vendredi 13 octobre 2017

Annette Philomène une savoyarde

Mémé Annette, plus que Mémé Philomène, avec pour patronyme GERVASON, était ma grand-mère paternelle. L'univers étrange de la généalogie m'incite à t'évoquer et à esquisser un fil de ta vie.

Tu vois le jour à Randens, petite commune de Savoie, le 17 juillet 1891. Annette Philomène tels sont les deux  prénoms déclarés à l'officier d'état-civil le lendemain de ta naissance, par ton père Moïse Séraphin GERVASON cultivateur, sans doute fier du troisième enfant que Marie Louise ROSSET son épouse vient de mettre au monde.

Lors de ton baptême le prêtre te baptise Anne comme Sainte Anne mère de la Vierge, car Annette il ne connaît pas ! Sainte Philomène doit être dans ses tablettes … De façon classique, tu portes le second prénom de ta marraine Marie Philomène Gervason une tante paternelle, et tu as pour parrain  François Auguste Rosset un oncle maternel.

Vers 1896, ta famille s’installe juste en face à Aiguebelle, gros bourg doté d’une gare. Tu as grandi au sein d’une fratrie de 8 enfants, où vraisemblablement chacun devait s’entraider.

Tu n'es pas allée chercher bien loin ton promis qui habitait juste à côté : Louis Célestin PORTAZ employé des chemins de fer, comme son père  Louis Xavier, originaires de Modane.

Pour suivre ton époux, tu habitas d'autres lieux en Savoie et plus tard t’installas en Haute Savoie.  Trois fils arrivèrent assez vite, puis un autre fils et ensuite une fille.

Je l'aime bien cette photo datée a priori de 1922, où tu poses fièrement avec ton époux et vos trois premiers garçons. Vêtue d'un chemisier blanc, très fin sautoir et petites boucles d’oreilles, les joues bien rondes, les yeux sombres, tes cheveux coiffés en chignon de façon asymétrique ce jour-là me semble-t-il.

Vous étiez tous habillés « sur votre trente et un » pour poser chez le photographe !
 
Collection personnelle

Petite, sur toutes les photos, j'ai comme l'impression que tu ne veux pas perdre un seul centimètre.

Une vie qui s'est déroulée entre le monde de l'agriculture et le monde des chemins de fer, certainement pas facile, avec 4 puis 5 hommes à la maison.

Si ton époux  ne partit pas au front lors de la première guerre mondiale en 1914, c’est en raison de son métier au titre des Sections de Chemin de Fer de Campagne. Mais dès les premières semaines du conflit ta famille fut endeuillée par le décès de ton beau-frère, puis ceux de deux cousins germains.

Plus tard, tu eus la douleur de perdre ton troisième fils décédé accidentellement en 1955, et l’année suivante ton époux.

Mais entre-temps des petits-enfants avaient agrandi le cercle familial. L'été, tu les avais parfois dans ton logis. En ce qui me concerne, c'était des visites à la journée avec mes parents, ou seulement avec Papa parfois.

Je garde le souvenir de ta petite maison, d'un jardin potager bien entretenu où j'ai appris à ne pas confondre le persil  et les fanes de carottes,  jardin avec une bordure de fleurs et un puits. Vague réminiscence d'un chien qui lui ne me terrifiait pas !
 
Je garde en mémoire l'image d'une grand-mère avec un petit chignon sur la nuque, toujours vêtue de sombre, et souvent avec un tablier.

En tout cas pour le mariage de ton fils aîné et de mon baptême tu t'étais déplacée avec ton époux, et tu arborais un chapeau. Celui de mon baptême est de paille noire (portant le deuil de tes parents sûrement). Ce chapeau classique est acceptable contrairement au curieux couvre-chef de mon autre grand-mère.

Pour ma naissance, tu avais trouvé le temps de me tricoter une robe de laine. Ce cadeau figure dans mon livre de première enfance annoté par Maman.

Annette Philomène petite esquisse tout simplement, car de tes goûts et aspirations, douleurs ou inquiétudes je ne sais rien, esquisse-témoignage. Vie d'une grand-mère de 1891 et 1967.
 
Avec toi Mémé Annette Philomène et ton patronyme dont je n'appréciais pas la sonorité je suis remontée loin dans le temps bien étonnée de mes trouvailles.

 

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