samedi 6 octobre 2018

La consigne de Fontcouverte en 1718

« Il nous est tombé sous les yeux une consigne de tous les habitants de la  paroisse de Fontcouverte en Maurienne pour l’année 1718. C’est un rôle dressé conformément aux édits de l’Intendant général Riccardi. Le total des personnes est de 1427. »
 
Ainsi débute un article de la Société d’Histoire et d’Archéologie de Maurienne déniché sur Gallica - précieuse bibliothèque numérique – en date de 1924 relatif à ce recensement en Savoie. Et à 300 ans d’écart cette fois, compte tenu du ton employé par l'érudit local, j’ai eu l’impression d’avoir rendez-vous avec mes ancêtres et de rencontrer par exemple Claude Rossat et son épouse Antoinette Boisson, ou les parents de cette dernière Antoine Boisson  et  Louise Gilbert-Collet.
 
« Ce n’est pas sans intérêt mêlé d’émotion que nous avons vu défiler devant nous à deux cent ans de distance actuellement, le tout Foncouverte de 1718. Ces hommes et ses femmes, allaient et venaient, comme ceux d’aujourd’hui, arrosant de leurs sueurs les prés et les terres, que possèdent encore leurs descendants. Leur horizon allait comme aujourd’hui de l’Ouillon aux Aiguilles d’Arves, du Mont Charvin au massif de Château-Bourreau. »
 
« Voici Claude qui devise gravement des intérêts de la communauté avec Sébastien et Barthélemy, en attendant l’heure des vêpres. Georges et Sorlin discutent vivement une question d’intérêt privé.
 
Et ce groupe rieur qui s’avance vivement avec l’insouciance de la jeunesse ? Sans doute Antoiniz, Philippaz et Albane, à moins que ce ne soit Gabrielle, Georgiz ou Michelette. Et n’allez pas croire qu’elles ne puissent pas soutenir la comparaison avec celles d’aujourd’hui. Est-ce qu’un soldat de Paris appartenant à l’une des trois compagnies françaises cantonnées dans cette paroisse, n’a pas épousé avant de partir, il y a cinq ans, une fille de Fontcouverte Jeanne Boisson avec la permission du commandant de Mailly ? »

 
« Mais aujourd’hui, le secrétaire de la communauté Jean Gilbert, quoiqu’encore garçon, ne pense seulement pas à regarder s’il y a Michelle. Il est tout préoccupé de cet état-consigne demandé par l’Intendant général. Il en aura toute une semaine à parcourir tous les villages de la paroisse avec l’honnête Jean-Claude Claraz, l’un des syndics et Antoine Boisson « l’un des apparent et des plus informé du détail de la paroisse.
 
Tiens voilà que je découvre que mon aïeul Antoine Boisson ou Buisson, laboureur de son état, aurait aidé le quidam chargé de la consigne !
 
Puis il lui faudra encore, à lui secrétaire, une autre semaine pour dresser le rôle en deux copies ; et cela au mois de septembre, pendant que les autres font leurs semailles. »
 
« Onze colonnes à remplir :
- une pour les chefs de famille,
- une pour les enfants majeurs de 5 ans,
- une pour les mineurs de 5 ans,
- une pour les enfants encore au berceau,
- une pour les bœufs et les vaches,
- une pour les veaux,
- une pour les brebis, moutons ou chèvres,
- une pour les agneaux et chevreaux qui tètent,
- une pour les cochons
- et une pour le sel,
- et une pour les cabaretiers, boulangers ou revendeurs. »
 
« Pour les cochons c’est zéro de haut en bas. Heureusement que Monsieur l’Intendant n’a pas eu l’idée de faire compter aussi les poules. Pour le sel, il ne s’agit pas de la consommation totale de la famille, mais seulement du sel destiné à la salaison du fromage et de la viande. De la viande, il n’est pas « en coutume d’y tuer et saler aucune viande pour l’usage de la famille, sauf s’il arrive quelque accident ». Des cabaretiers, boulangers, revendeurs, point. »
 
« Mais déjà tout le monde est rentré dans l’église, où le Réverend Curé Jean-Baptiste Favier vient d’entonner le dixit. «

***
 
Un petit éclairage sur les prénoms de ces paroissiens de Fontcouverte est possible grâce au pointage de Jean-Baptiste Albert curé-archiprêtre en 1924:
 
En tête pour les hommes il y a Jean (81) Jean-Baptiste (81) Claude (55) Pierre (55) Louis (41) et également présents Gaspard, Barthélemy, Etienne, Philippe et Sébastien.
Mais on trouve aussi des Catherin  - cas rare d’un nom masculin dérivé du féminin-  Aynard, Colomban, Sorlin et un étrange Murix !
 
En tête pour les femmes il y a Marie (93) Jeanne (70) Françoise (56) Michelle (36) Antoiniz (36) mais aussi des Barbe, Amblarde, Jenette, Jacquemine, et Guigonne.
 
