samedi 15 septembre 2018

Plusieurs robes pour Marie Ratel

Comme le temps a filé très vite,  me revoici dans le village d’Aussois en Savoie pour  un nouveau Rendez Vous Ancestral avec la famille de Marie RATEL mon Sosa 259. La machine à remonter le temps s’arrête dans ce coin de  montagne un jour de février 1711 ensoleillé, mais glacial. La neige craque sous mes pas, je me dirige vers une maison précédemment repérée.
 
AD 73 carte de 1793
  
A force de penser très fort à Marie, celle-ci sait que je viens, elle a presque 26 ans maintenant et se trouve à l’aube d’une nouvelle vie. Marie m’attend sur le seuil de la porte, me fait signe de la main pour que je me faufile.
 
- Marie où étais-tu ? Oh ce courant d’air glacial !
Tu sais bien qu’il y a tant à faire encore ! Il nous faut pointer tout ton trossel et fardel (1). On doit pouvoir dire sans hésiter et de façon détaillée toutes les pièces, la matière, les couleurs, leur état et ne rien oublier !
 
- Je suis là Mère chuchote la future mariée.
 
Marie-Marguerite LATHOUD  qui vient de rappeler à l’ordre sa fille est veuve de Michel RATEL hélas, et c’est bien du souci une fille à marier et à doter. Elle est tant préoccupée qu’elle ne s’étonne pas de mon intrusion dans la chambre. 
 
Premièrement une robe de femme avec le bas et les manches de bon drap écarlate… là une autre robe comme dessus assez bonne à la mode du pays, une autre robe mi-usée commence par énumérer la mère. 

Gallica - Echantillons de tissus

Une couverte (2) rayée en laine de pays fort bonne presque neuve.
Un linceul à l’aiguille neuf, autre linceul de toile prime (3), autre toile grossière fort bonne
ajoute la fille.
 
Une chemise de femme en toile grossière neuve, plus trois autres chemises en toile prime du pays neuves,
Plus trois paires de souliers de femme neufs, autre paire mi-usée
récite Marie-Marguerite.
 

Une foudelle (4) de laine du pays neuve, deux foudelles de ratine (5) violette neuves, autre foudelle de cadis (6) presque neuve, une violette neuve et une paire de fausses manches de sergette (7) rouge neuve : à ce moment- là je sens que Marie aime les couleurs et les matières de ces longs tabliers qui vont l’accompagner dans son quotidien.
 
Gallica - Echantillons de tissus

 
Une paire de bas tricotés neuve, deux autres paires mi-usées,
Trois toiles prime neuves, autre aussi presque neuve, autre fort bonne, autre moyennement usée,
Deux pattes de col neuves toile du pays, deux pattes de tête de lin neuves.
Deux serviettes presque neuves, deux autres mi usées servant de pattes de col, autre serviette assez bonne, autre patte de col fort bonne, autre toile du pays mi usée.
 
Je n’entends pas toujours tout, je n’ose pas questionner, car entrer ainsi dans le détail du trousseau de mon aïeule est très émouvant. En tout cas elle sera bien chaussée, et les différents tissus choisis devraient la protéger des intempéries et durer longtemps.
 
Marie-Marguerite s’adoucit, prend par l’épaule sa fille plus que nostalgique, et inquiète de quitter sa famille, son village pour une autre paroisse en contre-bas de la vallée dénommée Le Bourget.
 
- Tu sais Marie, c’est une famille honorable que celle de Jean-Baptiste PARMIER fils de Dominique PARMIER tous deux sont bastiers. Bien que veuf ton promis est de ton âge, il est courageux et travailleur.
 
Marie RATEL et les siens partiront la veille de la cérémonie religieuse qui aura lieu dans l’église du Bourget le 16 février 1711.
 
Mariage célébré, mariage consommé,  reste à rédiger et signer le contrat dotal ; je me suis débrouillée pour être présente et me faufile entre les membres de l’assemblée réunie dans la maison de Jean-Baptiste PARMIER.
 
Voilà Maître Georges MAGISTRI notaire du lieu qui débarque  muni de son écritoire portatif, de plumes bien taillées et d’encre évidemment, il se racle la gorge et d’une voix ferme énonce :
 
« Au nom de Dieu, soit l’an mil sept cent et onze, et le dix-septième février comme suit :
Soit que le mariage a été solennisé en face de notre Ste Mère l’Eglise, entre honnête Jean-Baptiste fils d’honnête Dominique Parmier - bastier du Bourget - d’une part, agissant néanmoins ledict époux du bon vouloir et consentement dudict son père, »
 
« Et la Marie fille de feu honnête Michel Ratel d’Aussois, d’autre part, agissant ladicte épouse en la présence, vouloir et consentement dudict sa Mère et d’Etienne Ratel, son oncle et plusieurs autre parents mutuellement assemblés, lesquels parties désirent rédiger par écrit leurs volontés a été procédé comme suit dont aujourd’hui sus écrit par devant moi Notaire et les témoins susnommés »
 
AD 73 Tabellion de Termignon
 
Ils doivent être dûment autorisés les tourtereaux pour convoler, d’autant qu’en Savoie les femmes constituent dot à leur mari pour plus facilement supporter les charges du mariage.
 
En bref, Etienne RATEL l’oncle de Marie et vraisemblablement son tuteur, s’engage à verser la somme de vingt florins (20) monnaie de Savoie au père de Jean-Baptiste PARMIER. Les filles étant exclues de l’héritage paternel, le patrimoine immobilier est réservé aux garçons : Angelin RATEL frère de Marie en l’occurrence.
 
De son côté Dominique PARMIER en qualité de père et légitime administrateur  de son fils, selon la coutume, donne un augment de cent huitante florins (180) monnaie de Savoie à l’épouse présente qui accepte. Cet augment est la propriété des enfants à naître.
 
Je note les sommes peut-être modestes, mais s’agissant de ma première signature d’un contrat dotal, disons que je manque un peu de référence ! D’autant que l’assistant du notaire m’avait laissé entendre que l’augment  correspond à la moitié de la dot, ce qui n’est pas le cas ….
 
Entre-temps Me MAGISTRI, qui écrit très bien, a entrepris de noter toutes les pièces du trossel et fardel de Marie RATEL.
 
Non loin de celle-ci sa sœur Anne qui lui ressemble, et Angelin leur frère et aussi à côté d’Etienne RATEL l’oncle, un homme désigné comme témoin Jean-Baptiste LATHOUD un autre oncle de la mariée.
 
Du côté de l’époux, Dominique PARMIER le père a pressenti comme témoins deux marchands de Modane  : Sébastien NUER et Jean-Baptiste LONG le fils.
 
Le tabellion s’applique à recueillir les signatures de tous ces messieurs, et par là même je découvre que Jean-Baptiste PARMIER et Dominique son père apposent leur paraphe en 1711. Ce n’est pas le cas de Marie et de sa mère.  

Si elle se marie avec un homme du Bourget, ce n'est pas le hasard, car son oncle Etienne a épousé une fille de ce même lieu. A cette époque le mariage est une affaire d'intérêt ou de raison plus que de sentiment.

