samedi 27 juin 2020

Une petite soeur pour Jeanne

Jour d’été le 27 juin 1666, effervescence au foyer de Jean-Baptiste Montaz-Rosset et de Jeanne Ravoire mes ancêtres, une petite fille Claudine vient de pousser son premier cri, sixième enfant du couple ancré en Savoie à Montpascal. 



Jeanne mon aïeule du haut de ses six ans regarde la petiote dans les bras de sa marraine Claudine épouse de Maître Vincent Bonivard, tandis que le père accueille le parrain François Granier. 

On partit pour l’église afin que la nouvelle-née reçoive le sacrement du baptême. 

La mère se portait bien et eut deux autres enfants. 

Claudine ma lointaine collatérale se portait bien, grandit au bon air, se maria âgée de seize ans avec Jean-Louis Tronel et s’installa à Montvernier paroisse toute proche.


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Evénement écrit pour répondre à l’invitation de GeneaTech dans le cadre du premier SalonVirtuelDeLaGénéalogie du 27 juin 2020. 

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Jean-Baptiste Montaz-Rosset ca 1625-1684 Sosa 3070
x 15/07/1650 à Montpascal
Jeanne Ravoire  1635-1720  Sosa 3071 fille de Pierre

8 enfants
- Louise 1652-1723 x Esprit Albrieu
- Simon 1655-1700 x Marie Crosaz-Blanc
- Jacques 1657
- Jeanne ca 1600-1733 Sosa 1535 x André Durieu-Trolliet Sosa 1534
- Dominique 1663-1709 x Hughes Gallix
- Claudine 1666-1701 x Jean-Louis Tronel 
- Claudie 1670 
- Rémi 1672-1757 x Benoîte Tronel


Retrouver cette famille 
Qui est la mère de Jeanne
La maison d'André Durieu-Trolliet
Et la vie continua pour Jeanne


Sources 
AD 73 BMS Montpascal et Montvernier

jeudi 25 juin 2020

Un si lointain mariage en 1623

Cette année là naissait Blaise Pascal à Clermont en Auvergne futur mathématicien, philosophe et moraliste, de même s’éteignait William Byrd compositeur et organiste anglais. 

Cette année là le Roi Louis XIII régnait sur le Royaume de France, tandis que les Etats de Savoie étaient gouvernés par Charles-Emmanuel de Savoie : un petit-fils du Roi François Ier. 

Cette année là se déroulait le plus ancien mariage de mes ancêtres au Bourget dans un petit village de Maurienne en Savoie : le dimanche 25 juin 1623 s’unissaient en face de Notre Sainte-Mère l’Eglise Marguerite Parmier fille d’Etienne et Jacques Buisson fils de Jacques. 



Voici presque quatre siècles, Marguerite et Jacques avaient comme témoins Egrège Antoine Magistri, Jean Girard et Claude Charvoz. Elle, dont la mère se prénommait Pernette, avait une sœur cadette, lui dont le nom de la mère est inconnu aurait trois frères et sœur mariés. 

Ces ancêtres à la 12ème génération échapperont à l’épidémie de peste de 1630, et eurent au moins 6 enfants dont 2 auront une lignée. 

Marguerite mère de Pierre Buisson, grand-mère de Constance Buisson et arrière-grand-mère de Jean-Baptiste Parmier le bâtier, c’est tout simple à énoncer semble-t-il ! Mais sachez Marguerite et Jacques que je ne serais jamais arrivée jusqu’à vous sans les recherches d’autres passionnés de leurs racines. 

© Photos Ville de Villarodin-Bourget 

Ma petite touche personnelle, vous imaginez recueillis dans la fort ancienne Chapelle Sainte-Marguerite d’Amodon un hameau situé au-dessus du village où votre fils Pierre avait des terres. Une chapelle d’alpage, avec une simple nef où des fresques médiévales dans l’abside en cul de four, témoignent de la ferveur de l’époque : vous me l’avez fait découvrir en remontant le temps jusqu’en 1623. 


Retrouver Jean-Baptiste Parmier


Sources 
AD 73 Villarodin-Bourget RC vue 15
Famille Généanet 

samedi 20 juin 2020

Prix fait pour un mulet

Abandonner le registre des yeux, porter mon regard ailleurs, trouver le ciel, des montagnes, reconnaître les rochers de l’Esseillon – sans leurs forts – me voilà donc en Maurienne terre de Savoie. Air vif et tonifiant avec l’altitude. 