Dans ces prénoms féminins on note des désinences en iz ou az à savoir Antoiniz, Georgiz, Philippaz  qui se retrouvent dans des patronymes comme Claraz. Que dire sur ces désinences, élément variable à la fin d’un mot, sinon qu’elles ne se prononcent pas et que les érudits locaux peinent à trouver leur origine…
 
***
 
Sachez  Monsieur le secrétaire Jean Collet que ce fastidieux travail sur le dénombrement de tous les paroissiens de Fontcouverte n’a pas été inutile, il est précieux pour des curieux « farfouilleurs » d’archives que sont les généalogistes amateurs.


Sources
- Gallica
Revue Société d'Histoire et d'Archéologie de Maurienne 1924 Tome VI 2e partie
- Tableau le dénombrement de Brueghel le jeune (détail) Palais des Beaux-Arts de Lille

samedi 15 septembre 2018

Plusieurs robes pour Marie Ratel

Comme le temps a filé très vite,  me revoici dans le village d’Aussois en Savoie pour  un nouveau Rendez Vous Ancestral avec la famille de Marie RATEL mon Sosa 259. La machine à remonter le temps s’arrête dans ce coin de  montagne un jour de février 1711 ensoleillé, mais glacial. La neige craque sous mes pas, je me dirige vers une maison précédemment repérée.
 
AD 73 carte de 1793
  
A force de penser très fort à Marie, celle-ci sait que je viens, elle a presque 26 ans maintenant et se trouve à l’aube d’une nouvelle vie. Marie m’attend sur le seuil de la porte, me fait signe de la main pour que je me faufile.
 
- Marie où étais-tu ? Oh ce courant d’air glacial !
Tu sais bien qu’il y a tant à faire encore ! Il nous faut pointer tout ton trossel et fardel (1). On doit pouvoir dire sans hésiter et de façon détaillée toutes les pièces, la matière, les couleurs, leur état et ne rien oublier !
 
- Je suis là Mère chuchote la future mariée.
 
Marie-Marguerite LATHOUD  qui vient de rappeler à l’ordre sa fille est veuve de Michel RATEL hélas, et c’est bien du souci une fille à marier et à doter. Elle est tant préoccupée qu’elle ne s’étonne pas de mon intrusion dans la chambre. 
 
Premièrement une robe de femme avec le bas et les manches de bon drap écarlate… là une autre robe comme dessus assez bonne à la mode du pays, une autre robe mi-usée commence par énumérer la mère. 

Gallica - Echantillons de tissus

Une couverte (2) rayée en laine de pays fort bonne presque neuve.
Un linceul à l’aiguille neuf, autre linceul de toile prime (3), autre toile grossière fort bonne
ajoute la fille.
 
Une chemise de femme en toile grossière neuve, plus trois autres chemises en toile prime du pays neuves,
Plus trois paires de souliers de femme neufs, autre paire mi-usée
récite Marie-Marguerite.
 

Une foudelle (4) de laine du pays neuve, deux foudelles de ratine (5) violette neuves, autre foudelle de cadis (6) presque neuve, une violette neuve et une paire de fausses manches de sergette (7) rouge neuve : à ce moment- là je sens que Marie aime les couleurs et les matières de ces longs tabliers qui vont l’accompagner dans son quotidien.
 
Gallica - Echantillons de tissus

 
Une paire de bas tricotés neuve, deux autres paires mi-usées,
Trois toiles prime neuves, autre aussi presque neuve, autre fort bonne, autre moyennement usée,
Deux pattes de col neuves toile du pays, deux pattes de tête de lin neuves.
Deux serviettes presque neuves, deux autres mi usées servant de pattes de col, autre serviette assez bonne, autre patte de col fort bonne, autre toile du pays mi usée.
 
Je n’entends pas toujours tout, je n’ose pas questionner, car entrer ainsi dans le détail du trousseau de mon aïeule est très émouvant. En tout cas elle sera bien chaussée, et les différents tissus choisis devraient la protéger des intempéries et durer longtemps.
 
Marie-Marguerite s’adoucit, prend par l’épaule sa fille plus que nostalgique, et inquiète de quitter sa famille, son village pour une autre paroisse en contre-bas de la vallée dénommée Le Bourget.
 
- Tu sais Marie, c’est une famille honorable que celle de Jean-Baptiste PARMIER fils de Dominique PARMIER tous deux sont bastiers. Bien que veuf ton promis est de ton âge, il est courageux et travailleur.
 
Marie RATEL et les siens partiront la veille de la cérémonie religieuse qui aura lieu dans l’église du Bourget le 16 février 1711.
 
Mariage célébré, mariage consommé,  reste à rédiger et signer le contrat dotal ; je me suis débrouillée pour être présente et me faufile entre les membres de l’assemblée réunie dans la maison de Jean-Baptiste PARMIER.
 