 
Après avoir été piégée par la généalogie, le Rendez Vous Ancestral, les rets du filet se resserrent avec les insinuations des notaires de Haute-Maurienne auprès du Tabellion de Termignon… il y a tant de matière pour donner corps à nos ancêtres invisibles.
 


N. B.
(1) le trossel correspond aux vêtements et le fardel  aux draps, linceuls, tour de lit etc
(2) la couverte doit être une couverture
(3) la toile prime est une toile fine de chanvre
(4) la foudelle ou fodelle ou foudar  est un tablier
(5) la ratine est une étoffe de laine épaisse cardée
(6) le cadis est une étoffe de laine grossière et solide
(7) la sergette est une petite serge de laine fine et légère


Le baptême de Marie RATEL en 1685  Présence du passé à Aussois

Pour retrouver les billets des blogueurs du RDVAncestral  c'est par là


Sources :
AD 73 BMS Aussois – Bourget
Tabellion de Termignon 1711 2C 2334 vue 62
Généanet
 

samedi 8 septembre 2018

Faire valider ses diplômes en Savoie

Ce n’était pas simple de faire valider ses diplômes, lorsqu’on était étudiant en droit ou en médecine en Savoie, lorsque celle-ci dépendait de Turin, et qu’on ne voulait pas franchir les Alpes.

Il est amusant ce récit d’un certain Antony Desaix paru en 1875 alors que la Savoie a été rattachée à la France. L’auteur démarre le récit vers 1855 lorsque la Savoie dépend du Roi Victor-Emmanuel II de Piémont-Sardaigne, et effectue ensuite un retour en arrière au XVIII ème siècle.

« La Savoie possédait, il y a quelque vingt ans à peine, une école de droit et une école de médecine. Les études s’y faisaient primitivement au complet et l’on pouvait devenir docteur en droit à Chambéry, à la seule condition d’aller soutenir sa thèse devant quelque université de premier ordre. Le gouvernement se montrant assez indifférent sur le choix de la Faculté, et il agréait volontiers les titres acquis à l’étranger sur le même pied que ceux délivrés à l’intérieur.

Aussi les étudiants de Chambéry allaient-ils d’ordinaire prendre leurs grades à Valence, en Dauphiné, et nos avocats savoyards étaient-ils le plus souvent des avocats français.
 

Gallica Château de Chambéry et sa Chapelle J Van den Velde 1820

Plus tard on écorna les cours, et l’on ne laissa subsister à Chambéry que ceux des premières années ; puis on vint à les supprimer tout à fait. Nous ne dirons pas toutes les doléances et toutes les réclamations auxquelles se sont livrés les habitants d’une capitale qui perdait ainsi un de ses plus beaux privilèges. Ce n’était pas du reste, la première fois que Chambéry s’était décrié contre les procédés d’un gouvernement qui petit à petit, dépouillait la capitale du duché en faveur de celle du royaume.

Au commencement du XVIII ème siècle, le roi avait ordonné que les habitants de la Savoie, iraient prendre leurs grades universitaires à Turin. Vous pouvez juger, par le souvenir des mesures analogues prises dans les temps plus récents, de l’effet que produisit alors cette royale prescription.

L’opinion publique s’irrite contre cet assujettissement, et malgré les ordres les plus précis, les étudiants en droit continuaient d’aller se faire graduer à Valence, où disait-on, l’on se montrait moins difficile. Le gouvernement déploya à cet égard une ténacité véritable, mais presque sans succès. Ses rigueurs n’obtinrent pas de meilleurs résultats.

Mais ce que l’autorité du souverain n’avait pu obtenir, une simple pasquinade (1), une farce de carnaval l’opéra. En ces jours renouvelés des saturnales où tout est permis à l’opposition, le gouvernement pensa que lui aussi pouvait bien se permettre quelque chose. Des agents le plus haut placés, les commandants de place, organisèrent la chose avec assez de discrétion, bien entendu, pour qu’on ne pût pas supposer d’où le coup était parti.

On plaça dans un carrosse et l’on promena dans les rues de Chambéry deux petits ânons habillés en avocats avec cette inscription : Le coche part pour Valence. Cette raillerie eut un succès prodigieux ;   on se fit une honte d’aller à Valence, et l’on s’accoutuma à passer les Alpes tête nue pour en revenir avec le bonnet de docteur. »

 
(1) Au départ la pasquinade est un placard satirique que les Romains accrochaient à la statue de Pasquino contre le Pape régnant, c’est ensuite devenu le nom des valets de comédies, puis un ensemble de gestes spectaculaires, des facéties de bouffon.

Sources
Gallica : Antony Desaix Légendes et tradition populaires en Savoie 1875

samedi 18 août 2018

Présence du passé à Aussois

Temps présent celui d'un concert estival dans une église, et temps passé car je suis dans l'église Notre-Dame de l'Assomption  d'Aussois en Savoie, celle de certains de mes ancêtres.
 
Temps présent avec quatre jeunes talentueux musiciens qui jouent le  quatuor opus 59 no 1 de Beethoven. Lors des notes du 3ème mouvement, il devient temps passé à la faveur d'un Rendez-Vous Ancestral.
 
Par un dédoublement je vois les paroissiens, dans ce même lieu, écouter les prêches du curé d’Aussois village de montagne au début du 18ème siècle. Là sont assemblés Angelin RATEL et son épouse Anne, leur fils Michel RATEL marié à  Marie- Marguerite LATHOUD, et aussi Etienne, et bien d’autres répondant aux patronymes Lathoud, Ratel, Gros ou Chardonnet.
 
Eglise d'Aussois - Collection personnelle
 
Si la construction de l’église date pour l’essentiel de 1648, il se dit que la poutre de gloire juste devant le chœur lui est de peu postérieure. Mes ancêtres ont souvent porté leur regard sur cette poutre de gloire en bois sculpté peint et doré, Marie-Madeleine éplorée aux pieds du Christ, entourée de la Vierge Marie et de Saint-Jean et les angelots voletant qui recueillent le sang des plaies du Supplicié.
 
Ils ont pu voir le tableau du retable central de 1673 représentant le couronnement de la Vierge, mais je ne suis pas certaine qu’ils aient tous admiré le décor baroque de colonnes torsadés surmonté de « putti » jouant de la trompette.
 
Tout à coup, je ne suis plus assise au 4ème banc à côté de mes contemporains,  mais debout au début de la nef à proximité des fonts baptismaux.
 
Ce 22 mars 1685, à peine née, le prêtre baptise Marie RATEL Sosa 259 deuxième enfant de Michel et Marie-Marguerite. Nicolas Detienne est le parrain de la petiote, tandis qu’une autre Marie Ratel fille d’un Jean en est la marraine. Celle-ci tient avec vigilance et douceur l’enfant, pendant qu’une  femme remet le petit bonnet de la nouvelle baptisée.
 
Aussois - Collection personnelle
Le parrain devra reprendre le berceau de portage posé sur le sol, de petite dimension il est en bois de mélèze orné de motifs religieux et d’inscriptions. Les parents de la petite Marie tenaient à ce que la coutume soit respectée et que l’enfant soit portée à l’église dans ce berceau dit « de baptême » pour recevoir le sacrement.
 
Restera au parrain à ne pas être distrait le berceau est porté sur l’épaule droite ou l’épaule gauche selon s’il s’agit d’un garçon ou d’une fille… Tout mon petit monde repassera par le vestibule bien pratique en mauvaise saison.

