mardi 5 mai 2026

Nicolas Narbonne vigneron

Deux actes détaillés à Camelin dans l’Aisne, et soudain un rameau fragile de mon arbre s’anime.

En 1670, dans une maison du hameau du Bresson, autour d’un malade, une famille s’inquiète, le prêtre a été appelé car Nicolas NARBONNE, comme tout catholique pratiquant, tient à être en règle pour son passage dans l’au-delà.

« Le dimanche fête de Saint Barthélémy vingt quatrième jour du mois d’août de l’an mille six cent soixante-dix est décédé Nicolas Narbonne, âgé de soixante douze ans, vigneron demeurant au Bresson, en la communion de notre Sainte Eglise, duquel corps a été inhumé dans le cimetière, iceluy s’était confessé et reçu le Saint-Viatique du corps de notre Seigneur et l’extrême onction, par moi Messire Curé soussigné. »


On ne saura jamais pour quelles raisons le prêtre a fait référence au saint du jour, un siècle après le terrible massacre des chefs protestants et leurs coreligionnaires le 24 août 1572 jour de la Saint-Barthélemy.

Nicolas mon ancêtre naît vers 1598, sous le règne du roi Henri IV de France et de Navarre, prince tantôt protestant, tantôt catholique. Nicolas s’éteint en 1670 sous le règne du roi Louis XIV, l’année où démarre dans la capitale la construction de l’Hôtel des Invalides pour recueillir les soldats invalides des armées, et l’envoi de troupes dans le Vivarais pour réprimer une jacquerie.

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Deux ans plus tard en 1672, la même famille est endeuillée avec la disparition de mon aïeule Michelle BRENOT l’épouse de Nicolas

« Le quatorzième jour de l’an mille six cent douze est décédée en la communion de notre Sainte Eglise Michelle Brenot âgée de soixante-six ans, veuve de feu Nicolas Narbonne vivant vigneron demeurant au Bresson, de laquelle le corps a été inhumé dans le cimetière icelle après s’être confessée et avoir reçu le Viatique du corps de notre Seigneur et l’extrême onction par moi Prêtre Curé et ont signés Pierre, Jacques et Louis Narbonne leurs enfants ».

Gallica carte de Cassini axée sur Camelin

Des petits riens, une vie dans un des hameaux de Camelin village où chanvriers, tisserands, laboureurs et vignerons se côtoient, et autour de Nicolas et Michelle trois fils arrivés à l’âge adulte pour reprendre le flambeau et aussi une fille Anne.

Cercle reconstitué patiemment au fil d’actes, et de mentions de parenté ou parrainage : Pierre NARBONNE, un des fils et ancêtre, répond présent aux mariages du grand-père et du père de mon étonnant collatéral Claude Nicolas LECAT.

Nicolas NARBONNE vigneron, ainsi que Pierre, ont a priori exploité des vignes appartenant à une abbaye, un seigneur ou un riche bourgeois, vigne cultivée en échalas en Picardie et dont certains crus, à une lointaine époque, étaient appréciés par le Roi François Ier et le Roi Henri IV. 

Ecoutons Nicolas sur son métier tel que suggéré dans la légende de la gravure :

« Sans me servir d’autre équipage
Que celui de mon village
Ni sans employer mes voisins
J’ai les épaules assez fortes
Pour transporter en mille fortes
Des paniers remplis de raisins
Mais tout ce qui me semble étrange
C’est qu’en matière de vendange
Je passe pour un grand devin
Ce qu’avec toute mon adresse
Je n’ai pas assez de finesse
Pour vendre la force du vin »


Billet écrit sur le thème des rameaux cachés initié par une blogueuse 

Sources 
AD 02 BMS Camelin 
Relevé Généalogie Aisne 
Gravure Musée Grand-Palais à Paris 

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