Entre les mains en guise de pense-bête, un extrait d’un acte de notaire qui fut enregistré en 1699 par le tabellion : destination de mon rendez-vous ancestral de ce mois dans le village du Bourget. 

Paroisse accrochée à la pente, chemin avec une descente à je ne sais quel pourcentage, je me retrouve vêtue de tons bruns et écru à la mode du temps, accostée par un autochtone. Quasi obligée de révéler que je cherche la maison du notaire du lieu Maître Geoffrey Magistri un de mes ancêtres. 

Je vous conduis mais il a du monde en ce moment dans sa banche, il travaille. 

L’homme me laisse sur le porche, était-il Dominique Parmier le bâtier mon aïeul ? 
Quelqu’un me pousse à l’intérieur. 



« L’an mille six cent nonante neuf et le vingt-quatre octobre par devant moi notaire et témoins en fin nommés s’est établi en personne honnête Jean-François Charvoz feu Jean-Baptiste du Bourget lequel de son plein gré pour lui et les siens confesse, promet devoir payer à honnête François Charvoz feu Barthélemy ici présent et acceptant pour lui et les siens, la somme de deux cent soixante florins monnaie de Savoie et c’est pour le prix non payé de la vente d’un mulet poil rubis. » 

Après avoir ouï ce préambule d’une obligation en faveur de François Charvoz, le notaire royal et collègié, Me Magistri note que Jean-François Charvoz le débiteur confesse et promet de payer le tiers de la somme dans 6 mois, l’autre tiers 4 mois après le premier terme, et le dernier tiers 4 mois après le second terme. 

Tiens donc un paiement échelonné sur plus d’une année, dont le premier versement débute un semestre après la vente de l’animal, un achat à crédit avec un aménagement dans le temps. Pour une bête résistante au poids du bât et de sa charge, il est plausible que ce prix soit justifié. 

« A peine de tous dépens, dommages et intérêts » ajoute le notaire étant entendu que les parties s’engagent pour leur personne et leurs biens présents et à venir jusqu'au complet paiement. Ah, les formules locales et ancestrales. Il me faudrait un petit stage. 

Me Magistri invite les parties à signer ainsi que les deux témoins Jean Bremond son gendre et Jean Magistri un parent sûrement. Voilà l’affaire est conclue, enfin tout est notifié pour que la vente se déroule dans les meilleures conditions. 

Soudain les protagonistes s’ébranlent et des regards pointent sur ma modeste personne tapie sur le chambranle de la porte. 

C’est à quel sujet m’interpelle mon aïeul le notaire ? 

Hésitant à postuler pour une tâche de secrétariat qui me permettrait de lorgner dans les paperasses de Me Magistri, je réponds platement vouloir être conseillée pour un testament. 

Vous comprendrez à ce stade que nos propos restent privés.


  En lien avec le sujet le savoir-faire du bâtier

Nota bene 
- La banche est l'appellation de l'étude du notaire jusqu'au 18ème siècle, qui rappelle le banc ou l'étal des marchands  
- le notaire collègié a fait des études dans un collège de droit 
- En 1694 un florin représente une journée de travail, d'un ouvrier ou d'un artisan a priori

Source 
AD 73 Tabellion Termignon 1699 2C 2321 vue 471


samedi 13 juin 2020

Pierre Bonnet le nominé de 2020

Alors quoi, je ne suis pas assez bien moi, Pierre Bonnet, pour être mis en lumière, pourtant je suis ton Sosa 2020, ton ancêtre héros de l’année 2020 ! Quoi cette année, elle a quelque chose de particulier ? 

Explique-leur comment tu es arrivé jusqu’à moi habitant du terroir de Montmeyran en Dauphiné. 

Pixabay 

Honneur aux dames d’abord sur les premières marches Maman, Mamie IsabelleNoémie Lagier, Elisabeth Métifiot, épouse de Daniel LagierCatherine Masserole.

Ensuite on bifurque sur la gauche avec deux autres marches pour les messieurs Claude Masserole, son père François Masserole dont la mère est Judith Bonnet, et on débouche sur votre fils Jacques Bonnet votre fils et vous-même Pierre. 

C’est en toquant à une vieille porte imaginaire, que je vous ai déniché tout en haut d’une branche de mon arbre. Vous étiez présent lors de la signature du contrat de mariage de votre fils Jacques avec Eve Imbert en 1680, tout comme à celui de votre fille Marie avec Jacques Escoffier un cardeur. 