Michel RATEL semble légèrement soucieux, car la première petiote du couple Anne-Marguerite est partie très vite. Petit air en coin de mon ancêtre qui a remarqué une présence étrangère au pays.
 
- Oh vous avez une petite qui a l’air bien vigoureuse, elle grandira entourée des siens, elle aura un frère prénommé Angelin comme son grand-père.

- Comment pouvez-vous le savoir curieuse dame, qui paraissait venir d’un autre temps ?
 
- Votre présent Michel est une partie de mon passé, votre petite Marie est une de mes ancêtres, nous sommes donc parents.
 
Sourcil levé de Michel RATEL, qui passe sa main dans sa barbe, l’air dubitatif cette fois. Mais il lui faut sortir, le parrain a installé le berceau de Marie sur la bonne épaule.
 
Aussois - cliché personnel
Je sursaute au moment du 3ème mouvement du quatuor opus 60 de Mendelssohn, les notes sont comme une invitation à suivre le cortège et à déambuler dans une des quatre rues du village pour rechercher la maison de Michel et de Marie-Marguerite. Si elle se trouve dans la « rue d’en-bas » particulièrement pentue le parrain a du peiner pour remonter avec le berceau, ce sera plus facile pour rentrer.
 
Maisons tassées les unes contre les autres dans ce village de Maurienne sur un plateau à 1500 mètres d’altitude - fort ensoleillé l’été -  mais où le vent souffle de novembre à mars et les longs hivers sont durs et enneigés.
 
Petite Marie tu grandiras et te marieras : ton contrat de mariage en 1711 en est la preuve. Je m'en réserve la lecture complète, et non ce ne sera pas à la chandelle le soir au coin du feu…
 
Le concert s’achève,  voilà le temps passé redevient temps présent, l’air est léger, la soirée est douce, traverser le village pour rejoindre mon logis temporaire et encore regarder les montagnes qui « surveillaient » mes ancêtres.
 
Des petites notes échappées de 4 instruments à cordes et développées par des archets conduits de main de maître, dans un temps présent, dans un lieu d’une partie de mon passé.


Pour retrouver les billets des blogueurs du #RDVAncestral mensuel permettant d'aller à la rencontre de ses ancêtres c'est par
 

mercredi 11 juillet 2018

La généalogie dans tous ses états

Décliner sa généalogie en 30 petites touches avec un tweet par jour tout le mois de juin, une idée nouvelle lancée par Sophie de la Gazette des Ancêtres, qui nous a concocté une liste composée de 30 thèmes parfois inattendus.
 
Embarquée dans ce curieux challenge avec un léger décalage en raison d’une escapade, ce billet reprend mes posts sur Twitter  selon le canevas proposé avec le hashtag #Généalogie30
 
Jour 1 Ma généalogie
C’est la Drôme des collines, la Drôme provençale, l’Aisne vers Laon, mais aussi la Thiérache et également la Savoie avec la vallée de la Maurienne terre de montagnes.
 

 
 
Jour 2  Ma saison préférée
Pour perdre mon temps dans les registres et dans Gallica, il n’y a pas de saison pour ma généalogie, et cheminer dans la nature aux beaux jours c’est aussi être avec tous ces modestes invisibles.
 
Jour3 Signature
De fines signatures de Jean PIOT en 1739 meunier dans l’Aisne comme son fils Charles Antoine PIOT souvent témoin, ou la signature de sa petite-fille Jeanne Suzanne PIOT en 1781 lors de son mariage à Barisis aux Bois.

 
 
Jour 4 Espace de travail
Je m’installe dans le séjour ou émigre dans la chambre-bureau où se trouve l’imprimante, plus des documents papiers que je ne sais pas comment ranger.
 
Jour 5 Tout petit
Un très court patronyme en Maurienne en Savoie : Catherine COT fille de Michel épouse à Modane en mai 1668 André BERNARD fille de Pierre, il y a 350 ans déjà…
 

Jour 6 Une lettre
Un extrait d'une lettres écrite à l’encre violette de ma grand-tante Nésida adressée en 1946 à Maman sa filleule, retrouvée par hasard avec des cartes postales des années 1960
 
 
 
Jour 7 Cigale ou Fourmi
Cigale car je butine, délaisse parfois mes objectifs, par exemple avec le présent exercice.
Fourmi car dès le début j’ai fait une fixation sur les témoins  très utiles pour les recoupements et contourner des absences de filiation.
 
Jour 8 Un arbre
Mes arbres de vie
Mon premier est en Savoie,
Mon second est dans la Drôme : un fils naturel au milieu du 18ème siècle
Mon troisième est dans l’Aisne : une fille naturelle au début du 19ème siècle, et des archives détruites.

 
Jour 9 Ménagerie
Je n’ai pas pensé à mes ancêtres Poulet, ou mes collatéraux Lechat.
A part mon chat en peluche complétement élimé dont j’avais coupé les moustaches, précieux présent de Mamie Isabelle, la ménagerie de mes ancêtres dits travailleur de terre, agricole, laboureur, devait se composer des volatiles de la basse-cour, de chèvres ou moutons, de vaches, bœufs ou mulet !
 
Jour 10 Archives favorites
Elles sont variables selon le département, la branche ou la période. Je navigue entre les registres BMS ou d’état-civil, les recensements, les fiches matricules, les vieilles cartes, et cerise sur le gâteau le Tabellion pour la Savoie.

Jour 11 L’arc en ciel
Lorsqu’on trouve la bonne page, le bon acte,
Lorsqu’on découvre un nouveau patronyme,
Comme mille couleurs, une légèreté, une émotion,
Sans oublier les personnes en tant que telles.
 
Jour 12 Tic-Tac
«  le tic tac des horloges, on dirait des souris qui grignotent le temps » Citation d’Alphonse Allais.
Tic tac qui affole lorsqu’il y a un délai, tic tac qu’on oublie, car en généalogie on perd parfois la notion du temps…
 
Jour 13 Au commencement
Des interrogations sur mes arrières-grands-parents,
Puis un plongeon dans les registres une quinzaine de jours de pluie,
Une ébauche d’arbre sur deux chemises reliées avec du ruban adhésif,
Des fiches word, puis un tableau excel etc etc
Un engrenage et la découverte d’invisibles.
 
Jour 14 Paléographie
Suis-je paléographe ?
Parce que j’ai compris que le gribouillis de l’acte en latin du Curé en Savoie que je tenais pour Denis avec des points d’interrogations, était l’abrégé du prénom Dominique
Ou parce que je ne confonds pas Jean avec Ivan ou Beau ?
Que nenni à mon sens !

Jour 15 Des ruches
Des vraies ruches avec des abeilles, mes ancêtres en avaient-ils ? A défaut de riches vêtements … je ne sais.
Côté signatures, il y a de belles des ruches dans cet acte de mariage de 1681 de mes ancêtres à Saint-Gobain dans l’Aisne.
 

Jour 16  Très grand
Je retiens les 64 années de mariage entre 1808 et 1872 pour Adélaïde VILLE et François-Xavier MERCIER, aïeux figurant dans mes premières découvertes.
Un grand nombre de trouvailles, autant de vérifications, d’étonnements, rêveries, envies, idées.

