Quelques lignes pour sortir de l’oubli Marie Anne ARNOUX, une lointaine grand-tante, et son époux François BATARRE qui ont vécu dans la Drôme. Marie Anne aussi dite Marie nait à Montmeyran en 1811 au foyer de Jacques ARNOUX cultivateur et Marianne SAVOYE mes ancêtres.
Avant-dernière d’une fratrie de
sept enfants dont les trois premiers ont très peu vécu, elle grandit dans un prospère
village de plaine de 1800 habitants à l’activité agricole et aux foires animées.
Au fil des recensements de
Montmeyran, Marie Anne apparaît au hameau des Dorelons avec ses parents et une
sœur cadette Marie dite Marianne (oui désolée de ce micmac) puis avec son frère
Jacques célibataire.
Si son frère Pierre ARNOUX a
fondé un foyer avec Catherine SAYN en 1836, Marie la cadette a convolé en 1842
avec Jean Antoine BARBIER.
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| Gallica Plan axé sur Montmeyran et Combovin |
L’héroïne du jour Marie Anne
l’ainée, blonde ou brune, avenante ou pas, sans dot a priori, ayant perdu ses
parents, résignée à se caser à tout prix prend le chemin de la mairie de
Montmeyran le 26 novembre 1847.
L’heureux élu, ou "embobineur" François BATARRE, cultivateur à Combovin, affiche 26 printemps au compteur et
accepte une future qui avoue 36 années déjà. Enfin ils sont tous deux
protestants, un point commun.
Le village de Combovin de 830 habitants, à
dominante agricole et forestière, localisé au pied du Vercors, s’étend sur les
premiers plateaux du massif, avec un point culminant dépassant 900 mètres. Trois rivières prennent leur source sur ce
territoire, sillonnent dans des combes étroites avant de se rejoindre à l’entrée du
village.
Pour ma lointaine grand-tante
Marie Anne démarre une nouvelle vie à Combovin, dans la famille BATARRE au
hameau des Batarres, juste 4-5 bâtisses isolées en pleine nature, à deux pas du
ravin et du sentier des Batarres…
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| AD 26 Combovin plan 1937 extrait |
Le centre bourg se situe à 20 minutes à pied, des ruelles tortueuses aux maisons de pierre, la nouvelle mariée n’a pas eu beaucoup de temps pour y flâner.
Marie Anne a de quoi faire pour satisfaire deux hommes : son époux et son beau-père veuf et cultivateur aussi, ménage, cuisine, basse-cour, chèvres à traire, travaux aux champs. Je la pense isolée, silencieuse, résignée, puis épuisée.
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| AD 26 Combovin recensement 1861 |
Les recensements de Combovin mentionnent le trio Jean-Pierre BATARRE le père, François le fils et Marie Anne la belle-fille dite ménagère. Une maison sans cris d’enfants, remplie de silence, et de fatigue, les journées sont si longues pour tous, dures.
Un jour d’hiver Marie Anne ne s’est pas levée, elle s’est éteinte à deux heures du soir le 6 janvier 1864 dite avoir 50 ans. Difficile de savoir si son frère Pierre ARNOUX mon ancêtre a été informé de son mauvais état de santé et pu assister à son inhumation compte tenu de la mauvaise saison.
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| AD 26 Combovin recensement 1872 |
François BATARRE désormais veuf, figure tout seul au recensement de 1866 en tant que cultivateur près du village, en 1872 il est mentionné revendeur, synonyme de brocanteur, cherchant à acheter des vieux effets ou objets pour les revendre, et finalement mendiant en 1876.
Ce lointain collatéral décède à 55 ans dans sa maison le 3 mars 1877 qualifié de mendiant, son frère ainé déclare sa disparition au maire de Combovin.
Silence et poussière, chape de l'oubli, jusqu’à ce qu'une apprentie généalogiste farfouille dans des registres et perde du temps.
Retrouver cette famille
Sources
AD 26 Montmeyran et Combovin
Etat-civil et recensements