samedi 8 février 2020

La frousse du postillon

C’est juste un petit entrefilet dans la presse du 1er février 1877 sur un fait divers dans un coin habité par mes ancêtres de la Drôme, je ne sais s’ils en ont eu connaissance, mais les commentaires ont pu aller bon train dans les cafés de Montmeyran. 

Gallica Monnier Henry

« La voiture qui fait le service du courrier entre Montmeyran et Valence a brûlé au beau milieu de la route. Le feu avait pris à l’intérieur, sans que l’on sache comment, cet intérieur étant complètement vide. 


Quelque dame avait-elle oublié un charbon de sa chaufferette ? Quelque gamin grimpé sur le marchepied y avait-il laissé tomber une allumette ? C’est ce qu’il sera impossible de découvrir. 

Toujours est-il que le conducteur qui marchait contre le vent, s’aperçut tout à coup qu’il voiturait un torrent de flammes. Peindre sa surprise serait inutile. Il n’eut que le temps de descendre, de sauver les dépêches et de dételer son cheval, abandonnant sur la route, comme une épave, son véhicule que les flammes achevèrent de dévorer. 

Ce jour-là, le courrier de Montmeyran fit son entrée à Valence comme les postillons du bon vieux temps ». 


Quel bel exemple de courrier – homme qui autrefois portait les lettres - esclave de son devoir et conscience professionnelle oblige, il termina à cheval comme ses prédécesseurs. 

Le soupçon de distraction de la gent féminine avec une chaufferette me plaît moins. 

Pour tout savoir sur cet objet portatif suranné de la fin du 19ème siècle, il suffit de se plonger dans la Revue des Nouveautés. 

Dans un numéro de 1890 elle vante avec force détails : La chaufferette à veilleuse, à huile inversable, système J. Février. Elle insiste sur le fonctionnement du nouveau modèle portatif pour le dehors, lequel sera très apprécié par les personnes qui se rendent dans des réunions ou conférences, à l’église ou à la promenade, etc … 

Le dessin ci-contre représente la chaufferette ouverte, la plaque de cuivre est relevée pour montrer la position pendant le transport. 


La chaufferette est aussi aisée à la main qu’un petit sac de dame, elle ne mesure que 20 centimètres de longueur, 14 centimètres de largeur et 8 de hauteur. Pour les personnes que le désireront, une housse élégante, spécialement fabriquée en velours de couleur, leur sera fournie, afin qu’elles puissent à leur gré couvrir leur chaufferette. Ce qui se fait facilement sans avoir à éteindre la veilleuse. 

Peut-être une de vos aïeules avait-elle cet objet de confort pour ses voyages, ou l’église, à moins que couturière, ou dame de comptoir elle ait opté pour une chaufferette forme tabouret ? 






Sources
Source Rétronews Le Rappel 1er février 1877
Gallica La revue des nouveautés n°7- octobre 1890

2 commentaires:

  1. J'adore ces anecdotes ! Le pauvre postillon s'en est bien tiré, la fin aurait tout aussi bien pu être tragique...

    RépondreSupprimer
  2. Heureusement tout est bien qui finit bien ! J'imagine la tête du portillon... cette anecdote est digne d'une scène de film!

    RépondreSupprimer