Jour 17 L’album
Voici un des deux précieux albums de mon arrière-grand-père maternel Jean-Baptiste Adolphe MERCIER. Avec une dizaine de photos seulement, et surtout des cartes postales : sa vie après la guerre de 14-18. Cartes écrites ou muettes, à faire revivre : j'ai commencé avec une carte écrite par une mystérieuse Claire ICI


Jour 18 Cousinage ?
J’ai des pistes sur Généanet repérées lorsqu’il s’agit d’arbre personnel de passionnés.
Sinon « cousiner » me fait penser à l’été, des moments partagés, des goûters, un temps suspendu et quasiment révolu.
 
Jour 19 Côtés outils
J’essaie de faire phosphorer mes neurones, en plus de l’ordinateur, du logiciel Généatique, d’une tablette, avec aussi des documents papiers, surligneurs et feutres couleurs.
 
Jour 20 Insolite
J’ai retenu une page du registre de 1792 d’Origny en Thiérache : c’est la clôture du registre paroissial par le nouveau maire lors du passage à l’état-civil républicain.
 
 
Jour 21 Un document
Ce petit billet est la seule lettre de mon grand-père maternel Emile MERCIER, alors tout jeune papa. Petite lettre qui était jointe au faire-part de la naissance de sa fille adressé à sa belle-sœur Nésida. C’est une redécouverte de ce document à l’occasion de ce challenge.
 

Jour 22 Un nom, un métier
Je retiens Antoine MERCIER 1745-1817,
fils d’Antoine MERCIER clerc laïc et de Marie Marguerite BARBANCON. ICI
Cet Antoine junior était garde-vente dans la forêt de Saint-Gobain dans l’Aisne,
tout comme Louis DAUBENTON un autre ancêtre dont le métier est évoqué dans un billet sur le blog ICI

Jour 23 Autoportrait
Piégée par hasard par la généalogie et la curiosité de connaître mes aïeux.
Etonnée de mes découvertes, charmée, agacée.
Engrenage passionnant qui concerne d’autres chercheurs d’ancêtres apparemment.
 
Jour 24 Temps libre
Nos ancêtres en avaient-ils en dehors d’une sieste, d’une fête de village ou d’une noce ?
En ce qui me concerne avec la généalogie j’ai beaucoup moins de temps libre !
 
Jour 25 Y’a de la joie !
Légèreté des découvertes d’actes et des sentiers semés de petits cailloux par de précédents chercheurs, et d'avoir débuté un blog.
Etonnement des échanges d’autres passionnés, et des pistes pour réveiller sa généalogie.
 
Jour 26 Mes gribouillis
Ils se trouvent dans mes 3 carnets à spirale ; un pour la Drôme, un pour l’Aisne et un pour la Savoie, avec une kyrielle de feuilles insérées ou volantes, des post-it. Cela ne me désespère même plus.
Apparemment d’autres généalogistes ont aussi recours à toutes sortes de pense-bête.
 
Jour 27 Un objet
La nappe du trousseau de mon arrière-grand-mère maternelle Noémie LAGIER brodée avant 1875 de ses initiales NL. Elle épouse dans la Drôme Jean Pierre ARNOUX.
 
 
Jour 28 Une envie folle
Ce serait vers 1911, rencontrer en vrai mes 8 arrières-grands-parents, ils auraient pris le train, et on partagerait un déjeuner sans façon. L’époque correspond avec les fiançailles de mes grands-parents maternel et paternel.
 
Jour 29 Vendredi lecture
Lorsque nos ancêtres réussissaient ailleurs, notamment sur le marché du livre : de l'historienne Michèle JANIN-THIVOS " Marchands Migrants du Briançonnais au XVIIIème siècle". Editions du Tournel.

 
Jour 30 Pourquoi la généalogie ?
Curiosité au début, émotions et interrogations ensuite.
Mes ancêtres m’ont prise par la main et ne veulent plus me lâcher.
Demeure l’envie de continuer à découvrir leur environnement et de les partager : une façon de les respecter.
 
A l’ouverture du blog je disais que la Ronde des Ancêtres était malicieuse…

mercredi 27 juin 2018

Lumière sur Marie-Magdeleine Brebant

Aujourd’hui, pleine lumière sur une lointaine grand-mère Marie-Magdeleine BREBANT à  la 10ème génération, puisqu’à la roulette des ancêtres, j’ai tiré le numéro 389. (1) Une manière comme une autre de dresser un fil de vie d’une invisible aïeule.
 
En route donc, pour la Picardie, et Barisis aux Bois où Marie-Magdeleine BREBANT- première enfant de Pierre BREBANT et de Marguerite LENOIR - est baptisée le 27 mars 1679 à l’âge d’un jour. Seul le nom de son parrain est lisible : un dénommé Jacques CARLIER, sa marraine est victime de la fuite du temps
 
De même l’année précédente le 8 mars 1678, l’acte de mariage de ses parents ne révèle que la filiation de l'épouse à savoir : Jean LENOIR et Nicolle NOYON, le registre usé et écorné ne permet pas de lire la filiation de l'époux.
 
Lointaine Marie-Magdeleine, je te connais un frère Denis et une sœur Marie-Anne, ainsi qu’un cousin Charles BREBANT qui sera témoin à ton mariage le 1er février 1700 alors que tu as 19 ans et que tes parents sont déjà décédés.  Ce jour-là en devenant l’épouse de Pierre JONQUOY bûcheron - fils de Jacques JONQUOY tisserand et de Catherine LECLERC - tu entres dans une famille nombreuse.
 
Gallica -  F Boucher paysanne à la cruche
Ton enfance se déroule sous le règne du roi Louis XIV dit « Roi-Soleil » jusqu’en 1715 et ta vie se prolonge sous celui du roi Louis XV dit « le bien-aimé » enfin pas tant que cela ! Mais les échos du royaume  parvenaient-ils jusqu’à une modeste épouse de bûcheron ?
 
Si je me réfère à un rapport de 1698 de l’Intendant de la Généralité de Soisssons dénommé  Houssaye celle-ci comprenait 246 000 âmes pour le territoire qui correspond à l’Aisne. Pour des villes dont tu as peut-être entendu parler - ou du moins les hommes de ton entourage - La Fère ville militaire avait 1600 âmes et Coucy le Château 800 âmes.
 
Sache que ce même intendant qualifiait ainsi tes congénères «  les habitants ont l’esprit vif et dur, ils sont laborieux et portés au commerce » mais disait aussi «  les habitants des villes ont l’esprit assez vif quoiqu’ils soient paresseux et portés au repos, ceux de la campagne sont plus laborieux » et également jugés « aimant la guerre et bons cavaliers ».
 
Mais bon au cours de ton existence dans le même village,  point n’était besoin pour toi de te référer au rapport dudit Intendant pour savoir que l’exploitation forestière était très importante pour ton pays et ta paroisse entourée par la forêt de Saint-Gobain et de Coucy, hautes futaies de hêtre ou de taillis. Ton époux en tant que bûcheron a côtoyé entre-autre Louis DAUBENTON mon ancêtre garde-vente des coupes de bois dans la forêt.
 