Judith Bonnet est la seule petite-fille que je vous connaisse, née le 24 janvier 1681 à Montmeyran, elle fut baptisée par le Pasteur de Beaumont âgée de 15 jours. 

De même vos enfants, 4 a priori, reçurent le baptême à Beaumont bien que nés à Montmeyran, à cette occasion le prénom de votre père Moïse Bonnet y figure, précieux indice grapillé. 

Loin de moi, l’idée de faire l’impasse sur votre épouse Gérentonne Allier : une des 6 enfants de Gonon Allier et Anne Roche eux baptisés à l’Eglise de Montmeyran. 

Gérentonne Allier dont le très rare et ancien prénom m’a conduit à noble Gérentonne de Poitiers mariée à Montélimar à noble et puissant Eynard seigneur de Vachères et co-seigneur de Montclar. 

Dites-moi Pierre Bonnet vous devez connaître Vachères c’est juste à côté de chez vous ! Etiez-vous travailleur de terre ou tisserand ? Pas de réponse, Pierre souhaite que je me cantonne au sujet : le Sosa 2020. 

Alors je suis uniquement ton ancêtre avec le numéro 2020 ? 

Oh non sont aussi concernés certains de mes cousins comme la maman de mon filleul et ses frères qui eux ont grandi dans votre village ! 

Permettez que je souffle à la jeune pousse de février 2019 que vous êtes son Sosa 4580, et que je murmure à la jeune pousse de novembre dernier que vous portez le numéro 13284.

Et puis rassurez-vous, vous êtes aussi l’ancêtre de bien d’autres personnes !


Pierre Bonnet Sosa 2020 ca 1615->1688
 fils de Moïse Bonnet Sosa 4040
x ca 1637 avec Gerentonne Allier Sosa 2021
fille de Gonon Allier Sosa 4042 et de Anne Roche Sosa 4043

dont Pierre Bonnet Sosa 1010 1645-1724 
x 1680 avec Eve Imbert Sosa 1011 1654-1727

dont Judith Bonnet Sosa 505 1681->1750
x 1713 avec François Masserole Sosa 504 1677-1755



Thème du Sosa 2019 suggéré par la Fédération Française de Généalogie 

Sources 
AD 26 BMS Montmeyran 
Beaumont les Valence
Relevés EGDA

dimanche 31 mai 2020

Le savoir-faire du bâtier

Allez en piste pour découvrir le savoir-faire de Jean-Baptiste Parmier à l’occasion du généathème de mai suggéré par Sophie de la Gazette des Ancêtres sur les métiers d’arts, et merci au passage au notaire qui a mentionné sa profession ! Cet ancêtre à la 9ème génération était bâtier en Haute Maurienne en Savoie dans le village du Bourget, tout comme son père Dominique Parmier dit maître-bastier et peut-être son grand-père. 

Jean-Baptiste fils aîné de Dominique Parmier et Constance Buisson est baptisé dans l’église du Bourget le 1er juillet 1683, où ses parents s’étaient mariés en 1678, il grandit avec ses frères Martin et Barthélemy, et ses sœurs Marguerite, Anne-Marie et Dominique. A chaque union de la fratrie, le notaire est convoqué par Dominique le père : de la lecture en perspective. 

Jean-Baptiste, jeune veuf d’Anastasie Charvoz, s’est remarié en 1711 avec Marie Ratel mon ancêtre et la signature du contrat a fait l’objet d’un précédent billet : plusieurs robes pour Marie Ratel 



Dans ce village à plus de 1100 mètres d’altitude, et cette vallée de montagne sur la route du Mont-Cenis, mon ancêtre exerçait un très ancien métier nécessitant doigté et minutie pour équiper un animal de trait : âne ou mulet voire cheval parfois. 

En tentant de cerner le savoir-faire de Jean-Baptiste Parmier, j’ai découvert la diversité des bâts dits : à boutonner, français ou à fausses-gouttières, d’Auvergne ou de mulet ! Pas moins … 

Traditionnellement fabriqué en bois, le bât est monté sur deux arçons dont la forme épouse le dos de l'animal qui est protégé par deux coussins de paille entourés de toile. Le bât est fixé grâce à une sangle de cuir ajustable serrée sous son ventre . Deux autres sangles passant sous la queue et le cou servent à éviter le glissement du bât et de la charge vers l'avant ou l'arrière.

