Muets sur leurs parents, Louise BLONDEAU témoigne et Vincent DUFRENOIS raconte depuis leur coin de Thiérache, rencontrons les dans l’actuel département de l’Aisne.
Petite ou grande, blonde ou pas dans sa jeunesse, puis grisonnante, Louise la seule ancêtre à porter ce patronyme, naît vers 1641 et Vincent, filiforme ou enveloppé, démarre son existence vers 1630, les voilà en couple à partir de 1663 dans le village de Neuve-Maison.
Imaginons les dans un lieu de vie en plat pays, avec quelques buttes, le centre du village d’un côté et les hameaux de l’autre séparés par un méandre de la rivière Oise, autour des terres de labour, des pâturages et des profondes forêts.
Un des chemins est surnommé "chemin de l’armée" en souvenir du passage du roi Louis XIV avec son armée en février 1672 alors qu’il se dirigeait vers les Pays-Bas pour aller guerroyer, la Thiérache eut hélas à souffrir de nombreux conflits et destructions du fait de sa position aux confins du royaume.
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| Fonts baptismaux et église de Neuve-Maison |
Dans cette paroisse, dont le patron est Saint-Lazare, l’église dépend de l’abbaye de Bucilly, le prêtre veille sur 86 ménages et se désespère des 20 âmes huguenotes restantes.
Regardez cette fière église dont la nef centrale date du XIIème siècle, son chœur et la sacristie construits vers 1683, Vincent DUFRENOIS comme tout paroissien a fait des charrois pour les matériaux dont le sable, le maçon œuvrait pour 6 sous par jour.
Regardez les fonts baptismaux du XIIème, en pierre bleue très dure, avec sur les quatre faces sculptés un loup, un paon et des poissons.
Vaillante et solide, Louise BLONDEAU donne neuf enfants à Vincent tous baptisés sur cette sobre et ancienne cuve : Pierre mon aïeul en août 1662, puis Louise, Catherine, Jeanne, Antoine, Marie, Louise, Marie et Jean dit Vincent en novembre1686.
Le petit dernier nait cinq mois après le mariage de sa grande sœur Catherine en juin 1686 avec Jean DEVIN laboureur, lorsque le cycle des naissances télescope le cycle des mariages…
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Etablir six enfants n’est pas une mince affaire, les tractations, les trousseaux des filles, la dot à verser, mes ancêtres admettent en janvier 1693 le mariage de leur fille Jeanne avec Daniel MENNESSON laboureur, ce dernier religionnaire (donc protestant) acceptant de rentrer dans le giron de la sainte église catholique pour épouser sa belle après avoir abjuré sa foi.
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| Extrait revue sur l'histoire de la Thiérache |
Perturbé le prêtre oublie de mentionner les filiations, pourtant ce gendre Daniel apparaît bien lors d'actes de la famille de Vincent DUFRENOIS;
Ce dernier, comme tous les laboureurs, apprécie fort peu la pression fiscale de la dîme. Rendez-vous compte : toute terre sujette à la dîme le reste, même si elle est convertie en prairies ou herbages, cette dîme est payée sur les récoltes diverses, mais aussi sur les agneaux, les toisons des brebis, les cochons, les oisons. Tout laboureur doit être à jour avant d’enlever sa récolte sinon il risque la confiscation de ses chevaux ou charrettes et de ses fruits.
Que de travail, de soucis, Vincent est un homme usé qui s’éteint à 70 ans en 1699 entouré par ses enfants, sans oublier sa vaillante Louise à qui il passe le flambeau de la mémoire familiale.
Louise BLONDEAU plus solide voit grandir certains petits-enfants, elle fait partie des aînés du village de Neuve-Maison et à ce titre témoigne le 5 décembre 1720 avec d'autres vieilles personnes dans le cadre d'un contentieux successoral.
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| Extrait de déposition Geneanet et AD 02 |
Les doctes membres de la justice d'Hirson se sont déplacés eu égard au grand âge et infirmités des témoins convoqués, pour tenter d'éclaircir des parentés d'une ou deux branches de dénommés MARTIN.
Sous serment, dite âgée de quatre-vingt ans, ni alliée, ni servante, ni domestique des parties, Louise BLONDEAU dépose sur les faits mentionnés :
" Elle a connu Jean MARTIN qui s’appelait
Vigneron, parce que Simon MARTIN son père est venu du pays de vignoble,
" elle a
aussi connu Marie MARTIN laquelle avait épousé Martin PIERRA et que le père de sa femme s’appelait Pierre MARTIN,
" elle ne sait pas s’il était parent audit
Jean MARTIN dit Vigneron lequel avait marié sa fille audit Pierre TISSERAND" .
Déposition lue à Louise qui a fait sa marque pour ne savoir signer, une petite tranche de vie d'une aïeule évoquant une généalogie, absolument pas inventée et touchante.
Louise après son témoignage poursuit son fragile chemin de vie et s'éteint en 1726 à l'âge avancé de 85 ans, un an après son fils aîné Pierre mon lointain arrière-grand-père.
A la fois rameaux cachés et rendez-vous ancestral.
Sources
AD 02 Neuve-Maison BMS
AD 02 Neuve-Maison monographie communale établie par l'instituteur en 1884
Gallica extrait revue Sté historique de Vervins et Thiérache
Geneanet indices d'arbres et document déposé par le généanaute pseudo fauxbaton1



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Incroyable d'avoir retrouvé ce document !
RépondreSupprimeroh oui en effet, merci Catherine
SupprimerTouchant parcours de Louise et quelle belle opportunité d’avoir croisé ce document inédit pour moi 🤗
RépondreSupprimerEtonnant document. Comme tu as dû être surprise de le dénicher !
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