La référence au métier de tisserand de ton beau-père - qui devait donc détenir un métier à tisser - renvoie au travail du chanvre très important à Barisis aux Bois.
 
Marie-Magdeleine, grâce aux petits cailloux semés par d’autres généalogistes, mes modestes recoupements, mais surtout les registres tenus par les prêtres de la paroisse,  je sais  que tu as donné 10 enfants à Pierre JONQUOY bûcheron. Neuf grossesses entre 1701 et 1721, dont des jumeaux, soit un chapelet de prénoms avec 3 petits Pierre, le dernier étant mon ancêtre direct..
 
Tu perds 3 enfants en bas-âge à mon sens, et aussi ta fille Marie-Magdeleine décédée subitement à 27 ans en 1730 d’une crise d’épilepsie, le haut-mal comme on disait autrefois.
 
Mais Marie-Magdeleine au cours de ta longue vie tu as le bonheur de marier 3 de tes filles et 2 de tes garçons entre 1725 et 1750, et même d’assister à l’union de trois de tes petits-enfants, ce n’est pas rien à cette époque. Tu as aussi été arrière-grand-mère, mais les petits êtres sont si fragiles, des petits anges souvent.
 
J’imagine que le prêtre de Barisis aux Bois t’a informé du mariage de ton frère Denis BREBANT en 1713 dans la Meuse à Mouzay avec une fille d’un maréchal des logis (donc un militaire) puisqu’il a  établi un certificat. Celui-ci a fondé par là-bas une branche de ta famille.
 
Gallica - A Legros les bûcherons
Hélas ton époux Pierre JONQUOY décède le 19 juillet 1739 à 62 ans, usé par un dur labeur vraisemblablement. Tu es alors entourée par tes trois fils Pierre JONQUOY mon aïeul, Louis-Jacques et Jean JONQUOY, ainsi que tes gendres Simon MAREST et Jean-Louis BERTON qui tous signent l'acte d’inhumation : de vraies signatures.  Tisserand, bûcheron, clerc séculier aussi, votre famille avait donc la possibilité d’envoyer les enfants à l’école pour un minimum  d’instruction
 
Simple mise en lumière de Marie-Magdeleine BREBANT, une ancêtre du haut de mon arbre, qui quitte les siens le 4 mars 1760 octogénaire à Barisis aux Bois.
 
Le siècle qu’elle quitte est dit Siècle des Lumières où écrivains et penseurs français « les philosophes » Voltaire, Montesquieu ou Diderot se fixent comme objectif de combattre les ténèbres et l’ignorance par la diffusion du savoir et se lancent notamment dans une Encyclopédie.
 


Pierre JONQUOY 1677-1739 Sosa 388
 fils de Jacques et Catherine LECLERC
marié en 1700 à
Marie-Magdeleine BREBANT 1679- 1760 Sosa 389
 fille de Pierre et Jacqueline LENOIR
 
10 enfants
- Marie-Jeanne JONQUOY 1701-1762 ⚭ Simon MAREST
- Marie-Magdeleine JONQUOY 1703-1730
- Pierre JONQUOY 1703- ?
- Marie-Marguerite JONQUOY 1705- ?
- Pierre JONQUOY 1706- ?
- Pierre JONQUOY 1759-1762 Sosa 194 ⚭ Angélique FOSSIER Sosa 195
- Anne JONQUOY 1711- ? ⚭ Jean-Louis BERTON
- Louis-Jacques JONQUOY ca 1715-1753  ⚭ Marie SALOT
- Marie-Anne JONQUOY1717-1756 ⚭ Jean GUERIN ⚭ Jean LEVEQUE
- Jean JONQUOY 1721-1744
 
 

(1) sur l'idée du Généathème de juin
d'un numéro tiré au hasard par le générateur Sosa de Sophie de « la  Gazette des Ancêtres »

Autre portrait d'une ancêtre : Dépoussiérer Marie-Catherine Rossignol

Sources
AD 02 Barisis aux Bois BMS
Généanet

samedi 16 juin 2018

Le Bouquet Provincial d'Isabelle et Emile

Parce qu’Isabelle et Emile mes grands-parents maternels ont été jeunes, parce qu’on est au mois de juin, le rendez-vous ancestral mensuel (*) me donne l’occasion d’être propulsée à Braine dans l’Aisne le dimanche 30 juin 1912 exactement.

Venant de Soissons par le train, au début j’ai admiré le paysage, ensuite mon esprit s’est évadé dans le passé ; si bien qu’au crissement strident des freins de la locomotive en gare de Braine et au brusque arrêt du convoi, je me suis retrouvée à destination vêtue différemment.
 
Bon ne pas m’entraver avec ma jupe longue en descendant du wagon, et redresser mon chapeau de paille, ciel que cette ceinture me serre ! Quelle animation devant la gare et que se passe-t-il ? On dirait qu’il y a une fête.
 


 
Bouquet Provincial à Braine - Delcampe
Vais-je trouver le quartier des écoles faute d’avoir les deux domiciles d’Isabelle ARNOUX institutrice fiancée à Emile Octave Georges MERCIER instituteur ? Isabelle en poste depuis 1908, doit être en chambre meublée chez une personne qui fait pension de famille, puisqu’elle est originaire de la Drôme où ses parents sont agriculteurs à Montmeyran. Quant à Emile il n’est pas davantage chez ses parents qui demeurent à Barisis aux Bois dans l’Aisne.
 
A mon grand étonnement, je découvre sur l'avenue de la gare comme un rassemblement : des porte-drapeaux, des musiciens, des jeunes filles en longue robe blanche. De nombreux badauds de tous âges et conditions ; tout cela est curieux, il faut que je me renseigne.
 
- Oh mais ma petit’dame c’est le Bouquet Provincial aujourd’hui dans notre belle Picardie ! Vous n’êtes pas d’ici alors pour ne pas savoir ? 

Vu mon air hébété, l’homme de poursuivre obligeamment :
-  C’est une fête populaire juste avant la saison de compétition des compagnies de tir à l’arc de la région.
 
- Vous savez ma petit’dame, cette célébration se poursuit par un concours de tir par la compagnie de l’arc qui reçoit, toutes les fins de semaine, les autres compagnies participantes dans son jeu à l’arc. Faut peut-être que je vous dise aussi que les deux cibles sont à 50 mètres l’une de l’autre, et que l’archer tire alternativement sur l’une puis sur l’autre cible.
 
- Faut que je vous dise aussi que ce  défilé du Bouquet Provincial rappelle les parades militaires du temps où il y avait des rois. Les concours, ou  les tournois  permettaient aux guerriers de s’entraîner et de se mesurer les uns aux autres dans les temps de paix. C'est Saint-Sébastien le patron des archers.
 
- Vous allez pouvoir vous promener dans la ville de Braine en liesse et tout découvrir avec le beau temps.
 
Bonne introduction, mais comment je vais dénicher Isabelle et Emile dans toute cette foule ?

Remise du Bouquet Provincial à Braine - Delcampe

Laissant trainer mon oreille :
- Oh regarde, on va voir les compagnies qui présentent leur drapeau pour retirer un numéro d’ordre dans le défilé. C’est le tambour de notre compagnie de la Ronde de Braine qu’on entend, vois sur son drapeau il y a un corbeau !