La dimension du bât doit s'adapter de façon précise au dos de l'animal et en fait chaque animal a son bât particulier, souvent non interchangeable, pour ne pas créer de plaie. De même l'angle d'ouverture, la précision du sanglage, le dispositif de matelassage sont destinés à éviter les blessures par frottement. 



Dans la pièce qui lui sert d’atelier, il détient comme matériaux principaux des peaux de mouton et de veau, des cuirs provenant du village voisin d’Avrieux, de la toile forte tissée dans les alentours. Il a des bourres pour matelasser certaines pièces de paille de seigle ou de bourre de mouton « dite blanche » enlevée par les tanneurs sur les peaux qu’ils vont apprêter, et évidemment du bois matière de base du bât ou les attelles du collier. 

De même, il a disposé dans des paniers, ou des boites en sapin, divers matériaux secondaires : du crin, de la laine en gros écheveaux, du fil gros, du fil blanc, de la ficelle, des clous de différentes sortes produits plus bas dans la vallée, des boucles pour les mors, et aussi de la colle. 

Tout bâtier qui se respecte veille à garder son atelier sec et bien aéré, en renouvelant l’air en raison des odeurs des bourres et des cuirs, et en s’éclairant avec une lampe – un créju ici en Savoie  – et non pas avec des chandelles à cause de la paille employée. 

Dans les outils spécifiques, il convient d’avoir sous la main des pinces de bois dont les mâchoires tiennent les peaux lors de la confection des coutures avec des aiguilles dénommées alènes, des couteaux à pied pour couper le cuir, des rembourroirs, marteaux ou poinçons et bien d’autres outils mystérieux pour tout quidam du vingt-et-unième siècle. 

Dans l’atelier, posés sur le sol : une forme composée de deux gros morceaux de bois qui sert pour les harnais communs, et un billot, sans oublier une table. 

Loin de moi l’idée, et l’aptitude à détailler l’art du bâtier-bourrelier : seul un long apprentissage permet de maîtriser toutes étapes de la confection d’un bât et ses accessoires ainsi que sa finition. Couper les peaux pour faire le collier, préparer des bandes de cuir pour faire des courroies, percer des trous avec une alène, préparer le fil qui est ciré avec de la poix, maîtriser les différents points pour que les peaux soient piquées correctement, sans négliger les modalités de rembourrage, 

Ce fût une découverte lorsque je me suis plongée – et un peu perdue – dans le métier de Jean-Baptiste Parmier qui œuvrait pour des marchands, deux d’entre eux furent témoins lors de la signature de son contrat de mariage. Pour ces marchands il convenait de prévoir une selle confortable mais aussi un solide dispositif pour permettre le port de lourdes charge – ballots ou malles – lié au commerce muletier. 

Fabrication certes, mais aussi réparations de certains éléments du bât, et dépannages de voyageurs car les routes étroites, caillouteuses et pentues mettaient à mal le matériel et les hommes ! 

Modeste ébauche d’un métier qui nécessite un long apprentissage, l’amour du travail bien fait, de l’organisation, de la précision pour ajuster en fonction du gabarit de l’animal, et des souhaits et besoins du client. Je ne sais si au détour d’un registre du Tabellion de Savoie on peut croiser un acquis pour prix fait… 

 
En lien avec le sujet ce billePrix fait pour un mulet


Sources 
CNUM Conservatoire Numérique des Arts et Métiers 

samedi 16 mai 2020

Sur le chemin de Charmaix

Eveillée ou en songe, peu importe lorsqu’on remonte le temps pour rencontrer ses ancêtres. Sur le chemin de Charmaix je dois me rendre en ce mois de mai 1858, et en Savoie je suis avec les proches de François-Benjamin Eard et son épouse Marie-Marguerite Long. Cette dernière, après moultes réticences et recommandations, a toléré que trois de ses filles m’accompagnent après avoir exigé que je me dote d’une coiffe d’emprunt. 

Avec moi Marie-Adélaïde récemment mariée, Marie-Rose mon aïeule de 24 printemps, et aussi Marie-Sylvie bien jeunette, toutes quatre comme tout pèlerin, nous allons emprunter à pied le chemin des oratoires jusqu’à la Chapelle de Charmaix. 