Voilà Maître Georges MAGISTRI notaire du lieu qui débarque  muni de son écritoire portatif, de plumes bien taillées et d’encre évidemment, il se racle la gorge et d’une voix ferme énonce :
 
« Au nom de Dieu, soit l’an mil sept cent et onze, et le dix-septième février comme suit :
Soit que le mariage a été solennisé en face de notre Ste Mère l’Eglise, entre honnête Jean-Baptiste fils d’honnête Dominique Parmier - bastier du Bourget - d’une part, agissant néanmoins ledict époux du bon vouloir et consentement dudict son père, »
 
« Et la Marie fille de feu honnête Michel Ratel d’Aussois, d’autre part, agissant ladicte épouse en la présence, vouloir et consentement dudict sa Mère et d’Etienne Ratel, son oncle et plusieurs autre parents mutuellement assemblés, lesquels parties désirent rédiger par écrit leurs volontés a été procédé comme suit dont aujourd’hui sus écrit par devant moi Notaire et les témoins susnommés »
 
AD 73 Tabellion de Termignon
 
Ils doivent être dûment autorisés les tourtereaux pour convoler, d’autant qu’en Savoie les femmes constituent dot à leur mari pour plus facilement supporter les charges du mariage.
 
En bref, Etienne RATEL l’oncle de Marie et vraisemblablement son tuteur, s’engage à verser la somme de vingt florins (20) monnaie de Savoie au père de Jean-Baptiste PARMIER. Les filles étant exclues de l’héritage paternel, le patrimoine immobilier est réservé aux garçons : Angelin RATEL frère de Marie en l’occurrence.
 
De son côté Dominique PARMIER en qualité de père et légitime administrateur  de son fils, selon la coutume, donne un augment de cent huitante florins (180) monnaie de Savoie à l’épouse présente qui accepte. Cet augment est la propriété des enfants à naître.
 
Je note les sommes peut-être modestes, mais s’agissant de ma première signature d’un contrat dotal, disons que je manque un peu de référence ! D’autant que l’assistant du notaire m’avait laissé entendre que l’augment  correspond à la moitié de la dot, ce qui n’est pas le cas ….
 
Entre-temps Me MAGISTRI, qui écrit très bien, a entrepris de noter toutes les pièces du trossel et fardel de Marie RATEL.
 
Non loin de celle-ci sa sœur Anne qui lui ressemble, et Angelin leur frère et aussi à côté d’Etienne RATEL l’oncle, un homme désigné comme témoin Jean-Baptiste LATHOUD un autre oncle de la mariée.
 
Du côté de l’époux, Dominique PARMIER le père a pressenti comme témoins deux marchands de Modane  : Sébastien NUER et Jean-Baptiste LONG le fils.
 
Le tabellion s’applique à recueillir les signatures de tous ces messieurs, et par là même je découvre que Jean-Baptiste PARMIER et Dominique son père apposent leur paraphe en 1711. Ce n’est pas le cas de Marie et de sa mère.  

Si elle se marie avec un homme du Bourget, ce n'est pas le hasard, car son oncle Etienne a épousé une fille de ce même lieu. A cette époque le mariage est une affaire d'intérêt ou de raison plus que de sentiment.

 
Après avoir été piégée par la généalogie, le Rendez Vous Ancestral, les rets du filet se resserrent avec les insinuations des notaires de Haute-Maurienne auprès du Tabellion de Termignon… il y a tant de matière pour donner corps à nos ancêtres invisibles.
 


N. B.
(1) le trossel correspond aux vêtements et le fardel  aux draps, linceuls, tour de lit etc
(2) la couverte doit être une couverture
(3) la toile prime est une toile fine de chanvre
(4) la foudelle ou fodelle ou foudar  est un tablier
(5) la ratine est une étoffe de laine épaisse cardée
(6) le cadis est une étoffe de laine grossière et solide
(7) la sergette est une petite serge de laine fine et légère


Le baptême de Marie RATEL en 1685  Présence du passé à Aussois

Pour retrouver les billets des blogueurs du RDVAncestral  c'est par là


Sources :
AD 73 BMS Aussois – Bourget
Tabellion de Termignon 1711 2C 2334 vue 62
Généanet
 

samedi 8 septembre 2018

Faire valider ses diplômes en Savoie

Ce n’était pas simple de faire valider ses diplômes, lorsqu’on était étudiant en droit ou en médecine en Savoie, lorsque celle-ci dépendait de Turin, et qu’on ne voulait pas franchir les Alpes.

Il est amusant ce récit d’un certain Antony Desaix paru en 1875 alors que la Savoie a été rattachée à la France. L’auteur démarre le récit vers 1855 lorsque la Savoie dépend du Roi Victor-Emmanuel II de Piémont-Sardaigne, et effectue ensuite un retour en arrière au XVIII ème siècle.