Que de monde sur le parcours du défilé au cœur de la ville : les habitants ont décoré les rues, leurs maisons, les commerçants leurs vitrines avec des fleurs en papier, sous des arcs de triomphe également recouverts de fleurs passent les archers. Que de gaité, des enfants courent dans tous les sens, les passants s'interpellent.
 
Comment vais-je repérer mes fiancés, se tiennent-ils par la main, à moins qu’Emile offre galamment son bras à sa chère Isabelle ? Bon je cherche un homme jeune à la fine moustache grand pour l’époque : 1 m 75, alors que sa fiancée aux yeux gris-bleu et aux joues rondes ne dépasse pas trop 1 m 50.
 
Rue du Martroy : pas mes ancêtres, et si je me rendais rue Saint-Yved où il y a une école ?

Bonne pioche et miracle d’un rendez-vous ancestral,  je tombe pile-poil sur mes deux tourtereaux. Lui, canotier de rigueur, costume et montre à gousset ; elle chemisier clair, petit chapeau, mais j'ai diablement un vocabulaire défaillant dans le domaine vestimentaire pour être plus précise.

J’entends mon Emile très fier d’expliquer sa région à sa petite fiancée drômoise, mais n'ose pas trop le regarder sous le coup de l'émotion de cette rencontre. Je me sens bizarre.
 
- Regarde Isabelle : en tête de la procession, des jeunes filles en blanc portent le vase du Bouquet qui se transmet de la compagnie organisatrice l’année passée à notre  compagnie de Braine. On verra ensuite le vase de Sèvres offert par le Président de la République qui sera remis à l’archer vainqueur de la compétition dans la catégorie arc classique.
 
- Regarde Isabelle : les compagnies dites aussi Rondes défilent derrière leur drapeau sur deux rangs, les rois ayant abattu l’oiseau, puis les empereurs ayant été rois trois années de suite, les capitaines et connétables de compagnie  portant leurs écharpes.
 
Petite voix d’Isabelle, histoire de participer :
- Là ce sont les chevaliers et les archers et je constate les différences de tenues des compagnies.
 
Avec le bruit des groupes de musique du défilé, les propos suivants me sont inaudibles.
 

La Compagnie d'Arc de Braine - Delcampe
 
Un docte monsieur claironne : on va aller écouter le discours d’une jeune fille de la compagnie ayant accueilli le Bouquet l’année précédente, qui rappellera  les « valeurs » de cette fête avant de remettre le vase du Bouquet à la compagnie de Braine organisatrice.
 
Le même individu précise qu’ensuite il y a la messe célébrée en l’honneur des archers à laquelle chaque porte-drapeau doit impérativement assister.
 
Un mouvement de foule me permet d’être à nouveau au niveau des fiancés : au doigt d’Isabelle la fine bague de fiançailles offerte par Emile en témoignage de son amour : des feuilles de gui en or jaune avec de petites perles, le gui porte-bonheur. Précieuse bague en ma possession et souvenir d’un temps de bonheur trop court hélas.

Ils se marieront huit semaines après cette fête du Bouquet Provincial : le 24 août 1912 dans le pays natal d’Isabelle.

Et bien mes deux tourtereaux vous pouvez vous vanter de m’avoir fait entrer dans l’univers particulier d’une tradition picarde qui demeure encore ancrée en 2018 à Braine. Comme quoi la généalogie mène vraiment à tout.


 
 
(*) Pour retrouver les billets des blogueurs du RDVAncestral initié par Guillaume du Blog « Le Grenier de nos Ancêtres » voir le site ICI
 
Pour retrouver Isabelle :
- le billet  : L'alphabet d'Isabelle
- le billet : Isabelle seule avec Jeanne pendant 4 ans

 
Nota bene :
Le Bouquet Provincial ou  Tir Beursault figure depuis 2015 à l’inventaire du Patrimoine Culturel Immatériel au titre des pratiques physiques traditionnelles à côté par exemple de la pelote basque à main nue en triquet, de l’alpinisme ou de la colombophilie. 

samedi 9 juin 2018

Charles un nourrisson du 18e siècle

C’est pour ainsi dire la condition du tout petit enfant au 18e  siècle, fut-il enfant d’un artisan ayant pignon sur rue à Paris. Tout a commencé par une pensée émue pour un petit Charles en feuilletant le registre de 1771 de Barisis aux Bois, village situé autrefois dans le bailliage de Coucy et actuellement dans l’Aisne.
 
Le 23 février 1771, un nourrisson âgé d’un mois était inhumé dans le cimetière de la paroisse par Dom Jonat Farineau, en présence de Pierre Ruelle et Jacques Pasques clerc laïc les témoins. Il n’était pas un enfant abandonné.
 
Charles était le fils de Mr Jacques Michel Liégeois maître-rubanier et de Michelle Magdeleine Alexandrine Barré demeurant à Paris rue Saint-Denis dans la paroisse de Saint-Nicolas aux Champs. Agé d’un jour, tout juste baptisé, il avait été donné en nourrice à Marguerite Servas femme d’Alexis Pierret berger demeurant à Barisis le 20 janvier 1771.
Delcampe Eglise St-Nicolas aux Champs à Paris
Aux 17e et 18e siècles, bien des paroisses du Soissonnais et du Laonnois entraient dans la clientéle des bureaux parisiens chargés du recrutement des nourrices, paroisses qui avaient la préférence des familles de la capitale pour envoyer leurs enfants en nourrice.
 
Le maître-rubanier et son épouse, qui devait l’aider dans son activité et ne pouvait souscrire aux contraintes de l’allaitement, avaient donc eu recours au bureau des recommandaresses pour la location des nourrices  véritable marché de lait humain.
 
Savaient-ils que le souverain, conscient de graves abus avait pris des dispositions pour encadrer ce recrutement, qui pourtant était bien nécessaire pour soulager les citadins, et apporter un utile complément de ressources pour la population rurale moins favorisée.
 
Savaient-ils que le meneur venu de province avec les nourrices, tout comme celles-ci, devait fournir du curé de leur paroisse un certificat déclinant identité, mœurs et religion, et que la nourrice choisie ne pouvait avoir qu’un enfant en plus de son propre petit et en prendre soin.
 
Gallica
 
Dans chaque paroisse le curé avait la mission de veiller sur les nourrissons. Pour chacun d’eux, il a reçu un certificat délivré par le bureau de placement et portant le nom de l’enfant, les noms des père et mère, leur profession et leur adresse. Les nourrices étaient surveillées non seulement par le curé, mais aussi par les meneurs, placés eux-mêmes sur la surveillance de la police qui exigeait des rapports fréquents et circonstanciés.
 
Pour le placement du petit Charles, le maître-rubanier s’était acquitté de 31 sous auprès du bureau des recommandaresses, et devait prévoir les gages de la nourrice de 8 livres par mois pour le sou pour livre.
 
C’est ainsi que le petit Charles partit avec sa nourrice Marguerite Servas à plus de 150 kilomètres de la capitale, avec d’autres nourrissons et d’autres nourrices, sous la houlette du meneur. Long et incommode déplacement, qui devait se faire dans une voiture avec de la paille fraîche sur le fond en planches, les ridelles aussi closes avec des planches, une bonne toile devant couvrir ladite voiture.
 
