vendredi 5 juin 2026

Maître d'école à Neuve-Maison

A Neuve-Maison dans l’Aisne, en haut d’une branche de mon arbre, quatre des enfants de Vincent DUFRENOIS et Louise BLONDEAU savent signer, mon ancêtre Pierre DUFRENOIS né en 1664, son frère Antoine, et leurs sœurs Catherine et Jeanne.

Que puis-je découvrir sur leur école et leur maître ? La monographie de la commune rédigée par l’instituteur en 1884 apporte des éléments sur la vie paroissiale à la fin du 17ème siècle, la première école et les fonctions de celui qui enseigne.

Van Ostade Adrien le maître d'école 17e
© MHAH Genève
« La première école construite dans la commune de Neuve-Maison date de 1687. Elle est jugée nécessaire par le Curé B. Caron, Nicolas Mozelle Maire, Gilbert Binet marguiller, Claude Poulain syndic et les habitants assemblés à l’issue des vêpres».

Une fois la décision prise, tout le monde participe, qui en mettant la main à la pâte, qui en offrant un bout de terrain, avec moult précisions et usages anciens. 

« Les habitants et notables charrient les matériaux. On va chercher du bois aux Usagers avec la permission de son Altesse. On mettra à regain des prés soumis à la vaine pâture pour payer les ouvriers, c’est-à-dire que le propriétaire d’un pré paiera une certaine contribution pour le regain qu’il récoltera sur son propre pré, retranché à son profit de la vaine pâture » .

« M. le curé cède le terrain d’une partie du jardin de la cure à condition que le maître d’école paiera au Seigneur pour M. le curé un jalois d’avoine et une poule pour la décharge de ce lieu et du reste du presbytère.
L’école se compose d’un comble sur deux places avec appentis au pignon » .

« On ne voit pas que le maître d’école reçoive quelque chose si ce n’est pour chanter les obits. Le maître est clerc à l’église et perçoit le casuel.

En 1661, 1666, 1683, 1685, il reçoit 6 livres pour les obits.
En 1670, il écrit les adjudications des prés de l’église et reçoit 25 sols.
En 1695, 1696 il a 4 livres pour enseigner les pauvres écoliers» .

« Avec sa femme, le maître ramasse des dîmes pour M. le curé qui lui en cède une légère part pour salaire.

En 1693, Nicolas Richepin est maître d’école et Marie Dubois sa femme recueillent les dîmes du blé, du chanvre, du lin pour M. le Curé qui leur en abandonne 3 jalois et demi de blé pour salaire.
Dans un bail du 15 février 1693, le même Nicolas Richepin loue des terres et des prés pour les cultiver ».

« En 1696, les revenus d’immeuble étaient destinés suivant donation à payer des filles chargées d’apprendre le catéchisme aux enfants et si l’on ne trouvait point de ces filles le revenu retournait aux pauvres ».

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En principe les parents doivent envoyer leurs enfants pour recevoir des rudiments d'instruction : lecture, calcul et écriture, un peu de grammaire, et surtout les prières, moyennant une contribution de 3 à 6 sols par mois. 

Ces maîtres d'école qui doivent aussi balayer l'église, préparer l'autel, envoyer un gamin raisonnable pour sonner la cloche, et autre charges ou corvées sont recrutés par les paroissiens avec l'avis du curé. Dans le proche Vermandois, en 1684 à Ribemont, est retenu un clerc qui excelle tant dans le plain-chant que dans l'écriture, avec un peu de chance il connait l'arithmétique. 

Enfin je ne boude pas mon plaisir de connaître les noms des maîtres d'école de mon ancêtre Pierre DUFRENOIS laboureur et de son fils Jean. 

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Liste des maîtres d'école de Neuve-Maison 
au 17ème siècle et au 18ème siècle
En 1661 Nicolas Fleury qui décède en 1673
              Nicolas Fleury fils du précédent marié à Marie Champion 
En 1685 Nicolas Richepin marié à Marie Dubois 
En 1701 Charles Lagasse
En 1705 Henry Fleury
En 1739 Jean-Baptiste Liancourt
En 1742 Louis Poulain
En 1764 Charles Boutiller
En 1774 Jacques Rousseau


Définitions
- le regain est l'herbe qui repousse dans une prairie après la première coupe
- l'obit est le service religieux à la mémoire du défunt
- le casuel est une offrande versée à l'occasion de la célébration d'un sacrement
- le jalois est une ancienne mesure de capacité pour les  grains
- la vaine pâture est un droit d'usage qui permet, gratuitement, de faire paître son bétail en dehors de ses terres, dans les bords des chemins, les « terres vaines et vagues », les terres nues de leurs cultures, les bois ou taillis 

Pour aller plus loin 
Monographie communale intégrale de Neuve-Maison sur le site des Archives de l'Aisne
Nomination d'un maître d'école à Cutry en 1792 sur le site de l'Association Généalogie-Aisne

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