« La Savoie possédait, il y a quelque vingt ans à peine, une école de droit et une école de médecine. Les études s’y faisaient primitivement au complet et l’on pouvait devenir docteur en droit à Chambéry, à la seule condition d’aller soutenir sa thèse devant quelque université de premier ordre. Le gouvernement se montrant assez indifférent sur le choix de la Faculté, et il agréait volontiers les titres acquis à l’étranger sur le même pied que ceux délivrés à l’intérieur.

Aussi les étudiants de Chambéry allaient-ils d’ordinaire prendre leurs grades à Valence, en Dauphiné, et nos avocats savoyards étaient-ils le plus souvent des avocats français.
 

Gallica Château de Chambéry et sa Chapelle J Van den Velde 1820

Plus tard on écorna les cours, et l’on ne laissa subsister à Chambéry que ceux des premières années ; puis on vint à les supprimer tout à fait. Nous ne dirons pas toutes les doléances et toutes les réclamations auxquelles se sont livrés les habitants d’une capitale qui perdait ainsi un de ses plus beaux privilèges. Ce n’était pas du reste, la première fois que Chambéry s’était décrié contre les procédés d’un gouvernement qui petit à petit, dépouillait la capitale du duché en faveur de celle du royaume.

Au commencement du XVIII ème siècle, le roi avait ordonné que les habitants de la Savoie, iraient prendre leurs grades universitaires à Turin. Vous pouvez juger, par le souvenir des mesures analogues prises dans les temps plus récents, de l’effet que produisit alors cette royale prescription.

L’opinion publique s’irrite contre cet assujettissement, et malgré les ordres les plus précis, les étudiants en droit continuaient d’aller se faire graduer à Valence, où disait-on, l’on se montrait moins difficile. Le gouvernement déploya à cet égard une ténacité véritable, mais presque sans succès. Ses rigueurs n’obtinrent pas de meilleurs résultats.

Mais ce que l’autorité du souverain n’avait pu obtenir, une simple pasquinade (1), une farce de carnaval l’opéra. En ces jours renouvelés des saturnales où tout est permis à l’opposition, le gouvernement pensa que lui aussi pouvait bien se permettre quelque chose. Des agents le plus haut placés, les commandants de place, organisèrent la chose avec assez de discrétion, bien entendu, pour qu’on ne pût pas supposer d’où le coup était parti.

On plaça dans un carrosse et l’on promena dans les rues de Chambéry deux petits ânons habillés en avocats avec cette inscription : Le coche part pour Valence. Cette raillerie eut un succès prodigieux ;   on se fit une honte d’aller à Valence, et l’on s’accoutuma à passer les Alpes tête nue pour en revenir avec le bonnet de docteur. »

 
(1) Au départ la pasquinade est un placard satirique que les Romains accrochaient à la statue de Pasquino contre le Pape régnant, c’est ensuite devenu le nom des valets de comédies, puis un ensemble de gestes spectaculaires, des facéties de bouffon.

Sources
Gallica : Antony Desaix Légendes et tradition populaires en Savoie 1875

samedi 18 août 2018

Présence du passé à Aussois

Temps présent celui d'un concert estival dans une église, et temps passé car je suis dans l'église Notre-Dame de l'Assomption  d'Aussois en Savoie, celle de certains de mes ancêtres.
 
Temps présent avec quatre jeunes talentueux musiciens qui jouent le  quatuor opus 59 no 1 de Beethoven. Lors des notes du 3ème mouvement, il devient temps passé à la faveur d'un Rendez-Vous Ancestral.
 
Par un dédoublement je vois les paroissiens, dans ce même lieu, écouter les prêches du curé d’Aussois village de montagne au début du 18ème siècle. Là sont assemblés Angelin RATEL et son épouse Anne, leur fils Michel RATEL marié à  Marie- Marguerite LATHOUD, et aussi Etienne, et bien d’autres répondant aux patronymes Lathoud, Ratel, Gros ou Chardonnet.
 
Eglise d'Aussois - Collection personnelle
 
Si la construction de l’église date pour l’essentiel de 1648, il se dit que la poutre de gloire juste devant le chœur lui est de peu postérieure. Mes ancêtres ont souvent porté leur regard sur cette poutre de gloire en bois sculpté peint et doré, Marie-Madeleine éplorée aux pieds du Christ, entourée de la Vierge Marie et de Saint-Jean et les angelots voletant qui recueillent le sang des plaies du Supplicié.
 
Ils ont pu voir le tableau du retable central de 1673 représentant le couronnement de la Vierge, mais je ne suis pas certaine qu’ils aient tous admiré le décor baroque de colonnes torsadés surmonté de « putti » jouant de la trompette.
 
Tout à coup, je ne suis plus assise au 4ème banc à côté de mes contemporains,  mais debout au début de la nef à proximité des fonts baptismaux.
 