Logiquement des bancs devaient permettre aux nourrices de surveiller les bambins et prévenir les accidents qui pouvaient survenir en cours de route. Le meneur ne devait pas abandonner les enfants, ni les exposer dans un tour d'un hospice, et une fois arrivées les nourrices ne devaient pas donner leur enfant à une autre nourrice, à peine de sanctions.
 
En dépit des précautions administratives, les nourrissons n’étaient guère assurés d’un traitement convenable.
 

AD 02 BMS Barisis

 
Dans l’ensemble les familles parisiennes qui envoyaient leurs nouveau-nés en province étaient de condition modeste. On trouve des commerçants, des artisans, des agents de l’administration, qui sans avoir les moyens d’entretenir une nourrice à demeure, parvenaient à tenir leurs engagements. Mais beaucoup d’autres parents, aux revenus incertains, versaient irrégulièrement ou même cessaient de payer les gages à la nourrice : à telle enseigne qu’un arrêt du conseil du Roi avait ordonné la contrainte par corps des pères défaillants.
 
Les patronymes des parents nourriciers du petit Charles m’étaient inconnus, contrairement à d’autres familles où étaient gardés des enfants abandonnés de Paris. Marguerite Servas a-t-elle bien rapporté ou retourné au maître-rubannier les hardes de l’enfant avec le certificat de mort, comme elle en avait l’obligation ?
 
 

Sources :
AD Aisne BMS Barisis 1771-1790 vue 9
Charles Kunstler La vie quotidienne sous Louis XVI
Gallica :
Déclarations concernant les recommandaresses et les nourrices
 
Pour aller plus loin :
Persée Emmanuel Leroy-Lardurie  L'allaitement mercenaire en France au XVIIIe
 

samedi 19 mai 2018

Le puzzle de Marie-Marguerite

Envie de nature, de grands arbres, le nouveau rendez-vous ancestral me donne ainsi l’occasion de retourner en forêt de Saint-Gobain dans l’Aisne. 
 
En ce dimanche de septembre 1748, aucun bruit dans la forêt, les  bûcherons sont au repos de même que les scieurs de long,  les charriots tirant les arbres après débardage sont absents. Quelques oiseaux chantent sur mon passage, mes pas sont prudents en raison des branches au sol, rêverie oblige.
 
Pixabay

L’autre jour j’avais laissé Antoine MERCIER clerc laïc bien mélancolique. Je le savais soucieux de l’ascendance de son épouse Marie-Marguerite BARBANÇON. Récemment j’ai reconstitué autour de cet ancêtre le puzzle de sa généalogie paternelle, arrêtant de bouder une hypothèse remarquée  sur un arbre de Généanet, et feuilletant les pages des registres de Saint-Gobain.
 

Ce puzzle autour de Marie-Marguerite et de son père Jean BARBANÇON ne peut être qu’en bois, constitué d’écorces d’arbres portant les noms des époux et surtout les noms des témoins, précieux témoins sur des écorces-clés.

Les données principales sont l’acte de remariage de 1720  des parents de Marie-Marguerite à savoir Louise BERTON et JEAN BARBANÇON et les témoins du marié  et aussi ceux de 1711 lors de sa précédente union avec Louise LEGRAND.
 
 
Abraham LEGRAND
Témoin en 1711 et 1720 dit frère pour beau-frère
Jean-Baptiste HAMART Témoin 1711 est un cousin
Jean HAMART Témoin 1720 dit cousin

 
J'ai même mis la main sur la première alliance du père de Marie-Marguerite  avec Marie LUZIN en 1705 me confirmant sa filiation et validant ainsi des écorces que je tenais pour fiables. Jean BARBENÇON je vous ai cerné un peu plus et déniché dans un inventaire la référence à votre métier : garde des bois de la forêt de Saint-Gobain.
 
D’autres écorces se sont ajoutées pour les grands-parents paternels de Marie-Marguerite : un autre Jean BARBANÇON et Marguerite SOREL, et même les parents de celle-ci Michel SOREL et Antoinette MACADRE. Servais et Anne SOREL des oncles et tantes et des cousins JAMART …

Sans oublier les témoins des deux unions de la principale intéressée Marie-Marguerite en 1738  avec Antoine MERCIER puis avec Charles DUPONT garde-vente en 1748 sur Barisis. Son tuteur Jean DELAPIERRE laisse entendre qu’elle perdit son père jeune, il devait être marchand, son parrain Antoine DUPIRE est un parent de son père a priori. Tout peut s’emboiter : trois frères consanguins de Marie-Marguerite sont arrivés à l’âge adulte et se sont mariés.
 
 
Jean DELAPIERRE curateur témoin 1738
Antoine DUPIRE parrain témoin 1738 et 1748
François BARBANÇON témoin 1738 est un frère
 

Surtout s’obstiner et prendre des chemins détournés, arriver à valider des écorces constitue une récompense, et permet d'aborder plus facilement une rencontre.
 
Tiens donc la voilà mon ancêtre Marie-Marguerite BARBANÇON ! Jeune et récente veuve d’Antoine MERCIER, avec ses deux fils Simon garçonnet de 9 ans et le petit Antoine âgé de 3 ans. L’aîné inquiet semble sur le qui-vive et protecteur à la fois et prononce « un vagabond ». Evidemment le décalage avec ma vêture du XXIe siècle !
 
« Mais non Simon c’est une dame, qui s’est peut-être égarée, à moins que ce soit celle qu’avait rencontrée ton pauvre père Antoine l’autre fois. »

Marie-Marguerite ne s'est pas étonnée, je la sais endeuillée, soucieuse de l’avenir de ses fils, pressée par son entourage de ne pas rester veuve, situation connue deux fois par sa mère ; je vais m’abstenir de lui infliger le détail de mes recherches.

J'exprime ma peine, comprend ses interrogations et confirme mon attachement à toute sa famille. Je laisse entendre qu’elle tient son prénom de sa grand-mère paternelle, explique que je lui ai trouvé des frères du côté paternel ce qui m’a étonnée, des oncles et tantes paternels,  un parrain qui a veillé sur elle.

 
 

Rencontre furtive, rencontre en petit comité de deux ancêtres et d'un lointain grand-oncle. Puzzle à cheval sur deux paroisses mitoyennes de Saint-Gobain et Barisis aux Bois, avec la dominante de la forêt : garde des bois, garde-ventes, bûcheron, coupe de bois, abatage, martelage, récolement, que de matières à approfondir…
 
Marie-Marguerite BARBANÇON a appris à signer avec Antoine MERCIER clerc laïc, car elle apposera sa signature avec application sur le registre lors de son remariage avec Charles DUPONT garde-vente.




Tout à trac Simon me dit : « je serai bûcheron » quant au petit Antoine – mon ancêtre – il est encore trop jeune pour exprimer un vœu, mais les deux enfants seront sous l’aile protectrice de leur beau-père.

Promis je reviendrai.


