Jeanne CLOZEL et Claude MELHERBE, ancêtres de la 12ème génération et figures encore méconnues au bout d’une branche, vivaient en Dauphiné, à Beaumont les Valence, dans l’actuel département de la Drôme.
Dans mon arbre, Jeanne est la seule à porter le nom CLOZEL, qui signifie « petit enclos ou champ fermé ». Celui de sa tendre ou austère moitié, Claude MELHERE, pourrait se rapprocher de MALHERBE, « mauvaise herbe », désignant une terre infertile.
Le couple a eu au moins six enfants, dont quatre se sont établis. Cette famille a été reconstituée grâce aux relevés de l’association GénéaDrôme et aux baptêmes du registre protestant, ouvert en 1609.
Seul le baptême de Marie, la benjamine, indique ses deux parents et fait précéder le nom du père de « Me », pour Maître : de précieux et infimes indices recueillis quatre siècles plus tard.
Claude MELHERE était-il maître-drapier, puisque son fils Pierre est qualifié de drapier en 1632 dans son contrat de mariage ?
Toujours en 1632, mon aïeule Jeanne MELHERE conclut un contrat dotal avec François CROZAT, prolongeant ainsi la chaîne des générations.
Protégés par les remparts du village, les habitants dépendaient de l’évêque de Valence, seigneur des terres. Ils étaient notamment tenus de faire cuire leur pain au four banal, moyennant une redevance seigneuriale.
Successivement sujets du roi Henri III, du roi Henri IV — qui abjura le protestantisme pour régner — puis du roi Louis XIII, ils subirent les guerres de Religion, les exactions et destructions des bandes armées, le logement des troupes et de lourds subsides.
Promulgué en 1598 par Henri IV, l’édit de Nantes rétablit une paix relative en Dauphiné en autorisant le culte protestant et l’accès aux charges civiles, offrant ainsi un répit aux habitants de Beaumont et des environs.
Le bourg réunissait marchands, drapiers, tisserands et laboureurs, appelés « grangers » dans la région. Aux beaux jours, certains abandonnaient la navette pour travailler aux champs à la houe.
Jeanne CLOZEL, Jeanne MELHERE et les autres femmes de leur entourage œuvraient aussi bien au foyer qu’au-dehors, tout en prenant soin des enfants et des anciens.
Juste quelques lignes là encore.
Sources
AD 26 BMS Beaumont les Valence registres protestants
Relevés d'actes notariés de GénéaDrôme