Ce 22 mars 1685, à peine née, le prêtre baptise Marie RATEL Sosa 259 deuxième enfant de Michel et Marie-Marguerite. Nicolas Detienne est le parrain de la petiote, tandis qu’une autre Marie Ratel fille d’un Jean en est la marraine. Celle-ci tient avec vigilance et douceur l’enfant, pendant qu’une  femme remet le petit bonnet de la nouvelle baptisée.
 
Aussois - Collection personnelle
Le parrain devra reprendre le berceau de portage posé sur le sol, de petite dimension il est en bois de mélèze orné de motifs religieux et d’inscriptions. Les parents de la petite Marie tenaient à ce que la coutume soit respectée et que l’enfant soit portée à l’église dans ce berceau dit « de baptême » pour recevoir le sacrement.
 
Restera au parrain à ne pas être distrait le berceau est porté sur l’épaule droite ou l’épaule gauche selon s’il s’agit d’un garçon ou d’une fille… Tout mon petit monde repassera par le vestibule bien pratique en mauvaise saison.

Michel RATEL semble légèrement soucieux, car la première petiote du couple Anne-Marguerite est partie très vite. Petit air en coin de mon ancêtre qui a remarqué une présence étrangère au pays.
 
- Oh vous avez une petite qui a l’air bien vigoureuse, elle grandira entourée des siens, elle aura un frère prénommé Angelin comme son grand-père.

- Comment pouvez-vous le savoir curieuse dame, qui paraissait venir d’un autre temps ?
 
- Votre présent Michel est une partie de mon passé, votre petite Marie est une de mes ancêtres, nous sommes donc parents.
 
Sourcil levé de Michel RATEL, qui passe sa main dans sa barbe, l’air dubitatif cette fois. Mais il lui faut sortir, le parrain a installé le berceau de Marie sur la bonne épaule.
 
Aussois - cliché personnel
Je sursaute au moment du 3ème mouvement du quatuor opus 60 de Mendelssohn, les notes sont comme une invitation à suivre le cortège et à déambuler dans une des quatre rues du village pour rechercher la maison de Michel et de Marie-Marguerite. Si elle se trouve dans la « rue d’en-bas » particulièrement pentue le parrain a du peiner pour remonter avec le berceau, ce sera plus facile pour rentrer.
 
Maisons tassées les unes contre les autres dans ce village de Maurienne sur un plateau à 1500 mètres d’altitude - fort ensoleillé l’été -  mais où le vent souffle de novembre à mars et les longs hivers sont durs et enneigés.
 
Petite Marie tu grandiras et te marieras : ton contrat de mariage en 1711 en est la preuve. Je m'en réserve la lecture complète, et non ce ne sera pas à la chandelle le soir au coin du feu…
 
Le concert s’achève,  voilà le temps passé redevient temps présent, l’air est léger, la soirée est douce, traverser le village pour rejoindre mon logis temporaire et encore regarder les montagnes qui « surveillaient » mes ancêtres.
 
Des petites notes échappées de 4 instruments à cordes et développées par des archets conduits de main de maître, dans un temps présent, dans un lieu d’une partie de mon passé.


Pour retrouver les billets des blogueurs du #RDVAncestral mensuel permettant d'aller à la rencontre de ses ancêtres c'est par
 

mercredi 11 juillet 2018

La généalogie dans tous ses états

Décliner sa généalogie en 30 petites touches avec un tweet par jour tout le mois de juin, une idée nouvelle lancée par Sophie de la Gazette des Ancêtres, qui nous a concocté une liste composée de 30 thèmes parfois inattendus.
 
Embarquée dans ce curieux challenge avec un léger décalage en raison d’une escapade, ce billet reprend mes posts sur Twitter  selon le canevas proposé avec le hashtag #Généalogie30
 
Jour 1 Ma généalogie
C’est la Drôme des collines, la Drôme provençale, l’Aisne vers Laon, mais aussi la Thiérache et également la Savoie avec la vallée de la Maurienne terre de montagnes.
 

 
 
Jour 2  Ma saison préférée
Pour perdre mon temps dans les registres et dans Gallica, il n’y a pas de saison pour ma généalogie, et cheminer dans la nature aux beaux jours c’est aussi être avec tous ces modestes invisibles.
 
Jour3 Signature
De fines signatures de Jean PIOT en 1739 meunier dans l’Aisne comme son fils Charles Antoine PIOT souvent témoin, ou la signature de sa petite-fille Jeanne Suzanne PIOT en 1781 lors de son mariage à Barisis aux Bois.

 
 
Jour 4 Espace de travail
Je m’installe dans le séjour ou émigre dans la chambre-bureau où se trouve l’imprimante, plus des documents papiers que je ne sais pas comment ranger.
 