- Normalement c’est le 8 septembre que les pèlerins prennent ce chemin pour la procession solennelle, jour de la Nativité de la Vierge : assène l’aînée ! 

Après avoir laissé l’église de l’Assomption, et pris la direction du Pâquier, première chapelle et premier oratoire, je lorgne là-haut la montagne du Charmaix à plusieurs lieues de Modane, vaguement inquiète de l’ascension qui m’attend. 

Modane Le Pâquier - Delcampe
- Comme vous n’avez pas l’habitude, on va prendre notre temps pour monter, formule doctement Marie-Adélaïde. Tout au long du trajet s’élèvent des oratoires, liés au mystère du Rosaire, je vous expliquerai. 

Sentier pierreux, qui zigzague pour tenir compte de la pente, forêt de sapins et de mélèzes aux branches entrelacées, Marie-Rose mon ancêtre me donne le bras lorsque le chemin s’élargit, écarte des branches, tandis que la cadette prend de l’avance. 

L’aînée veille à mon instruction : le 3ème oratoire Botonnier est celui de la Nativité, suivi de ceux du champ des pins, et de l’entrée des bois. Les appellations me plaisent comme Fongelune, l’oratoire dit "du lacet 6" donne l’occasion de nous recueillir et surtout de reprendre souffle et d’admirer le paysage. 

Air doux et pur, odeur des arbres, tapis d’épines parfois ou cailloux-pièges à chevilles… 

Curieuse de l’origine de ce pèlerinage de Charmaix à une des vierges noires savoyardes, je m’entends raconter que les habitants de Modane placèrent d’abord la Vierge, protectrice des dangers de la route et des éléments naturels, dans une anfractuosité du rocher, puis ensuite l’abritèrent en construisant une chapelle. 

Marie-Rose la réservée m’a relaté « que François fils de Pierre Bertrand de Modane éprouva d’une manière particulière la protection bienveillante de Marie. Depuis l’âge de cinq ans jusqu’à douze, époque de sa guérison merveilleuse, il était non seulement boiteux, et ayant les pieds tordus, mais il était tellement faible des jambes qu’il ne pouvait faire un pas sans être appuyé sur deux béquilles. 

Un jour son oncle lui dit d’aller à la montagne du Charmaix et en passant devant la chapelle de Notre-Dame de jeter ses béquilles dans le sanctuaire et les offrir à la Sainte-Vierge et de les garder auprès d’elle, et dès lors sans secours il se dresse, fort et vigoureux, se met à marcher sans peine et va retrouver sa mère dans les champs, il vécut jusqu’à 66 ans. » 

Après une constante montée et marche de près de deux heures, arrivée à hauteur du 13ème oratoire, je suis frappée par un bruit sourd et lointain difficile à définir. Soudain à un brusque détour j’aperçois dans une gorge étroite et profonde une chapelle audacieusement suspendue à la paroi quasi perpendiculaire de la montagne. 

Chapelle du Charmaix  © OT Haute Maurienne-Vanoise 
Muette, figée à découvrir ce site, ce lieu de recueillement avec en soutien Marie-Rose Eard, une aïeule invisible et présente à la fois, comme tant d’autres ombres et feuilles de mon arbre ancestral. 

Le bruit est celui de l’impétueux torrent dont le lit accidenté précipite ses eaux en de nombreuses cascades, un solide pont de pierre comme suspendu à la cime de deux rochers qui servent d’appui permet à notre quatuor de passer sur la rive opposée et d’approcher la chapelle de Notre-Dame de Charmaix incrustée dans le flanc de la montagne. 

Ce modeste édifice comporte une galerie en bois, et une sorte de porche-narthex assez spacieux pour accueillir des pèlerins, l’entrée du sanctuaire est fermée par une grille. Marie-Rose m’invite à pénétrer dans la chapelle dont l’autel est composé de colonnes torses et d’ornements en bois sculptés et dorés. 

- Regarde là sur le piédestal c’est la statue miraculeuse de la Sainte Vierge qui tient notre Sauveur, observe la fine chape dorée et les têtes surmontées de couronnes aussi dorées, me chuchote encore Marie-Rose. 

Ses sœurs m’observent à la dérobée, il faut avouer que je me suis bornée à joindre les mains, ma façon de me concentrer, de me recueillir en quelque sorte. 

