunant pris conscience de l’insuffisance des services sanitaires qui manquaient de tout, des blessés omniprésents, à même les rues faute de place dans une église ou une école. Marqué à tout jamais Henri Dunant sera l’instigateur de la Croix Rouge pour l’amélioration du sort des militaires blessés dans les armées en campagnes.
 
Je m’éloigne du sujet, pas forcément, j’ai bien laissé mon aïeul devant la porte d’un hôpital militaire à Paris,  certes la fiche matricule de son fils trop ancienne n’est pas consultable en ligne, si tant est qu’elle ait été conservée.
 
C’est bien mon aïeul Daniel Lagier qui a déclaré dans une mairie parisienne le décès de son fils aîné, et j’ai bien reconnu sa signature un peu moins assurée vu les circonstances, acte qui me révélait un douloureux pan de vie.   
 
« L’an 1868, le 21 mai acte de décès de Pierre Daniel  Lagier décédé hier à cinq heures 8 rue des Récollets, caporal au 3e régiment des voltigeurs de la Garde Impériale 2e bataillon 7e compagnie matricule 1120 âgé de 35 ans né à Upie (Drôme)  caserné à Saint-Denis (Seine) célibataire fils de Daniel Lagier âgé de 64 ans propriétaire et de Elisabeth Métifiot son épouse âgé de 56 ans sur la déclaration faite par nous, Officier de l’état-civil du 10e arrondissement de Paris, par le père et Ignace Antoiniotti âgé de 21 ans caporal-infirmier rue des Récollets. »
 
Archives Paris 10e D 1868 vue 375

Triste voyage de retour de mon ancêtre Daniel LAGIER, par le train de Paris à Valence, trajet pendant lequel il a du se demander comment dire la vérité à son épouse Elisabeth, ses autres fils, ses filles dont les cadettes Fanie, et Noémie mon arrière-grand-mère la plus jeune de ses onze enfants.
 


Billet du RDVAncestral mensuel
  permettant d'aller à la rencontre de ses ancêtres