Jour 5 Tout petit
Un très court patronyme en Maurienne en Savoie : Catherine COT fille de Michel épouse à Modane en mai 1668 André BERNARD fille de Pierre, il y a 350 ans déjà…
 

Jour 6 Une lettre
Un extrait d'une lettres écrite à l’encre violette de ma grand-tante Nésida adressée en 1946 à Maman sa filleule, retrouvée par hasard avec des cartes postales des années 1960
 
 
 
Jour 7 Cigale ou Fourmi
Cigale car je butine, délaisse parfois mes objectifs, par exemple avec le présent exercice.
Fourmi car dès le début j’ai fait une fixation sur les témoins  très utiles pour les recoupements et contourner des absences de filiation.
 
Jour 8 Un arbre
Mes arbres de vie
Mon premier est en Savoie,
Mon second est dans la Drôme : un fils naturel au milieu du 18ème siècle
Mon troisième est dans l’Aisne : une fille naturelle au début du 19ème siècle, et des archives détruites.

 
Jour 9 Ménagerie
Je n’ai pas pensé à mes ancêtres Poulet, ou mes collatéraux Lechat.
A part mon chat en peluche complétement élimé dont j’avais coupé les moustaches, précieux présent de Mamie Isabelle, la ménagerie de mes ancêtres dits travailleur de terre, agricole, laboureur, devait se composer des volatiles de la basse-cour, de chèvres ou moutons, de vaches, bœufs ou mulet !
 
Jour 10 Archives favorites
Elles sont variables selon le département, la branche ou la période. Je navigue entre les registres BMS ou d’état-civil, les recensements, les fiches matricules, les vieilles cartes, et cerise sur le gâteau le Tabellion pour la Savoie.

Jour 11 L’arc en ciel
Lorsqu’on trouve la bonne page, le bon acte,
Lorsqu’on découvre un nouveau patronyme,
Comme mille couleurs, une légèreté, une émotion,
Sans oublier les personnes en tant que telles.
 
Jour 12 Tic-Tac
«  le tic tac des horloges, on dirait des souris qui grignotent le temps » Citation d’Alphonse Allais.
Tic tac qui affole lorsqu’il y a un délai, tic tac qu’on oublie, car en généalogie on perd parfois la notion du temps…
 
Jour 13 Au commencement
Des interrogations sur mes arrières-grands-parents,
Puis un plongeon dans les registres une quinzaine de jours de pluie,
Une ébauche d’arbre sur deux chemises reliées avec du ruban adhésif,
Des fiches word, puis un tableau excel etc etc
Un engrenage et la découverte d’invisibles.
 
Jour 14 Paléographie
Suis-je paléographe ?
Parce que j’ai compris que le gribouillis de l’acte en latin du Curé en Savoie que je tenais pour Denis avec des points d’interrogations, était l’abrégé du prénom Dominique
Ou parce que je ne confonds pas Jean avec Ivan ou Beau ?
Que nenni à mon sens !

Jour 15 Des ruches
Des vraies ruches avec des abeilles, mes ancêtres en avaient-ils ? A défaut de riches vêtements … je ne sais.
Côté signatures, il y a de belles des ruches dans cet acte de mariage de 1681 de mes ancêtres à Saint-Gobain dans l’Aisne.
 

Jour 16  Très grand
Je retiens les 64 années de mariage entre 1808 et 1872 pour Adélaïde VILLE et François-Xavier MERCIER, aïeux figurant dans mes premières découvertes.
Un grand nombre de trouvailles, autant de vérifications, d’étonnements, rêveries, envies, idées.

Jour 17 L’album
Voici un des deux précieux albums de mon arrière-grand-père maternel Jean-Baptiste Adolphe MERCIER. Avec une dizaine de photos seulement, et surtout des cartes postales : sa vie après la guerre de 14-18. Cartes écrites ou muettes, à faire revivre : j'ai commencé avec une carte écrite par une mystérieuse Claire ICI


Jour 18 Cousinage ?
J’ai des pistes sur Généanet repérées lorsqu’il s’agit d’arbre personnel de passionnés.
Sinon « cousiner » me fait penser à l’été, des moments partagés, des goûters, un temps suspendu et quasiment révolu.
 
Jour 19 Côtés outils
J’essaie de faire phosphorer mes neurones, en plus de l’ordinateur, du logiciel Généatique, d’une tablette, avec aussi des documents papiers, surligneurs et feutres couleurs.
 
Jour 20 Insolite
J’ai retenu une page du registre de 1792 d’Origny en Thiérache : c’est la clôture du registre paroissial par le nouveau maire lors du passage à l’état-civil républicain.
 
 
Jour 21 Un document
Ce petit billet est la seule lettre de mon grand-père maternel Emile MERCIER, alors tout jeune papa. Petite lettre qui était jointe au faire-part de la naissance de sa fille adressé à sa belle-sœur Nésida. C’est une redécouverte de ce document à l’occasion de ce challenge.
 

