Un petit gars parti trop tôt, un moblot drômois, un lointain cousin.
Sa famille
Petit-fils de Jacques ARNOUX et Marianne SAVOYE mes ancêtres évoqués dans mes premiers billets, Antoine BARBIER a pour parents Marie Anne ARNOUX et Jean Antoine BARBIER qui se sont mariés le 24 septembre 1842 à la mairie de Montmeyran dans la Drôme.
Il naît le 6 février 1849 et grandit entouré de ses deux grandes sœurs Emilie et Marie-Louise surnommée Fanchette.
![]() |
| Gravure extraite de Gallica |
Son père cultivateur, dit aussi journalier et propriétaire selon les documents, est catholique, et sa mère protestante comme les enfants. La famille demeure au lieudit Bois Gros et semble avoir rencontré des difficultés en 1852, selon un registre du diaconat protestant de Montmeyran où elle est qualifiée de pauvres.
En 1866 non recensé au foyer paternel, Antoine doit louer ses bras aux alentours pour gagner son pain.
Sa sœur Fanchette se marie en septembre 1869 avec Jean François PALLIER un cultivateur de Chabeuil un bourg voisin, un bref moment d’espoir avant que tout s’emballe en cette fin du Second Empire
Dans le tourbillon du conflit franco-prussien
A 20 ans, Antoine est enrôlé dans la Garde nationale mobile, dont la mission tend à épauler, comme armée auxiliaire, l’armée active à la défense des places fortes de l’Empire, de ses frontières et le maintien de l’ordre.
Voilà donc Antoine avec des hommes de 20 à 40 ans, réserviste, appelé « Mobile ou Moblot », n’ayant pas fait le service militaire mais soumis à des périodes de préparation militaire. Côté formation, équipement, habillement et ravitaillement, la suite révèlera plus que des défaillances ou de l’improvisation.
Guy de Maupassant dans Boule de suif écrit « On voyait surtout des mobilisés, gens pacifiques, rentiers tranquilles, pliant sous le poids du fusil ; des petits moblots alertes, faciles à l'épouvante et prompts à l'enthousiasme, prêts à l'attaque comme à la fuite ».
Au début du conflit franco-prussien, le comte de Palikao ministre de l’Empereur Napoléon III demande l’organisation de 100 000 Mobiles. En province, 400 bataillons furent constitués avec les classes de 1865 à 1869.
Pour sa part, la Garde mobile de la Drôme dispose de deux bataillons d’infanterie et d’une batterie d’artillerie, soit 4000 hommes.
Le 18 août 1870, le 2ème bataillon et la batterie d’artillerie sont rassemblés à Valence, deux jours plus tard, c’est au tour du 1er bataillon à Montélimar. Fin août, les trois corps sont armés et prêts à partir en campagne. Le 2ème bataillon et la batterie d’artillerie sont désignés pour prendre part à la défense de Paris.
Terrible engrenage que la capitulation de Sedan, la défaite de l’Empereur, la proclamation de la République, l’encerclement de la capitale, s’en suit une réorganisation de l’armée, d’autres batailles sur la Loire et dans le Nord. Les prussiens, enfin les allemands, filent en Bourgogne vers Dijon, encore des combats
| AD 21 Beaune extrait état-civil |
Et là à deux pas, à Beaune, Antoine BARBIER s’éteint le 31 décembre 1870 à l’hospice des malades, le portier fait la déclaration en mairie le lendemain, il y retourne les jours suivants pour les décès d’autres moblots de différents bataillons de plusieurs coins du pays.
Antoine est dit garde national mobile de la Drôme du 3ème bataillon et de la 1ère compagnie, sa disparition est transcrite sur l’état-civil de sa commune natale le 16 mai 1871, plus de quatre mois de délai. Antoine avait vingt ans, traversé dieu sait quelles épreuves pendant son bref temps à défendre son pays.
Le 3ème bataillon d'Antoine doit-il être assimilé à la batterie d'artillerie, mystère faute d'éléments glanés sur la toile, il est bien référencé dans l'inventaire des archives départementales de la Drôme sous plusieurs cotes à consulter sur place.
Après
Le père Jean Antoine BARBIER a-t-il cherché à se rendre sur la tombe de son fils ? Malade, il entre à l’hôpital de la Croix-Rousse de Lyon le 20 juillet 1871 et y décède le 21 août suivant, sa disparition est transcrite à Montmeyran le 17 mars 1872 sept mois plus tard.
Sécheresse des actes, claquement des dates, douleur dans la famille.
Marie Anne ARNOUX mère et femme éprouvée s’installe à Chabeuil auprès d’une de ses filles. Elle est en vie lors du mariage d’une de ses petites filles, avant de rendre son dernier soupir en 1899 a un âge avancé.
Juste une modeste approche.
Retrouver cette famille
Pour aller plus loin
Gallica le 2e bataillon de mobiles de la Drôme
Sources
AD 26 Montmeyran et Chabeuil Etat-civil et recensement
AD 21 Beaune Etat-civil
Archives de la Ville de Lyon Etat-civil et entrée des Hospices Civils de Lyon
Protestants de la plaine de Valence au 19ème

Il me semble effectivement très difficile de trouver des renseignements sur nos ancêtres ayant fait partie de la Garde mobile... preuve, peut-être de sa désorganisation.
RépondreSupprimer