Liste éclair des Sosas


Michel SOREL et Antoinette MACADRE
Jean BARBANÇON  ⚭ 1681 Marguerite SOREL
Jean BARBANÇON ⚭ 1720 Louise BERTON
Marie-Marguerite BARBANÇON ⚭ 1738 Antoine MERCIER
Antoine MERCIER



Tous les billets des blogueurs du Rendez-Vous Ancestral sont ICI

Vous pouvez retrouver Antoine MERCIER :
Boulot et mariage pour Antoine clerc laïc
La mélancolie d'Antoine Mercier

 
Sources
Archives Aisne BMS Barisis aux Bois. Fressancourt, Saint-Gobain
Google-Books Inventaire-sommaire des archives de l'Aisne avant 1790 
Geneanet 


lundi 14 mai 2018

Louis XV à Saint-Gobain

Tiens donc, le Roi chez mes ancêtres  et plus précisément Louis XV ! Voilà ma réflexion, lorsqu’en musardant sur Gallica, la bibliothèque numérique, j’ai déniché « la relation du passage du roi dans la généralité de Soissons, les 26, 27, 28 et 29 juillet 1744 menant un corps de troupes de son armée de Flandres à celle du Rhin ».
 
Oh,  Louis XV a séjourné  à La Fère, là où François DOUBLET (Sosa 444) était Brigadier des Fermes du Roi à cette époque. Ensuite Saint-Gobain, Benoît DARDENNE (Sosa 824), manouvrier, s’est peut-être vu infliger une corvée liée au passage du souverain. 
 
Je ne résiste pas à vous rapporter une partie de cette « relation » après avoir supprimé certaines majuscules et à peine toiletté le texte. Elle m'apparaît instructive d'un déplacement et de l'accueil du souverain à cette époque.

« Le Roi, qui était parti dans ses carrosses de la Ville de Saint-Quentin le 26 juillet, sur les sept heures du matin, entra dans la Généralité de Soissons au village d’Urvillers, et monta à cheval avec toute sa Cour près de Vendeuil à deux lieues de La Fère. Les décharges de douze pièces de canon placées au Polygone, annoncèrent vers les onze heures l’arrivée de Sa Majesté ; le Sieur Fouquet, Maire, à la tête du Corps de Ville, eut l’honneur de haranguer le Roi à la Porte Saint-Firmin, en lui présentant les clefs de la Ville. »
La Fère - J. Peerters 1656 Bibliothèque Carnegie Reims

« Cette porte était ornée d’un magnifique Arc de Triomphe, le Dieu Mars fut l’un des pilastres entouré de tous les attributs de la Guerre, paraissait rassembler autour de lui les drapeaux et les étendards, pour les offrir à la Victoire, que l’on voyait sur l’autre pilastre répandre les marques honorables des récompenses militaires. Le frontispice représentait une forge de Vulcain, où les Cyclopes paraissaient occupés aux différents travaux d’artillerie, pour les conquêtes du Roi. »
 
« Cet emblème convenait particulièrement à la Ville de La Fère, où l’on voit un magnifique arsenal, un moulin à poudre, un corps de casernes aussi remarquable par sa grandeur et sa beauté, que par le zèle des habitants qui l’on fait construire et elle établit une des cinq Ecoles d’Artillerie. »
 
« Plusieurs Compagnies de la Bourgeoisie sous les armes, contenaient le peuple immense qui s’était rendu de tous les environs de cette ville, et bordaient les rues sablées par lesquelles le Roi passa au milieu des acclamations pour se rendre à l’Arsenal, où son logement avait été préparé. »
 
« Sa Majesté y étant arrivée, M. Meliand Intendant de la Province, eut l’honneur de lui présenter une carte de la Généralité imprimée sur du satin. Le Roi dina sur les deux heures en public avec les Princes et les seigneurs de la Cour et tous les autres officiers de la suite trouvèrent chez M. l’Intendant des tables très bien servies. »
 
« Sur les sept heures le Roi se rendit au Moulin à Scie : Sa Majesté vie scier un fort gros arbre, et se fit expliquer la construction et l’opération de cette industrieuse machine. (1) »
 
« La joie publique fut marquée le soir par des illuminations de toutes espèces, principalement à la façade de l’Hôtel de Ville et des casernes : la régularité des lampions placés sur plus de 350 croisées, fit paraître dans toutes sa magnificence ce superbe bâtiment. »
 
« La position du logement de Sa Majesté, entouré de tous les magasins de l’Arsenal, ne permettant pas d’y tirer un feu d’artifice, le Frère Philbert, Capucin, connu pour son génie pour les mathématiques, fit jouer sur la grille d’entrée différents feux légers, qui sans s’élever, formèrent un spectacle d’un goût nouveau. »
 


Versailles- Wikipedia
 « Le lendemain 27, M. l’Intendant ayant eu l’honneur de rendre compte au Roi du zèle avec lequel plusieurs villages voisins avaient travaillé la nuit pour rendre praticable le chemin de Saint-Gobain, à une lieu et demie de La Fère, en élargissant la route dans la forêt et en élaguant les arbres, Sa Majesté se détermina à aller voir la belle Manufacture des Glaces qui y était établie. Elle partit à six heures à cheval, après avoir entendu la messe aux Capucins, dont le gardien eut l’honneur de complimenter Sa Majesté. »

Pour les non-initiés, je précise que la Manufacture Royale de Saint-Gobain a fourni les glaces de la célèbre Galerie des Glaces du château de Versailles. Ce n’est pas rien quand même !
 
 
 « Le Roi en arrivant à Saint-Gobain trouva toute l’opération préparée, elle réussit très bien ; les Inspecteurs de la Manufacture firent couler deux Glaces de la moyenne grandeur et une de la première. Sa Majesté admira la promptitude de l’opération et se fit rendre compte dans le plus grand détail de la préparation des matières, de la disposition des fourneaux et ne laissa rien échapper à sa pénétration et son goût ; le Roi vit aussi souffler différentes pièces de verrerie, et visita tous les magasins. »

Coulage d'une glace - Encyclopédie de Diderot et d'Alembert

« Il remonta ensuite à cheval, et revint par le même chemin au bout de la chaussée de La Fère, où s’étaient rendues les Compagnies de la Bourgeoisie. Sa Majesté remonta dans ses carrosses au bruit d’une triple salve de canon et prit le chemin de Laon. »
 
« Les marques de la joie la plus vive l’accompagnèrent successivement ; les villages étaient tapissés de verdure, des feuillages formaient des Arcs de Triomphe, des fêtes champêtres marquaient l’allégresse publique ; les travaux faits sur les chemins étaient témoins du zèle des habitants des campagnes qui courant sans cesse pour revoir le Roi après l’avoir déjà vu, paraissait frappé d’admiration et de respect. Sa Majesté laissa partout des marques de sa générosité et de son amour pour ses peuples. »
 
Laon fut la dernière étape de Louis XV dans la Généralité de Soissons, le programme détaillé y figure aussi dans ladite « relation ».
 
 
 
(1) Moulin à scie : selon Wikipedia, les premières scies mécaniques étaient mues par des moteurs hydrauliques, comme les moulins à eau : les scieries étaient ainsi traditionnellement situées à proximité des cours d'eau, qui pouvaient en outre contribuer à l'acheminement des grumes par flottage.

Source :
Gallica
Relation du passage du Roi dans la généralité de Soissons les 26, 27, 28 et 29 juillet 1744 menant un corps de troupes de son armée de Flandres au Rhin
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5455192g