Jour 22 Un nom, un métier
Je retiens Antoine MERCIER 1745-1817,
fils d’Antoine MERCIER clerc laïc et de Marie Marguerite BARBANCON. ICI
Cet Antoine junior était garde-vente dans la forêt de Saint-Gobain dans l’Aisne,
tout comme Louis DAUBENTON un autre ancêtre dont le métier est évoqué dans un billet sur le blog ICI

Jour 23 Autoportrait
Piégée par hasard par la généalogie et la curiosité de connaître mes aïeux.
Etonnée de mes découvertes, charmée, agacée.
Engrenage passionnant qui concerne d’autres chercheurs d’ancêtres apparemment.
 
Jour 24 Temps libre
Nos ancêtres en avaient-ils en dehors d’une sieste, d’une fête de village ou d’une noce ?
En ce qui me concerne avec la généalogie j’ai beaucoup moins de temps libre !
 
Jour 25 Y’a de la joie !
Légèreté des découvertes d’actes et des sentiers semés de petits cailloux par de précédents chercheurs, et d'avoir débuté un blog.
Etonnement des échanges d’autres passionnés, et des pistes pour réveiller sa généalogie.
 
Jour 26 Mes gribouillis
Ils se trouvent dans mes 3 carnets à spirale ; un pour la Drôme, un pour l’Aisne et un pour la Savoie, avec une kyrielle de feuilles insérées ou volantes, des post-it. Cela ne me désespère même plus.
Apparemment d’autres généalogistes ont aussi recours à toutes sortes de pense-bête.
 
Jour 27 Un objet
La nappe du trousseau de mon arrière-grand-mère maternelle Noémie LAGIER brodée avant 1875 de ses initiales NL. Elle épouse dans la Drôme Jean Pierre ARNOUX.
 
 
Jour 28 Une envie folle
Ce serait vers 1911, rencontrer en vrai mes 8 arrières-grands-parents, ils auraient pris le train, et on partagerait un déjeuner sans façon. L’époque correspond avec les fiançailles de mes grands-parents maternel et paternel.
 
Jour 29 Vendredi lecture
Lorsque nos ancêtres réussissaient ailleurs, notamment sur le marché du livre : de l'historienne Michèle JANIN-THIVOS " Marchands Migrants du Briançonnais au XVIIIème siècle". Editions du Tournel.

 
Jour 30 Pourquoi la généalogie ?
Curiosité au début, émotions et interrogations ensuite.
Mes ancêtres m’ont prise par la main et ne veulent plus me lâcher.
Demeure l’envie de continuer à découvrir leur environnement et de les partager : une façon de les respecter.
 
A l’ouverture du blog je disais que la Ronde des Ancêtres était malicieuse…

mercredi 27 juin 2018

Lumière sur Marie-Magdeleine Brebant

Aujourd’hui, pleine lumière sur une lointaine grand-mère Marie-Magdeleine BREBANT à  la 10ème génération, puisqu’à la roulette des ancêtres, j’ai tiré le numéro 389. (1) Une manière comme une autre de dresser un fil de vie d’une invisible aïeule.
 
En route donc, pour la Picardie, et Barisis aux Bois où Marie-Magdeleine BREBANT- première enfant de Pierre BREBANT et de Marguerite LENOIR - est baptisée le 27 mars 1679 à l’âge d’un jour. Seul le nom de son parrain est lisible : un dénommé Jacques CARLIER, sa marraine est victime de la fuite du temps
 
De même l’année précédente le 8 mars 1678, l’acte de mariage de ses parents ne révèle que la filiation de l'épouse à savoir : Jean LENOIR et Nicolle NOYON, le registre usé et écorné ne permet pas de lire la filiation de l'époux.
 
Lointaine Marie-Magdeleine, je te connais un frère Denis et une sœur Marie-Anne, ainsi qu’un cousin Charles BREBANT qui sera témoin à ton mariage le 1er février 1700 alors que tu as 19 ans et que tes parents sont déjà décédés.  Ce jour-là en devenant l’épouse de Pierre JONQUOY bûcheron - fils de Jacques JONQUOY tisserand et de Catherine LECLERC - tu entres dans une famille nombreuse.
 
Gallica -  F Boucher paysanne à la cruche
Ton enfance se déroule sous le règne du roi Louis XIV dit « Roi-Soleil » jusqu’en 1715 et ta vie se prolonge sous celui du roi Louis XV dit « le bien-aimé » enfin pas tant que cela ! Mais les échos du royaume  parvenaient-ils jusqu’à une modeste épouse de bûcheron ?
 
Si je me réfère à un rapport de 1698 de l’Intendant de la Généralité de Soisssons dénommé  Houssaye celle-ci comprenait 246 000 âmes pour le territoire qui correspond à l’Aisne. Pour des villes dont tu as peut-être entendu parler - ou du moins les hommes de ton entourage - La Fère ville militaire avait 1600 âmes et Coucy le Château 800 âmes.
 