Touchante statue de Marie qui est l’œuvre d’un artiste local, de 45 centimètres environ, travaillée dans l’albâtre roche claire et transparente et peinte jusqu’à mi-corps en noir tandis que l’Enfant est entièrement noir. 

Mes « parentes » ne peuvent me révéler ce qui est caché par la chape, me souligner que la Vierge porte l’enfant Jésus sur le bras gauche presque à hauteur d’épaule et que ce dernier tient dans sa main une boule représentant le globe terrestre. 

Elles ne savent peut-être pas que la Vierge, sous cette chape, a le bras droit replié sur sa poitrine et tient un petit miroir à l’énigmatique symbolique : représente-t-il la pureté et la fidélité de l’amour ? Pas si anodine cette statue. 

- Comment sais-tu ? murmure Marie-Rose.

Et si dans ce lieu mystérieux, nos pensées parvenaient jusqu’à nos ancêtres ? 

Dans un site sauvage, où rugit un torrent au fond d’une gorge profonde, après avoir cheminé jusqu’à Charmaix, à la croisée de la généalogie, des croyances, de l’histoire, de l’art … 



Pour aller plus loin
Site du Sanctuaire de Charmaix



mercredi 29 avril 2020

François-Benjamin Eard un savoyard Acte III


Une vie en 30 questions au fil des jours du mois d'avril pour le généathème d'avril 2020, et dernière ligne droite des réponses de François-Benjamin Eard un de mes ancêtres savoyards ancré en Maurienne. 




Autour de lui deux soeurs, et un frère qui s'est marié et dont les neveux et nièces ne me sont pas encore connus. Certains liens familiaux existaient puisque l'épouse de François-Benjamin est une cousine germaine.



A farfouiller dans les registres paroissiaux de Modane, et les actes notariés du 18ème siècle,  voilà les 8 arrière-arrière-grands-parents de mon aïeul enfin débusqués. 





François-Benjamin, catholique comme tous ses proches, semble avoir eu un notaire attitré dont la consultation des minutes apporteraient des éléments sur sa vie : il n'est pas interdit de rêver. 


Un trombinoscope pour le 27ème jour ? Ne pas s'avouer vaincue : des signatures, plusieurs ! 


Pour la 28ème question, une approche pour les repas : 




Mes ancêtres vont-ils se fâcher si je révèle que voici 168 ans, le mardi 10 février 1852, leur journée fut particulière. Elle a commencé par le mariage en l'église de l'Assomption de Modane de leur fille aînée Catherine Eard avec Benjamin Clappier agricole fils Pierre-Antoine Clappier et de Marianne Eard (!).

Bon une cérémonie, a priori le matin, rien de particulier sinon une parenté, sauf que le même jour - si si - dans le registre des baptêmes cette fois, une toute-petite Marie-Adeline Clappier née à six heures est baptisée à sept heures. Elle est tenue sur les fonts baptismaux par François-Benjamin grand-père maternel et Marianne Eard grand-mère paternelle, première enfant d'un tout récent couple qui ne sera pas la seule. 

Le mariage de ma lointaine collatérale était plus qu'urgent, toutes les péripéties ou tractations antérieures, où l'émotion de la cérémonie ont-elles précipité la naissance ? 


Mais oui, voici déjà la dernière question relative à la vie publique : en fait j'ai déjà répondu avec l'adresse à l'Empereur de la commune de Modane à une époque où mon ancêtre était conseiller, et aussi avec l'interview qu'il m'a concédé sur sa fonction de secrétaire de mairie dans un Rendez-Vous-Ancestral .

Sauf que François-Benjamin m'a fait la surprise d'être donateur en 1862 de la Société du Prince-Impérial des prêts de l'enfance au travail, il est cité conseiller municipal.

Cette oeuvre de bienfaisance fondée sous le Second Empire par l'Impératrice Eugénie se propose de pourvoir assistance aux classes laborieuses par des prêts pour des achats de matériel ou de semences par exemple, à côté de fondateurs ou donateurs, des enfants peuvent être aussi associés moyennant une cotisation symbolique. Selon sa fondatrice "c'est l'avenir qui prête au passé". Merci Wikipédia !




Challenge particulier au fil des jours d'un mois confiné au temps incertain, selon une trame suggérée,  qui m'a incitée à vous présenter une "version François-Benjamin" de la généalogie dans tous ses états.


Retrouver les 11 premières réponses DANS L'ACTE I
les 10 réponses suivantes DANS L'ACTE II