samedi 16 mai 2026

Si discrète Polonie Lagier

Au hameau des Vesonières à Upie dans la Drôme, effervescence au logis de Daniel LAGIER car son épouse Elisabeth METIFIOT est à nouveau dans les douleurs de l’enfantement. La fille aînée a sous son aile les petits priés d’être sages, les deux grands frères ont été expédiés chez les voisins ou dans l’écurie au chaud près des bêtes.

Une parente seconde la sage-femme, le futur père est optimiste, ce n’est pas la première fois pour sa valeureuse moitié, pensez-donc voilà que le neuvième enfant s’annonce en une froide soirée d’hiver.

Emile Friant- Philadelphia Museum 
La petite Polonie LAGIER pousse son premier cri à une heure du matin le 9 février 1846, neuvième enfant de mes ancêtres Elisabeth et Daniel.

Voilà un prénom rare pour ce petit-bout, une déformation de Pauline peut-être, ou en lien avec Sainte Apolline vierge et martyre à Alexandrie en 249 qui préféra offrir sa vie que renoncer à sa foi.

Polonie désormais la petite dernière prend la place de la petiote Adeline, surveillée par ses sœurs Mélanie et Elisabeth, chahutée ou ignorée par les garçons Pierre, Rémy, Casimir et Ferdinand.

Le père maçon un temps, se dit ensuite cultivateur et propriétaire, la mère Elisabeth déclarée couturière à son mariage a bien besoin de ce savoir-faire pour réparer et transformer les habits de la maisonnée. Filles et garçons se « passent » les vêtements de l’un à l’autre de toute façon.

Polonie ne reste pas la plus jeune, deux autres filles débarquent au foyer Fanny et Noémie notre ancêtre, soit une flopée d’enfants. Elle doit partager au mieux une vieille poupée en chiffons avec ses cadettes, et plus sûrement se voit confier des petites tâches, nourrir la basse-cour, récupérer les œufs.

Elle figure âgée de 5 mois sur le recensement de 1846 avec le prénom Pauline, sa sœur Adeline se retrouve nommée Deline, en 1851 l’agent recenseur est plus à même des nouveaux prénoms et note Polonie et Adeline correctement…

Allez savoir pourquoi je l’imagine un peu pâlotte, en retrait, se confiant au chat, revêtue d’un mantelet à capuche pour aller à l’école.

AD 26 EC Upie 1856

Et puis en mai 1855 en la période dite des Saints de Glace, l'atmosphère est pesante dans  la maison familiale, regards douloureux des parents, chuchotements des grands, prières,  Polonie ne va pas bien, elle reste au lit. L'issue fatale intervient le 16 mai à neuf heures du soir, l'enfant de 9 ans rejoint au Ciel son petit frère Daniel qu'elle n'a pas connu. 

Il y a 171 ans ce jour. 

Daniel le père va faire la déclaration en mairie, perturbé il se trompe dans l'âge de Polonie. Un choc pour toute la famille, qui prononce ensuite le prénom de la si discrète Polonie, garde en mémoire les traits de son visage, ses qualités ou travers, et pendant combien de temps, sa mère sûrement.


 
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4 commentaires:

  1. En Espagne, j'ai trouvé des Polonia, et c'était pour Apolonia (Appoline)

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    1. Merci Marie-Isabelle il y a parfois des variantes pour un prénom

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  2. Un prénom rare pour une bien courte vie

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  3. Dans mon arbre figurent plusieurs Appolonie, alors tu sais, de l'Appolonie à la Polonie il n'y a qu'un soupir

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