Sache que ce même intendant qualifiait ainsi tes congénères «  les habitants ont l’esprit vif et dur, ils sont laborieux et portés au commerce » mais disait aussi «  les habitants des villes ont l’esprit assez vif quoiqu’ils soient paresseux et portés au repos, ceux de la campagne sont plus laborieux » et également jugés « aimant la guerre et bons cavaliers ».
 
Mais bon au cours de ton existence dans le même village,  point n’était besoin pour toi de te référer au rapport dudit Intendant pour savoir que l’exploitation forestière était très importante pour ton pays et ta paroisse entourée par la forêt de Saint-Gobain et de Coucy, hautes futaies de hêtre ou de taillis. Ton époux en tant que bûcheron a côtoyé entre-autre Louis DAUBENTON mon ancêtre garde-vente des coupes de bois dans la forêt.
 
La référence au métier de tisserand de ton beau-père - qui devait donc détenir un métier à tisser - renvoie au travail du chanvre très important à Barisis aux Bois.
 
Marie-Magdeleine, grâce aux petits cailloux semés par d’autres généalogistes, mes modestes recoupements, mais surtout les registres tenus par les prêtres de la paroisse,  je sais  que tu as donné 10 enfants à Pierre JONQUOY bûcheron. Neuf grossesses entre 1701 et 1721, dont des jumeaux, soit un chapelet de prénoms avec 3 petits Pierre, le dernier étant mon ancêtre direct..
 
Tu perds 3 enfants en bas-âge à mon sens, et aussi ta fille Marie-Magdeleine décédée subitement à 27 ans en 1730 d’une crise d’épilepsie, le haut-mal comme on disait autrefois.
 
Mais Marie-Magdeleine au cours de ta longue vie tu as le bonheur de marier 3 de tes filles et 2 de tes garçons entre 1725 et 1750, et même d’assister à l’union de trois de tes petits-enfants, ce n’est pas rien à cette époque. Tu as aussi été arrière-grand-mère, mais les petits êtres sont si fragiles, des petits anges souvent.
 
J’imagine que le prêtre de Barisis aux Bois t’a informé du mariage de ton frère Denis BREBANT en 1713 dans la Meuse à Mouzay avec une fille d’un maréchal des logis (donc un militaire) puisqu’il a  établi un certificat. Celui-ci a fondé par là-bas une branche de ta famille.
 
Gallica - A Legros les bûcherons
Hélas ton époux Pierre JONQUOY décède le 19 juillet 1739 à 62 ans, usé par un dur labeur vraisemblablement. Tu es alors entourée par tes trois fils Pierre JONQUOY mon aïeul, Louis-Jacques et Jean JONQUOY, ainsi que tes gendres Simon MAREST et Jean-Louis BERTON qui tous signent l'acte d’inhumation : de vraies signatures.  Tisserand, bûcheron, clerc séculier aussi, votre famille avait donc la possibilité d’envoyer les enfants à l’école pour un minimum  d’instruction
 
Simple mise en lumière de Marie-Magdeleine BREBANT, une ancêtre du haut de mon arbre, qui quitte les siens le 4 mars 1760 octogénaire à Barisis aux Bois.
 
Le siècle qu’elle quitte est dit Siècle des Lumières où écrivains et penseurs français « les philosophes » Voltaire, Montesquieu ou Diderot se fixent comme objectif de combattre les ténèbres et l’ignorance par la diffusion du savoir et se lancent notamment dans une Encyclopédie.
 


Pierre JONQUOY 1677-1739 Sosa 388
 fils de Jacques et Catherine LECLERC
marié en 1700 à
Marie-Magdeleine BREBANT 1679- 1760 Sosa 389
 fille de Pierre et Jacqueline LENOIR
 
10 enfants
- Marie-Jeanne JONQUOY 1701-1762 ⚭ Simon MAREST
- Marie-Magdeleine JONQUOY 1703-1730
- Pierre JONQUOY 1703- ?
- Marie-Marguerite JONQUOY 1705- ?
- Pierre JONQUOY 1706- ?
- Pierre JONQUOY 1759-1762 Sosa 194 ⚭ Angélique FOSSIER Sosa 195
- Anne JONQUOY 1711- ? ⚭ Jean-Louis BERTON
- Louis-Jacques JONQUOY ca 1715-1753  ⚭ Marie SALOT
- Marie-Anne JONQUOY1717-1756 ⚭ Jean GUERIN ⚭ Jean LEVEQUE
- Jean JONQUOY 1721-1744
 
 

(1) sur l'idée du Généathème de juin
d'un numéro tiré au hasard par le générateur Sosa de Sophie de « la  Gazette des Ancêtres »

Autre portrait d'une ancêtre : Dépoussiérer Marie-Catherine Rossignol

Sources
AD 02 Barisis aux Bois BMS
Généanet